Votre montre avance soudainement ? Le stress de la panne monte ? Rassurez vous, avant d’emmener votre précieuse chez l’horloger, il reste un point à vérifier. À l’époque des téléphones portables, du wifi et autres enceintes nomades, votre garde temps a peut-être attrapé le rhume de la montre, il a été magnétisé.
Le vaccin
Les montres contemporaines sont très souvent protégées contre les champs magnétiques, jusqu’à un certain point en tout cas. Les Omega et plus récemment les Tudor sont certifiées METAS. Elles résistent largement aux agressions magnétiques quotidiennes. D’autres marques utilisent des matériaux non ferreux ( Pequignet par exemple ) ce qui les protège également. Certains modèles vintages sont protégés mais plus dans l’esprit de la cage de Faraday, les matériaux non ferreux étant plus rares à l’époque ( je crois ). Bref, certaines tocantes sont vaccinées.
Comment savoir si ma montre est malade ?
La majorité des modèles de montre reste vulnérable aux champs magnétiques. Pour savoir si la vôtre est atteinte du mal en question, rien de plus simple. Une bonne vieille boussole des familles émettra le diagnostic. Passez votre montre devant l’aiguille et observez bien, si cette dernière bouge légèrement à l’approche de votre montre, c’est qu’elle est magnétisée. Quant aux symptômes ce sont toujours les mêmes : la perte de précision. Retard ou avance sont possibles. Cette astuce ne fonctionne pas avec la fausse boussole d’un smartphone, au contraire elle aggravera le mal.
Pas d’antibiotiques, un démagnétiseur.
C’est un gadget que l’on peut se procurer facilement, les horlogers en possèdent tous un, j’imagine. Peu onéreux, on le trouve sur Amazon pour quelques dizaines d’euros. Il suffit de le brancher sur le secteur, de poser votre montre dessus quelques secondes et le tour est joué.
Si la panne persiste après le traitement, il faut vous diriger vers un horloger. Mais si vous refaites le test de la boussole et que l’aiguille reste immobile, tout va mieux. À l’avenir tenez votre montre éloignée de tout objet électronique ou électrique. Là où il y a du courant, il y a potentiellement des champs électromagnétiques.
Pourquoi les champs magnétiques altèrent-ils le fonctionnement des montres automatiques ?
Le ressort spiral, petit frère du pendule des horloges, est au cœur de la montre. Tous deux ont la même fonction, ils régulent le mécanisme via leurs oscillations et ramènent le balancier à sa position de départ. Le spiral influe donc littéralement sur la précision. Or, il est très souvent en métal fin et délicat. Cette finesse le rend particulièrement sensible aux changements thermiques et magnétiques. La dilatation/ rétractation provoquée par l’amplitude thermique est néfaste tout comme les champs magnétiques aimantent le spiral et modifient ainsi la fréquence de son oscillation. La précision est altérée dans les deux cas. C’est pourquoi certaines montres modernes utilisent du Nivachron, un matériau moins sensible au magnétisme.
Lorsqu’on en vient à évoquer les familles royales, le mot révolution est proscrit. C’est pourtant la maison Tudor qui a dérogé la première puisqu’on avait pas vu de 37 mm depuis des lustres. La tendance depuis de longues années est aux grands diamètres tant et si bien que les nouveaux amateurs ont parfois du mal à porter petit.
Il faut remonter à la série des Prince pour retrouver un diamètre avoisinant les 37 mm. En effet, les Black Bay qui régnaient sans partage à la cour des Tudor oscillaient plutôt entre 39 et 43 mm.
L’apparition d’une 37 mm apostillée Black Bay fut donc un grand petit choc. Après la Glamour double date 42 mm ou la BB Bronze 39 mm, il n’aura pas fallu longtemps pour que nous soyons séduits par un nouveau boîtier, même réduit de presque 20 %. Pourquoi ? Car le véritable attrait de cette BB54 se trouve ailleurs que dans ses dimensions.
Avant d’appréhender les détails originaux de ce modèle, écartons d’emblée la fausse idée que l’on se fait des tailles contenues. Non, elles ne sont pas spécifiquement féminines. Nous l’avons suffisamment répété dans nos autres articles. Alors, où est la nouveauté dans le cas présent, si ce n’est ni la taille, ni le public auquel la montre est destinée ?
