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Le temps passionnant

Auteur/autrice : FREDERIC G.

  • Les remontoirs à montre, le bon budget

    Les remontoirs à montre, le bon budget

    Si vous possédez plus d’une montre automatique et que vous en changez régulièrement, le remontoir est un accessoire très pratique. Il permet en effet de conserver le remontage sans avoir à porter votre montre et d’éviter la remise à l’heure. Il suffit d’y placer votre garde-temps, de choisir le sens de rotation et d’appuyer sur le bouton. Mais il faut bien choisir cet outil car les remontoirs d’entrée de gammee peuvent avoir les pires défauts, voire même dérégler vos précieuses. Ce qui nous amène à la question : cet accessoire est-il indispensable ? Si oui, quel est le bon rapport prix / utilité ?

    L’entrée de gamme et ses défauts rédhibitoires

    Comme je le signalais plus haut, le pire défaut d’un remontoir c’est bien de magnétiser la montre qu’il est censé remonter. Et ce n’est pas l’unique défaut des modèles premier prix, il y a d’autres inconvénients :

    • Le bruit
    • Pas de batterie intégrée ( possibilité d’alimentation par piles )
    • Alimentation secteur obligatoire à la maison
    • Pauvreté des matériaux
    • Problèmes de sécurité électrique
    • Pas d’application Smartphone
    • Magnétisme du ressort ( vérifié à la boussole )
    remontoir Mido

    Ce dernier point est plutôt problématique, voire carrément impardonnable. Le coupable ? La partie autour de laquelle on attache la montre comporte un ressort en ferraille qui peut magnétiser votre montre et causer sa dérive ( retard ou avance ). Un comble. J’ai testé un de ces remontoirs avant d’en parler, j’ai vérifié à la boussole avant et après remontage : ma montre a été légèrement magnétisée. Je ne peux pas imaginer que les constructeurs aient négligé un tel défaut mais sur le remontoir ( offert ) que j’ai essayé, c’est arrivé. Loin de moi cependant l’idée de fustiger ce produit Mido en particulier qui a le mérite d’être financièrement abordable. Son tarif est de 130 € mais il est parfois offert lors de l’acquisition d’une montre neuve de la marque. Malgré ce point positif, je vous encourage à opter pour une meilleure qualité.

    Lien vers le remontoir Mido

    Revue du Swiss Cube, finition cuir

    On change littéralement de catégorie avec cette marque suisse dont les tarifs la placent vers le milieu de gamme. Les produits sont de très bonne facture et remplissent la liste des prérequis exigés pour un remontoir digne de ce nom. À modèle égal, l’écart de prix est conséquent chez SwissKubik, il se justifie entièrement par les finitions qui sont purement esthétiques mais qui modifient beaucoup les tarifs. De 450 € environ pour un modèle standard on monte à 900 € pour une version cuir, voire 1100 € pour une collaboration avec un designer. Beaucoup d’autres matériaux différents et d’accessoires sont proposés, comme la vitre ou les supports de montres de tailles variées. Il convient de souligner que l’objet est toujours beau et qu’il mettra votre tocante en valeur. Les performances des Swisskubik sont cependant toutes égales, peu importe leur aspect. Et elles sont à la hauteur du prix tarifé.

    • Piles avec deux à trois ans d’autonomie. Remplaçables, non rechargeables
    • Alimentation usb C 5 v
    • Silence absolu
    • Application SmartPhone
    • Réglages complets et présélections par montres via l’application
    • Cubes empilables

    Le SwissKubik est egalement décliné en modèles une, deux, trois et quatre montres mais il est possible de les empiler. Ci contre, c’est le modèle testé dans cette revue. Recouvert d’un très beau cuir de veau marron coutures ton sur ton qui ne dénotera pas avec votre belle montre. Si je ne me trompe pas, c’est le Masterbox Couture.

    six modèles ensemble
    Un modèle quatre montres

    Les défauts de ses qualités

    Une batterie de trois ans c’est magnifique, la mienne est d’ailleurs toujours à 100 % . Mais ce n’est pas écologique du tout. Heureusement, une alimentation 5 v par USB C est disponible elle est très pratique pour voyager. L’application permet de choisir plusieurs paramètres comme le nombre de tours minute, le sens de rotation, la couleur des leds témoins… Il est possible de créer des profils et de les nommer afin d’adapter le remontage aux spécificités des montres.

