Twistheure.com

Le temps passionnant

Catégorie : Le bulletin horloger

Un tourbillon de nouvelles

  • YEMA rejoint le club

    YEMA rejoint le club

    Les montres que vous trouverez sur Twistheure sont toutes magnifiques, jusque là rien d’extraordinaire. Mais elles sont aussi quasiment toutes animées par des calibres manufacturés, au vrai sens du terme. Étant donné que la mention « manufacture » est soumise à peu de contraintes dans son utilisation, on la trouve à toutes les sauces. Yema l’a pourtant bien méritée, puisque la maison a développé son propre mouvement, dans trois déclinaisons qui plus est.

    le fond transparent laissant apercevoir le CMM.29
    Le CMM.29 micro rotor, crédit YEMA

    Pourquoi réinventer la roue ?

    Développer son propre mouvement est coûteux en trésorerie et en formation, sans parler de la recherche et développement qui est un département très onéreux. De plus, le principe de fonctionnement d’une montre mécanique est le même depuis belle lurette ( énergie et régulation ), il ne changera pas de sitôt. Les avantages de créer son propre mouvement sont cependant très nombreux ; on peut décider de sa politique industrielle et économique et créer ses complications, se diriger vers la finesse, la performance, l’augmentation de la réserve de marche… L’investissement en vaut donc la peine.

    yema granvelle renaissance vue de coté
    La finesse du CMM permet d’atteindre 8.5 mm d’épaisseur finale, crédit YEMA

    Le statut de manufacturier

    Les amateurs de beaux garde-temps savent très bien quelles maisons emboîtent des Eta ou des Sellita, se servent d’ébauches exclusives ou emploient des contractants externes. Au moment de l’achat, ils privilégient les calibres de manufactures. Bien sûr, le prix est plus élevé, mais ne vaut-il mieux pas payer trop cher un mouvement créé en interne plutôt qu’un mouvement de série, même excellent ? Car un Sellita en version chronomètre certifié Cosc ne coûtera pas plus de 400 euros, selon bien sûr la quantité achetée, la finition etc… Or, on voit bien des maisons vendre des montres emboitées au delà de 5000 euros sur la seule base de leur réputation alors que des marques moins prestigieuses utilisent le même calibre dans un produit bien moins qualitatif. Et ça, le client averti le sait. Yema est donc bien très bien placé avec son mouvement CMM ( non certifié Cosc mais dont les performances avoisinent les normes )qui coute 2500 euros seulement.

    J’utilise souvent la métaphore des constructeurs et de la compétition automobile pour décoder l’industrie horlogère. Les marques auto partent d’un moteur de série et le modifient pour en améliorer les performances, mais il arrive qu’elles le conçoivent intégralement. C’est un peu plus classe et bien plus efficace. C’est pareil avec Omega et ses calibres 1120 ou 2500 ( premières générations )qui modifiait en profondeur des ETA en ajoutant la technologie co-axiale, entre autres innovations.

    L’indépendance créative et économique

    Une maison qui fabrique des pièces est indépendante des augmentations de tarifs des fabricants d’ébauches ( bases de mouvements achetées sur lesquelles on applique des modules pré fabriqués ou développés ). Elle peut concevoir ses propres complications en s’affranchissant des conceptions modulaires rendues obligatoires par l’utilisation d’ébauches, mieux gérer le SAV et, si elle fabrique toute la montre en interne, éviter les hausses de prix relatives à tous ses fournisseurs. Qui dit maîtrise des coûts, dit maîtrise du prix de vente… Enfin, le contrôle qualité ne peut qu’être meilleur, ce qui aura une conséquence sur le nombre de retours.

    Une fois le coût initial du développement absorbé, les marges deviennent meilleures et la maison horlogère n’a plus qu’à profiter de nombreuses années économiquement avantageuses. Et à améliorer encore son calibre manufacture.