Au porté
Bracelet en caoutchouc et pieces de bout
Mon humble avis est le suivant, l’atout principal de cette BB54, ce sont les pièces de bout associées au bracelet noir. Ce duo d’accessoires permet de renouveler et de mettre en valeur le boîtier sous de nouveaux atours et surtout dans une « nouvelle » forme. Les Black Bay sont traditionnellement rondes. Mais habillées des pièces de bout fournies avec la version caoutchouc du bracelet, l’impression finale est toute autre. Le boîtier se voit couronné d’un volume supplémentaire qui le modifie littéralement.
L’espace latéral entre les cornes, habituellement vide, est entièrement comblé par les pièces de bout. La rondeur reste au cœur de la perception visuelle mais elle est enrichie par le surplus de matière. D’un boîtier rond et cornu on passe à un rond en costume, pour poursuivre l’analogique vestimentaire.
De même, cet espace qui sépare le début du bracelet de la fin du boîtier est, de fait, également obturé. Et ça change vraiment tout.
La version tout acier, complètement différente ?
Vous constaterez ci dessous que les mêmes pièces de bout serties sur le bracelet acier donnent une impression bien différente. C’est bien sûr dû à la matière commune aux pièces de bout et au bracelet qui supprime tout contraste entre les deux. Or, le contraste est à la base de la perception des formes. Cette dernière a beau être strictement identique au cahier des charges habituel de la BB54, le bracelet noir rehausse les lignes de l’acier. Les proportions habituelles ne changent pourtant pas :
Le boîtier est épais de 11.2 mm, l’entrecorne mesure 20 mm. La glace est en saphir, on retrouve la rose Tudor à 12h sur la lunette, tous les codes de la maison sont présents. Tout a pourtant changé.
Le même modèle version acierVoyez comme la forme change d’aspect
Costume trois pièces
La piece de bout est à la montre ce que le gilet est au costume. Dispensable mais indispensable, c’est ce que je peux écrire de plus simple et qui pourrait convaincre les marques à utiliser davantage cet accessoire. Et à instiller dans l’esprit des manufacturiers que la montre est un objet qu’on habille avec plus de variété qu’on l’imagine. Je vous renvoie d’ailleurs à notre article sur la personnalisation.
La grande sœur, la BB41
Tudor,Serica,Longines sont les trois maisons qui me viennent à l’esprit et qui utilisent ces accessoires. La version 2024 de la BB41 mm offre elle aussi un bracelet T-Fit noir en tout point identique, également orné de pièces de bout dans une dimension plus importante. Dommage d’ailleurs qu’il ne soit pas compatible avec les versions antérieures de ce modèle ( vous ne pourrez l’installer que sur la Ref. M7941A1A0RU-0001 ).
Comme vous le savez peut être déjà, on ne parle que de ce qu’on porte au quotidien sur Twistheure. Cette montre est à mon poignet depuis seulement six mois, c’est bien assez pour déterminer les points essentiels :
lisibilité
style
praticité
C’est un tiercé gagnant. C’est loin d’être le cas de toutes les montres qui peuvent parfois être magnifiques mais illisibles, comme la Vulcain Cricket que nous testerons bientôt et qui est impraticable la nuit venue. La BB54 ne possède pas ce défaut grâce à ses larges aiguilles et ses index ronds, recouverts de luminova.
L’invariable style Tudor de plongeuse habillée se retrouve malgré la taille. C’est un peu comme les Porsche911.. Toujours pareil mais toujours différent. Une version rouge aurait d’ailleurs été appréciée, à l’instar de la 41 mm. Quant à l’aspect pratique, il mérite qu’on s’y attarde :
On apprécie le T-FIT
Il permet un réglage fin bien plus facile que le système habituel des pompes. Ici, il suffit de relever la partie dédiée et de la faire glisser jusqu’à la longueur désirée. Puis de replier. Aucun outil n’est nécessaire. En combinant ce système avec l’ajout ou le retrait de maillons, il est impossible de ne pas trouver l’ajustement parfait.
Au programme, on trouve toujours :
l’étanchéité à 200 mètres ce qui est remarquable pour un garde temps de cette dimension.
la lunette tournante 120 positions
l’excellent MT5400, calibre manufacture d’une précision impressionnante ( moins de 3 secondes par jour sur toutes les Tudor testées dotées de ce mouvement : BB 41 , Glamour Double Date ).
la réserve de marche de 70h
le remontage par balancier bidirectionnel
Conclusion
Tudor a beau être apparentée à Rolex, ces deux maisons sont indépendantes dans leurs approches du design. Et malgré une forte identité et des éléments caractéristiques communs, on ne se passe pas des Black Bay lorsqu’on est collectionneur. Cette 37 mm ne fait pas exception, même si on aurait aimé plus d’itérations. On aurait également adoré la certification Metas puisque la sortie de ce modèle est concomitante avec celle de la nouvelle Black Bay 41 mm 2024, dotée de cette spécificité.