    Lien vers le remontoir Swisskubik

    Quid des remontoirs très haut de gamme ?

    Ils sont beaux, ils sont magnifiques et s’ils ne fonctionnent pas mieux qu’un SwissKubik, ce sont avant tout des écrins fonctionnels à la hauteur des plus beaux garde-temps, de véritables objets de collection dédiés aux montres de collection. On trouve pléthore de designs somptueux et de matériaux nobles mais pas d’innovations technologiques notables.

    Remontoir Rapport London chez Ocarat 1825 €
    Remontoir Lefignet, télécommande et verouillage digital
    Remontoir Westminster chez Timespinners

    L’esthétisme de ces créations surpasse de loin l’utilité de leur fonction mais quel plaisir pour les yeux !

    À savoir

    Source : Chrono24

    Avant de remonter votre montre avec l’un de ces accessoires, il vous faut vérifier le sens de rechargement ou si elle se recharge de façon bidirectionnelle. C’est pour cette raison que l’on trouve toujours un bouton de changement du sens de rotation ainsi qu’une fonction d’alternance sur tous les remontoirs. Sur le Swisskubik, il faut passer par l’application.

    Conclusion

    Si votre budget le permet ou s’il vous sied d’acquérir un bel objet utile, le Starterbox est un des produits qui propose le meilleur rapport qualité prix dans sa version de base. Ses piles très longue durée et son alimentation USB, son look moderne et son application idoine serviront parfaitement leur office : à savoir remonter votre montre lorsque vous ne la portez pas, vous évitant ainsi un remontage intempestif. Généralement, les possesseurs de remontoirs ne regardent pas à la dépense ce qui ne signifie pas qu’ils consacreront des milliers d’euros à cet achat. Swisskubik a su se placer intelligemment dans une gamme tarifaire abordable qui attirera un nouveau type de consommateurs.

    Une question demeure malgré tout : le remontoir est-il foncièrement utile ? Le débat demeure car sa praticité est indéniable mais le contre argument principal est qu’il diminue la période entre les révisions. En effet, une montre à l’arrêt ne s’use pas contrairement à une montre qui tourne en permanence. C’est un détail qui peut avoir son importance.

  • Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    De prime abord la Chopard LUC que vous allez découvrir aujourd’hui est simple, classique, épurée. Elle est en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît car elle combine deux caractéristiques que l’on croise rarement ensemble : un modèle deux aiguilles et un calibre micro rotor. Autrement dit, un mouvement haut de gamme sans petite ni grande seconde. Intriguant.

    J’ai eu le temps de bien apprécier cette LUC, je la porte depuis longtemps. Effectivement, la montre du jour n’est pas un exemplaire de test mais une pièce de famille. C’est d’ailleurs le cas pour la majorité des montres testées sur ce site. Elles sont portées et elles vivent. Ce qui apporte davantage d’objectivité à nos tests publiés seulement au terme d’une longue période d’observation. Nous pouvons ainsi proposer des revues plus complètes, plus riches et plus indépendantes.

    Cette Chopard est portée depuis une paire d’années. Deux ans sur un poignet, c’est suffisant pour faire le point.

    La Chopard LUC XPS micro-rotor

    À peine plus épaisse qu’une pièce de deux euros, elle ne se contente pas d’être belle. Son mouvement est excellent. C’est d’ailleurs ce calibre particulier qui m’a attiré en premier lieu, j’ai trouvé le contraste entre la complexité du micro rotor et la simplicité du modèle deux aiguilles peu communne. Les micro rotor sont d’ailleurs la spécialité de la marque.

    À sa naissance, la maison Chopard était une horlogerie, ce n’est que plus tard que le département joaillerie fut créé. 164 ans d’expérience dans ces deux domaines ont permis à cette marque renommée de proposer des créations esthétiquement irréprochables. Il fallait bien ce degré de compétence pour conjuguer beauté, luxe et simplicité. C’est là tout l’esprit de cette LUC dont la pureté dissimule de véritables qualités horlogères.

    Un cadran bleu tout en nuances

    Son cadran bleu profond au polissage subtil, ses deux aiguilles art déco et ses index dorés lui confèrent une élégance sans ostentation. C’est un garde-temps polyvalent qui se porte au quotidien comme à une soirée distinguée, avec un t-shirt blanc ou un complet sombre.