    Le CMM.29, des performances de chronomètre et un design industriel assumé

    On maîtrise mieux ce qu’on a créé soi-même. Le CMM.29, qui est une version du CMM.20 micro-rotor, propose une réserve de marche et une précision dignes de son rang :

    specs du mouvement CMM.29 moins trois plus sept secondes par jour
    specs du mouvement CMM.29  70 heures de réserve de marche

    On aime ou pas mais le travail de décoration et le design du CMM sont éloignés de ceux de l’horlogerie classique. Personnellement, j’aime le style industriel que YEMA a choisi même si j’apprécie également les côtes de Genève. Je suis sensible à la modernité, du moins à celle de YEMA dont l’image de marque est plus contemporaine que traditionnelle.

    calibre manufacture yema CMM.10 AUTO
    CMM.10
    calibre manufacture yema CMM.20 AUTO MICRO ROTOR
    CMM.20
    calibre manufacture yema CMM.30 MECA
    CMM.30

    La Granvelle Renaissance

    La Granvelle est sortie il y a un moment déjà, mais la Renaissance est une nouvelle édition. Si elles partagent le même mouvement, la Renaissance est plus petite en taille. 37,5 mm contre 39 mm. C’est une différence importante car les boitiers coussins paraissent plus imposants que les boitiers ronds. Pour information, la Monaco trois aiguilles de Tag Heuer mesure 39 mm et la Chaumet Dandy est plus proche des 36 mm. Cela devrait vous aider à appréhender les dimensions.

    la granvelle yema 39 mm de 2025
    39 mm , crédit : YEMA
    la yema granvelle renaissance 37.5 mm de 2026
    37.5 mm , crédit : YEMA

    Plus petit, plus joli ? La discrétion étant un des principes de l’élégance, j’ai tendance à penser qu’il faut éviter les montres trop imposantes, mais c’est une affaire de goût. Il n’empêche que le retour en taille de l’industrie horlogère est de plus en plus perceptible. Ici on a le choix, car un écart de 1.5 mm entre deux boitiers identiques, c’est beaucoup. Notons que la finesse de la Granvelle Renaissance apporte une vraie valeur ajoutée en termes d’élégance. 8.5 mm, c’est fin, et ce résultat n’aurait pas été obtenu sans un mouvement micro-rotor dont la masse s’intègre dans l’épaisseur du calibre. La seule autre façon de l’atteindre eut été d’utiliser une montre mécanique à remontage manuel.

    cadran en gros plan de la yema granvelle renaissance saumon
    Crédit : YEMA

    Un cadran sur quatre niveaux

    Vous remarquerez sur l’image qui suit que le chemin de fer surplombe le devers sur lequel sont apposés les index et qu’il est lui même plus haut que le centre du cadran. Ce dernier est également surélevé par rapport au sous cadran des petites secondes. Le tout donne un effet de profondeur et de relief.

    le cadran et ses 4 niveaux de profondeur
    Crédit : YEMA

    D’élégance ,cette montre ne manque pas. Habillée mais polyvalente, le travail du cadran est riche et les petites secondes à 21 heures sont peu courantes. Cette Granvelle Renaissance se portera facilement. Les couleurs bleu, saumon et noir proposées se coordonnent aisément avec les habits de tous les jours. YEMA a produit une très belle pièce avec un beau mouvement et qui vient enrichir un catalogue de plus en plus habillé. La Urban Traveller, par exemple, suit la même philosophie.

    Reste à passer l’épreuve du temps et à éprouver la fiabilité des différentes déclinaisons de CMM qui ont permis à la maison d’entrer dans le club des manufacturiers.

    les trois couleurs de la yema granvelle renaissance bleu , saumon et noir
    yema granvelle renaissance vue de trois quart, saumon
    Crédit : YEMA
    la granvelle renaissance au porté
  • WAW 2026, la France en Suisse avec Pequignet

    WAW 2026, la France en Suisse avec Pequignet

    Pour inaugurer cette nouvelle catégorie bulletin horloger, quoi de mieux qu un récapitulatif du salon Watches And Wonders 2026 durant lequel notre pays a illustré sa présence de belle manière. Pequignet, Cartier, March Lab et bien d’autres ont porté haut l’horlogerie française. Hermes s’est également illustré avec des nouvelles itérations de L’ Arceau ,tout comme Chanel qui a proposé une nouvelle J12. Bell and Ross n’était pas en reste avec une collaboration qui ravira les amateurs de cigares. Mais ce que nous avons apprécié tout particulièrement, c’est la :