Il n’en reste pas moins que ce garde temps est un bouffée de fraicheur et probablement une des nouveautés les plus notables depuis longtemps. La preuve en est qu’il y a longtemps eu une liste d’attente ( d’un an en magasin ). Je ne connais pas les délais de livraison sur le site officiel mais j’imagine que c’est aussi le cas. C’est un signe révélateur de succès.
La nouvelle création de Serica, nous étions prévenus, est d’un tout autre genre que les précédents modèles du catalogue. Un pas a été franchi vers une collection plus polyvalente. Effectivement, les autres références du catalogue comme les 6190, 5303 et 8315 ne sont pas spécifiquement des montres de ville alors que la Parade ( ou 1174 ) affiche clairement sa volonté de plaire et son désir d’élégance, via un véritable parti pris esthétique : sa forme.
Chanceux que nous sommes, nous avons pu voir les modèles prototypes, proches de la préproduction. Et la première chose remarquable, c’est l’ovalité du boîtier de type baignoire. C’est toujours agréable de quitter les rondeurs qui représentent 90 % de la production de montres. Encore plus lorsque cette forme est une des moins répandues. Ce boîtier est original et détonne joliment dans la production actuelle.
Le bon rapport
La lunette de la Parade est assez large et c’est un point important car son épaisseur a un impact direct sur la perception que l’on a des dimensions d’une montre.
Une lunette franche
Le nombre 1174 n’a pas été choisi au hasard, il représente un rapport mathématique relatif aux dimensions du boîtier. On imagine aisément les heures de travail pour aboutir à un résultat jugé optimal par l’équipe de création. Faire simple c’est compliqué.
Les dimensions précises : 35 mm de largeur par 41 mm de longueur et 8.3 mm d’épaisseur. Parfaites pour une montre habillée puisque dans cette gamme on évite généralement les tailles trop imposantes. Élégance rime avec contenance et subtilité.
La couronne est d’ailleurs assez discrète, enchâssée entre les demi ronds de flan qui cassent subtilement la symétrie générale :
Le dos, nu mais brossé
Enfin, on remarque que le bracelet est fixé par des cornes invisibles afin de préserver la pureté de la forme géométrique, j’imagine.
Toujours le mouvement M100 Soprod
Ce dernier est certifié Cosc, c’est à dire que sa précision garantie oscille entre – 4 / + 4 sec par jour. On retrouve ce SoprodM100 sur la 5303 par exemple. La finition est la meilleure proposée par le manufacturier, elle répond au doux nom technique de R4 et le réglage est effectué sur 5 positions. Ce que l’on peut proposer de mieux à ma connaissance.
Photo : Caliber corner
Ce type de boîtier est le plus souvent doté d’un mouvement mécanique manuel. Ce n’est pas le cas ici et c’est appréciable. La réserve de marche suffît à passer le weekend si besoin. Soprod est une maison qui fournit d’excellents mouvements comme le C125 utilisé chez Chronoswiss, ou le PO24.
Deux aiguilles galbées
J’ai toujours eu un amour particulier pour les modelés deux aiguilles, comme vous l’avez peut être lu sur notre article dédié à la magnifique Chopard LUC XPS. Le duo des minutes et des heures dégage à mes yeux une pureté que ne possèdent pas les trois aiguilles. C’est une belle et bonne Idée pour un beau résultat car j’imagine qu’une trotteuse sur une montre ovale peut poser quelques problèmes de longueur.
La forme des aiguilles évoque elle aussi la rondeur. Si cette montre était une peinture, elle serait une Rubens.
Deux variations de cadran
Noir satin et laiton, ce sont les deux coloris proposés et ils sont radicalement différents. Si l’on omet la discrétion commune des index, malgré tout bien lisibles, on apprécie dans les deux cas le soleillage très original du cadran. Je ne me rappelle pas en avoir vu de semblable.
Les rayons excentriques légèrement sinusoïdaux s’échappent joliment vers les bords du cadran. Leur fuite se termine juste avant les index laissant un espace qui induit naturellement l’idée d’un chemin de fer. C’est très subtil, très réussi.
Je n’ai pas eu l’occasion d’observer la version noire de près mais l’effet est certainement identique, quoique logiquement plus discret. L’environnement lumineux doit probablement influer de belle façon et éclaircir le cadran foncé, mettant encore en valeur le travail sur ce dernier.
Avis subjectif
Les points forts de la Parade sont bien sûr sa forme, son guillochage original et hypnotique ainsi que sa lunette dont l’épaisseur vient contraster avec toutes ces subtilités esthétiques. Le tout est harmonieux, élégant mais polyvalent. Je serais curieux de voir cette montre sur un beau bracelet milanais, je pense que cela lui irait bien.
Quant au rapport qualité-prix de cette 1174 il est tout aussi bon que celui des autres modèles du catalogue. Un bon calibre, une belle montre française pour un prix qui situe ce modèle dans la gamme des montres de luxe.
En complément de cette mini revue, vous trouverez ici le test de la 5303que nous avons portée un an.
68 ans, c’est le bel âge. Et 1957, c’est 35 ans après le premier chronographe manuel sur montre-bracelet. Cette 1191 de 36 mm a donc été fabriquée alors que Breitling maîtrisait parfaitement son sujet, à l’époque où le chronographe était très en vogue et représentait l’esprit d’aventure. Cette version en acier est devenue relativement rare aujourd’hui. De nos jours, c’est le plaqué or qui est le plus courant parmi les chronographes vintage. Elle possède une autre caractéristique peu commune puisqu’elle porte la mention » Ébauche suisse », dont vous allez découvrir la signification. Notez aussi que la marque Type propose un modèle très similaire qui porte cette même mention. Et ces deux informations ne sont pas sans rapport.
Photo : Twistheure
La 1191 en détails
Les proportions de ce chronographe sont classiques. Le boitier mesure 36 mm, hors couronne. L’épaisseur est de 13 mm et le plexiglass est d’origine. Les poussoirs champignons sont efficaces et complètent bien l’esprit chronographe. La couronne paraît légèrement surdimensionnée si on a l’habitude des montres de plus grands diamètres mais elle est très facile à manipuler. L’état général est très bon, j’ignore cependant si le cadran a été restauré. Si oui, ce fut bien réalisé, une très légère patine colore toujours le blanc. Les index sont intacts, le chemin de fer également. Seuls deux chiffres sont apposés, le 12 et le 6, dans une typographie délicate plutôt moderne si on considère l’époque. Pas de date au programme, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les sous-cadrans sont composés de cercles concentriques qui accentuent la visibilité, ils apportent une touche de modernité à cette pièce fidèle aux codes des années 50. Enfin, le cadran est très subtilement soleillé.
Photos : Twistheure
Esthétiquement, la 1191 est très jolie. Charmante même. Elle flatte l’œil grâce à sa simplicité et aux fines couleurs bleues du chemin de fer, que le doré des index fait ressortir. Ses proportions sont plaisantes et la lisibilité diurne est efficace. En soirée, c’est plus délicat car les aiguilles ne sont pas recouvertes de Radium. Ce dernier était pourtant encore utilisé à l’époque, ce n’est qu’en 1963 qu’il fut interdit pour avoir fait plusieurs victimes parmi les manutentionnaires.
Photo : Twistheure
Un bracelet type vintage
Bien que ce bracelet milanais vienne d’une boutique spécialisée dans les accessoires vintage, je ne suis pas certain qu’il soit ancien. Mais il lui va très bien, c’est l’essentiel. Tout comme le cuir d’ailleurs, notamment le style gentleman driver. Nous avons modifié nous même le bracelet en cuir que vous voyez plus bas. Ce ne fut pas une mince affaire sans l’aide d’un gabarit et d’une presse.
Photo : TwistheureReste à peindre les bords du perçage, à l’acrylique
Du Venus 188 au Valjoux 7730
C’est le mouvement 188 de la manufacture Venus qui anime cette pépite vintage. À remontage manuel, il permet de tenir une quarantaine d’heures, un peu moins peut-être, je n’ai jamais vraiment vérifié. Mais quelques tours de couronne tous les jours suffisent à maintenir l’isochronie autour de 7 secondes par jour ( mesure effectuée sur un véritable isochronometre ). C’est un beau résultat. Les mouvements manuels sont d’ailleurs tellement plus sexy, ils entretiennent un rapport entre le propriétaire et sa montre bien plus étroit qu’avec une automatique.