    Pequignet et sa nouvelle Royale Paris Chrono

    Ce chrono est magnifique. Pequignet sait faire de belles choses, vraiment. Ses Royales semi squelettées par exemple sont du meilleur goût, la dernière version en 36 mm de la Royale Paris, calibre Initial, est sublime également. Mais ce nouveau chronographe a véritablement retenu notre attention parmi la production globale du salon, ce qui n’est pas peu dire. Le cadran et le boîtier sont très représentatifs de l’esthétique Pequignet. Les cornes par exemple sont biseautées à leur base dans un bel effort de sophistication discrète.

    Les deux sous cadrans qui semblent légèrement surdimensionnés tranchent le gris perle avec un burgundy finement soleillé, Le tout ne saurait mieux être mis en valeur par le bracelet nubuck taupe qui pour une fois a été bien choisi. C’est loin d’être le cas chez toutes les marques ( voir notre article J’habille ma montre ).

    la royale paris chrono version cuir
    Photo : Pequignet

    Les boutons champignons classiques sont proportionnés avec les 39,5 mm du boitier dont on devine la taille grâce à la couronne. La Royale paris Chrono est animée par le calibre Initial dans sa version chronographe, on aurait pu s’attendre à la version Royale du mouvement mais ce n’est pas le cas.

    Un mouvement totalement créé par Pequignet, réellement manufacturé

    Dans les deux cas il s’agit de calibres manufactures ,nous ne plaindrons donc pas. Car nous parlons ici de calibres créés de toutes pièces, ce qui est très rare. Bien des grandes maisons, lorsqu’elles entament la création de leur propre mouvement, se basent sur un ETA ou autre produit éprouvé puis y ajoutent leurs innovations. Chez Pequignet, on procède différemment, il n’y a par exemple pas de calibres modulaires ( une base commune à laquelle on ajoute habituellement des complications ). La platine reçoit les fonctions supplémentaires de façon intrinsèque. Ce qui représente un investissement de temps et de compétences conséquents.

    la royale paris chrono version acier
    La version Burgundy, Photo : Pequignet
    La Pequignet royale chrono en gros plan
    la Pequignet Royale Chrono, Photo : Pequignet
    la royale paris chrono version cuir bleue
    Photo : Pequignet

    La gamme royale s’étoffe

    Les montres squellettes Royales sont délicatement ciselées même si on peut contester le qualificatif puisque la totalité du mouvement n’est pas visible. On a pourtant bien l’impression de transparence lorsqu’on observe cette Royale. Saphir au nom évocateur.

    la royale saphier version bleue
    Photo : Pequignet

    Le seul autre modèle qui à mon goût est aussi beau que la Royale Saphir squelette est l’Arceau et son verre semi transparent. Est-ce d’ailleurs , elle aussi., une squelette à proprement parler ?

    l'arceau de chez hermes, une montre squelette semi transparente
    Photo : Hermes
    la royale paris trois aiguilles
    Photo : Pequignet

    Je porte une royale

    La haute horlogerie française se porte bien. Serica, March Lab, Akrone, Baltic et j’en oublie proposent de beaux modèles avec de bons mouvements. Mais Pequignet est une maison d’une grande délicatesse et qui a fait l’immense effort de créer son mouvement. Cet effort à lui seul lui vaut mon respect. Mais la marque ne s’arrête pas là car l’esthétique est à la hauteur de la mécanique. Vous l’aurez compris, je porte la maison Pequignet en haute estime.

    A Venir : la revue de la Royale origine

    Nous avons eu le plaisir de porter cette Royale Origine pendant un an, elle possède donc les prérequis pour être testée sur notre site qui, je vous le rappelle, n’accueille que les plus beaux modèles portés au quotidien par l’équipe.

    la royale origine verte
    Photo : Pequignet