Le Venus 188 en transparence
Membre du groupe Ebauche SA depuis 1928, la manufacture Venus a produit le mouvement 188 entre 1948 et 1966, via la société Berret & Schmitz. Des difficultés financières ont permis à Valjoux de racheter les installations et d’utiliser plus tard le 188 comme base au 7730. D’autres modèles du catalogue comme le 175 ont été copiés par les russes ou ont légitimement été emboités sous la marque Seagull.
Credit Calibrecorner
Ébauche Suisse
Cette mention atteste que la montre a été partiellement fabriquée hors de Suisse. Dans ce cas, c’est peut-être le boîtier qui fut produit en France alors que le mouvement Venus était soit fabriqué en Suisse, soit fourni démonté à l’emboiteur. Il est intéressant de constater que la marque Type a commercialisé un modèle quasi identique à la 1191. Peut-on en déduire que c’est cette maison qui a assemblé la 1191 ? Aucune idée, mais la théorie est viable.
Une Breitling Type, très similaire à la 1191
Le prix de la popularité
Lorsque je le peux, j’essaie de trouver le prix auquel était vendues les pièces que vous découvrez sur notre site. Le prix original de cette montre était inférieur en son temps à celui auquel on peut l’acquérir actuellement. Sa valeur actuelle est de 2500 euros chez les vendeurs pros. Bien que je ne puisse le garantir et selon les recherches que j’ai effectuées, je pense qu’elle coûtait l’équivalent de 1000 de nos euros en 1957. Dénuée de toute complication, la 1191 était probablement un modèle de « moyenne gamme » au catalogue d’une marque déjà prestigieuse, couronnée de nombreux records et succès chronométriques. Aujourd’hui, les moins onéreuses des Breitling dépassent les 5000 Euros.
Dans les années 50/60 les modèles en or, particulièrement les quantièmes perpétuels, constituaient le haut de gamme des chronographes. C’est peut-être pourquoi on qualifie parfois la 1191 de « populaire ».
Calendrier perpétuel
Au quotidien, la 1191 s’accommode à toutes les situations. Costume, T Shirt, pull…elle se porte avec tout. Ses tons acier permettent de l’associer avec n’importe quelle couleur. Au bureau, en soirée ou même dans les transports, cette montre n’est pas ostentatoire, elle se fera remarquée à bon escient. Sa cousine Type est également très belle dans sa livrée plaqué or. Elle est bien moins chère, je l’ai vue autour de 1000 Euros. Ce prix élevé s’explique probablement par sa parenté avec Breitling. Mais dans tous les cas, je n’ai vu aucun autre modèle de 1191 sur le net. J’ignore si cela la rend rare mais pour nous, elle n’en est que plus précieuse.
Remerciements
Je tiens à remercier Nicolas du siteLesRhabilleursqui m’a apporté son aide sur un point particulier. Ainsi que Nicolas M du groupe La montre vintage pour le partage de connaissances. Car il il faut bien l’avouer, j’ai eu bien du mal à trouver des informations sur cette pépite argentée.
Les montres de formes sont parmi mes préférées. Élégantes et racées, elles sont la quintessence de la montre de ville. Et cette Omega tonneau ne déroge pas à la règle. Bien qu’elle vienne flirter avec les limites du vintage, elle dégage un charme désuet et moderne à la fois. Produite à la toute fin du 20e siècle, entre 1997 et 2000, son design évoque encore un peu les montres bracelet des années 30. Il suffirait d’affiner cette De Ville tonneau pour retrouver la forme originelle des premières Omega rectangulaires.
Ce modèle plein or est originaire de Bulgarie. On peut le qualifier de rare, bien que quelques variantes soient sorties. Il reste cependant assez connu des collectionneurs. Son premier propriétaire l’a très peu porté, la protection en plastique était encore en place à la réception. On peut donc parler d’état NOS sans craindre d’exagérer.
Elle a bien sûr souffert de ne pas avoir été remontée régulièrement, pendant presque 25 ans. La dérive est importante ( 25 secondes par jour ) et la date passe à 5 heures au lieu de minuit. Rien cependant qui nous ait empêché de la porter souvent.
Le premier rôle
Le boîtier mesure 31,20 x 35,60 x 8 mm d’épaisseur. Ce qui est plutôt fin pour une automatique. Le fond est plat mais Omega a pris soin de le brosser verticalement, ce qui souligne leur volonté de soigner les finitions. La couronne est signée bien sûr, elle est de taille modeste mais bien présente. Les cornes sont volontairement discrètes, assez basses, elles offrent le premier rôle au boîtier. Sa forme en tonneau est particulièrement bien proportionnée. Assez imposante pour couvrir les deux tiers d’un poignet de taille » standard « , elle dégage une présence franche sans être ostentatoire.
L’atout majeur de cette De Ville, à mon sens, c’est sa monochromie. Tout est doré, partout. Même les index.
Le guillochage ressort très bien malgré la couleur unique. Les micro contrastes donnent l’impression que certains éléments sont foncés, grâce aux reflets de la lumière. Le cadran est partiellement soleillé autour du centre puis il est interrompu par un espace vide de la hauteur des chiffres.
Ces derniers sont apposés dans une jolie calligraphie, légèrement surdimensionnée. Le chemin de fer semble reprendre les rayons excentriques pour former le minutage. Les aiguilles sabre s’accordent bien avec le design général. La trotteuse, en forme de flèche, me perturbe un peu. Disons qu’elle n’apporte rien de plus. Enfin, on constate que chaque élément du cadran est placé dans l’alignement du soleillage :
La date est à 15h, dévoilée par une forme évasée vers l’extérieur. Les nombres suivent l’angle ainsi formé, les chiffres de droite sont donc légèrement plus gros. L’ensemble est très réussi et mêle des codes classiques à des touches modernes typiques des années 90. C’est en tout cas ainsi que je comprends cette pièce.
Enfin, la glace saphir plate permet d’observer le cadran sans perdre aucun détail, sans reflets polluants. Ça n’a l’air de rien mais cette caractéristique joue beaucoup. De plus, le verre est placé haut, ce qui donne une impression de profondeur et de volume.
Le calibre 1120
Certifié chronomètre, ce mouvement automatique est basé sur l’Eta 2892 A2. À remontage bidirectionnel, sa réserve de marche dépasse les 40 heures. La dérive est garantie entre plus et moins 5 secondes par jour. La montre est protégée par le système habituel incabloc. Quant à l’étanchéité, elle est annoncée à 3 bars. Mais les gens sérieux ne mouillent pas leur précieuse.
Ce calibre a beaucoup été utilisé dans les années 90, notamment dans la Seamaster 300 pro.
La forme tonneau à travers les années.
Des années 30 et 40 aux années 70, le rectangle a évolué, entre autres, vers le tonnneau. Les dimensions ont augmenté, les flancs se sont arrondis. L’élégance est cependant resté le maître mot. Les deux modèles ci dessous sont magnifiques. Le second est entièrement brossé verticalement.
Aujourd’hui, le tonneau est relativement rare. Le plus connu étant celui de la Cartier tortue. Chopard s’y ait essayé également. Et bien sûr Franck Muller et Richard Mille plébiscitent cette forme eux aussi. Mais Omega est peut-être la maison qui le plus travaillé le tonneau.
Quelques Variations
Au quotidien
Cette montre se porte facilement. Bien sûr, la chemise lui va mieux que la veste en jean. Pourtant je reste persuadé que la plus élégante des pièces horlogères se suffit à elle même. Et peut donc se porter en T-shirt. Moins avec un sweat Mickey cependant.
C’est avec une veste en daim, un pardessus ou une belle chemise qu’elle exprimera toute sa distinction.
Parmi les variations existantes, ma préférence va au modèle plein acier, aux index dorés et sur bracelet cuir. Puis vers celle que vous avez découvert aujourd’hui. Les versions noires sont moins intéressantes à mon goût. Quant à la version heures sautantes, il faut apprécier les mono aiguilles pour la porter.
Quel bracelet ?
Nous n’avons pas soumis cette De Ville à l’exercice habituel qui consiste à essayer plusieurs bracelets pour sélectionner celui qui lui correspond le mieux. Pour la simple raison que l’entrecorne est de 19 mm, ce qui limite les possibilités. Un des rares bracelets qui va bien à cette Oméga est celui ci, un Joseph Bonnie suédé. Pour le moment le bracelet d’origine est très bien. Ce qui n’est pas toujours le cas, la preuve ici .
Cette montre se trouve assez facilement sur le marché. Les prix varient du simple au double selon la version. Dans tous les cas, c’est une pièce à connaître.
Si je peux me targuer de bien connaître l’univers des belles montres contemporaines, je suis moins calé sur les montres vintages. Entre les pièces typiques des années trente, les chronographes des années cinquante ou les boîtiers rectangulaires des seventies, il faut être bien armé pour savoir situer une montre dans son époque où dénicher une pépite sans la payer trop chère. Je me suis donc inscrit sur un groupe Facebook dédié il y a un an, dans l’espoir de parfaire mon bagage.
Le choix fut aisé, une recherche des mots clés « montre » et « vintage » et je trouvai un groupe francophone sur lequel je fis une demande d’inscription, rapidement traitée. Les présentations et remerciements d’usage effectués, j’ai été gentiment accueilli. L’esprit du groupe semblait agréable, ce qui est loin d’être le cas partout, croyez moi.
Groupe Facebook pour mostrophiles nostalgiques
Assez rapidement, j’ai observé que Nicolas M, membre administrateur, était fort instruit dans le domaine des tocantes anciennes . Entre passionnés le courant passe toujours bien, je l’ai donc contacté après quelques jours pendant lesquels j’ai partagé mes montres avec la communauté, posé des questions et fait connaissance. J’ai enfin proposé une interview à Nicolas qui a gentiment accepté. Mon but était simple : apporter quelques connaissances aux lecteurs qui découvrent l’univers des montres anciennes et désirent acheterr leur première précieuse. Car tout le monde désire une montre vintage, oui.
Bonjour Nicolas et merci de répondre à ces questions. Une partie de notre site est dédiée aux montres vintage, il me fallait donc une personne impliquée dans la communauté. J’aimerais savoir :
As tu toujours été passionné par les montres ? Comment ta passion a t -elle débutée ?
J’ai toujours été attiré par les montres, déjà étant petit. Vers sept, huit ans, je jouais avec celle de mon papa quand il ne la portait pas, avec la complicité de ma maman. C’était une Lip Sportville automatique achetée neuve en 73. Mais j’y faisais attention.
LIP Sportville 1973 automatique
Es tu davantage attiré par les montres d’une époque particulière ? Possèdes tu des garde-temps plus contemporains ou es-tu totalement hermétique aux créations actuelles ?
Je possède 99,9% de vintages et une seule contemporaine : une LIP Général De Gaulle. Ce fut ma première vraie montre car j’avais alors d’autres priorités. Une fois libéré de certaines obligations, je me suis dis qu’il était temps que je m’achète une véritable pièce : la Lip CDG . Ma passion pour les vintages est arrivées juste après.
Ta montre vintage préférée ?Celle que tu rêves d’avoir ?
J’ai bien trop de montres favorites…Celle que je rêve d’avoir, c’est mon troisième graal. Une triple date avec phase de lune, pas forcément d’une grande marque car je n’ai pas la bourse qui suit. Un Valjoux 90 me suffira amplement.
J’ai réussi à obtenir mes deux premiers graals , une Rolex vintage et une UG Polerouter noire. Mais pour faire suite à la première question je dirais ma Lip Sportville. La même que porte mon papa encore aujourd’hui et que j’ai mis trois ans à trouver dans un état proche du neuf.
Magnifique Polerouter sur bracelet acier noir
Le groupe Ma Montre Vintage est très actif et compte plusieurs centaines de membres. Quelle est selon toi sa plus grande utilité ?
L’utilité du groupe selon moi est d’abord de guider les néophytes. J’ai en moi cette notion de « protection » et d’aide que j’applique en répondant aux questions, en expliquant les besoins des montres mécaniques (notamment sur l’entretien) car beaucoup ne savent même pas qu’elles en ont besoin ni comment s’en occuper.
Je dénonce les arnaques autant que possible. Je me rappelle avoir été rappelé à l’ordre sur un autre groupe pour cela, ma publication avait été supprimée par un administrateur qui comprenait bien son intérêt mais ne pouvais accepter le fait de dénoncer…Tant mieux pour eux. Moi, je ne peux pas laisser passer ça. Beaucoup ont du mal à comprendre que si nous encadrons les ventes, c’est pour palier à ce genre de problèmes d’une part et d autre part pour remercier les membres les plus assidus de leur participation sur le groupe ( il faut obligatoirement partager sur le groupe pour bénéficier de sa visibilité , c’est donnant donnant ).
Face aux pêches miraculeuses de certains, je sais que plusieurs s’interrogent et se demandent où et comment chiner. Notamment dans les grandes villes. Des astuces?
Pour les pêches miraculeuses, il n’y a pas de mystère. Déjà, la région joue énormément… On trouve beaucoup plus de montres dans les brocantes de Franche comté qu’en Normandie, à mon grand regret. Après ,il reste internet. Mais dans tous les cas, un coin à champignons ça ne se donne pas !
La franche Comté
Quelles sont les chances pour un chineur d’acquérir une Blancpain, une Piaget ou une vieille Breitling abandonnée ?
Ce genre de pièces onéreuses ne se trouvent pas ou très rarement en brocante. Comme je le réponds souvent sur le groupe : si j’hérite d’une rolex , même si je n’y connais rien , je ne la jette pas dans un carton pour la prochaine brocante, je cours la faire estimer. Donc la chance de trouver une pièce comme ça en brocante est quasi nulle.
Pour un chineur « pro », quel est le plus important ?
Incontestablement : les contacts…
On croise beaucoup de LIP sur le groupe. Comment expliques tu la popularité de cette marque ?
Oui on croise pas mal de Lip. Et c’est normal car Lip a été LE plus connu des fabricants de montres françaises. On croise souvent également Yema, Aurore, Jazet d’autres françaises. Et pour les suisses on croise souvent : Zenith , Oméga, Longines, JLC, Tissot ( car Tissot avait sa place parmi les grands à l’époque… un peu moins aujourd’hui, je trouve ) et j’en oublie…
Quelles autres marques croisent -on le plus chez les amateurs de vintage ?
On voit souvent des marques méconnues, tombées en désuétude mais qui sont appréciées par les collectionneurs.
NDR : Gruen, Waltham et Helbros par exemple
Ce qui compte le plus, c’est donc de porter ce qui nous plait plutôt qu’une Omega, une Zenith ou une Breitling vintage ?
Oui, c’est primordial. Rien ne sert d’avoir une Omega qu’on aime pas… C’est le meilleur moyen qu’elle reste au fond du tiroir. Moi même, je possède une Aurore et une Jaz que je n’échangerai jamais contre une Omega. Idem pour la valeur sentimentale qui passe bien au dessus de la valeur pécuniaire.
Beaucoup sur le groupe demandent si ça vaut la peine de réviser une montre non connue. Ma réponse est toujours la même : bien sûr que oui, si on les aime et si on les porte ensuite.
Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui veut acheter sa première vintage, avec un budget de 400 euros et qui cherche un chrono ?
De privilégier une marque peu connue. Car de toutes façons les mouvements chronos sont suisses et de qualité, comme Landeron ou Valjoux. Au pire, il faut rajouter quelques dizaines d’euros pour privilégier un achat révisé et garanti par un pro. On en trouve dans les 450-500 €. Vu que la révision coute dans les 300 €, ça ne sert à rien d’acheter un modèle non révisé à 200-250 € qui risque de s’arrêter n’importe quand et surtout de s’user, ce qui va dégrader des pièces qu’il faudra changer plus tard. Et reviendra inévitablement plus cher. Alors oui, on peut trouver un chrono vintage de grande marque à 400 € mais il ne sera pas entretenu…
Finalement, même une Breitling vintage tournera avec un Venus tout comme une marque moins connue le ferait. Alors qu’aujourd’hui les mouvements des grandes maisons sont davantage personnalisés et parfois entièrement manufacturés , c’est bien ça ?
Effectivement, la Breitling vintage utilisera bien un venus sauf que le tarif sera bien supérieur à cause de la marque. Les très grandes maisons auront du manuf comme Bréguet ou Patek. Mais les Omega, Oris et bien d’autre utilisent maintenant de l’ETA modifié. Quand on modifie un mouvement, même de manière non significative, on a légalement le droit de dire que c’est du manuf ( comme le plat maison au resto dans lequel on rajoute juste une sauce ) alors que dans les Omega vintages, c’était systématiquement des mouvements maison. Donc je pense qu’on trouve plus de mouvements manufacturés dans les vintages que dans les contemporaines. Aujourd’hui, c’est le coût qui décide. Et Omega appartient au groupe swatch, qui possède aussi Eta … Donc forcément, ils ont intérêt à s’y fournir.
Merci Nicolas, personnellement j’ai appris des choses. J’imagine que les lecteurs également. Le mot de la fin?
Qu’importe la montre pourvu qu’il y ait l’ivresse!
À propos de Nicolas : Il ne porte que des bracelets acier.