    Les chiffres sont apposés dans une typographie contemporaine dont la proportion légèrement surproportionnée souligne la modernité. Le mariage du bleu et du doré est comme toujours réussi, difficile d’ailleurs de rater ce genre de duo. Les index et le cadran sont dénués de chemin de fer afin d’alléger le design et le diamètre de 40 mm permet un dégagement assez conséquent pour offrir une parfaite lisibilité, même en condition obscure.

    Enfin, il faut parler de ce bleu. Intense et soutenu, royal mais naturel, qui joue ici le premier rôle. C’est un bleu moyen mais assez profond, traversé par de subtiles lignes de polissage unidirectionnelles qui convergent vers Le centre. Le résultat est somptueux et dynamique.

    Le travail esthétique sur ce cadran est bigrement efficace et la glace saphir plate permet, nous l’avons vu, d’apprécier les lignes verticales fines du polissage qui courent à travers la lunette. Cette dernière est juste assez épaisse pour que l’on puisse apprécier les 40 millimètres du boitier à leur juste valeur. Il arrive effectivement qu’une lunette trop fine ou trop large fausse la perception qu’on a d’un boitier. Trop large, la montre paraitra plus petite et trop fine elle aura l’air d’être plus grande.

    Les aiguilles sont d’inspiration art déco ( entre le style dauphine et le glaive inversé ). Elles m’évoquent la silhouette d’un gratte ciel new yorkais des années folles mais cela reste très personnel. Enfin, les index sont très classiques, on remarquera cependant qu’ils respectent la dimension des chiffres, ce qui influe sur le design.

    En résumé, cette LUC est la démonstration ultime que l’on peut faire beaucoup avec peu. C’est simple mais somptueux, discret mais élégant.

    Le boîtier

    L’acier utilisé par la maison Chopard répond au doux nom de Lucent Steel. Littéralement acier clair. C’est un nom à la consonnance marketing évidente et je doute que le 316 L de cette LUC brille davantage que celui de Cartier. De l’acier, c’est de l’acier. Celui ci est en revanche recyclé par la marque qui ne se prive pas de communiquer sur cette caractéristique. C’est la mode..

    Le boîtier est entièrement poli à l’exception des flancs brossés horizontalement, ce qui souligne encore la finesse de la montre. Les cornes sont très classiques et l’espace entre elles est de 20 mm. Pas de système à changement rapide ici mais franchement il serait criminel d’ôter ce bracelet qui complète le cadran dans un camaïeu aussi beau que classique.

    Le fond de boîte est serti de l’inévitable glace saphir qui offre une vue dégagée sur le mouvement si bien décoré.

    Double identité

    Tout comme le calibre manufacture micro rotor détonne avec la version deux aiguilles, l’esprit  » Denim  » du bracelet cache lui aussi bien son jeu. Il s’agit en effet d’un cuir de crocodile recouvert d’un tissu technique. C’est une très belle réalisation artisanale qu’un maroquinier serait fier de présenter à son catalogue. Les coutures ton sur ton sont quasiment invisibles ce qui renforce l’illusion d’un bracelet en tissu plein. On ne croirait pas qu’une peau se cache sous ce tissu. Le bleu nuit et le blanc tacheté alternent et donnent l’impression visuelle de texture que confirme la sensation au toucher.

    Cette jolie pièce est montée d’origine mais Chopard fournit un bracelet de courtoisie en alligator marron, plus classique.

    La boucle ardillon signée est de belle facture et finit bien l’ensemble.

    Tissu technique sur crocodile

    Le calibre LUC 9653 L à double barillet

    L’atout majeur des mouvements à micro rotor, c’est la finesse. La petite taille de leur masse oscillante permet de s’affranchir de l’épaisseur habituellement utilisée par un composant qui représente jusqu’à 30 % de la surface totale du calibre. Cette dimension modeste offre la possibilité de l’inclure « dans » le mouvement plutôt qu’au dessus.

    Calibre L.U.C 96.53-L, double barillet coaxial, 60 h, 3.30 mm , boitier 7.20 mm, développé en interne.

    Les autres caractéristiques du 9653 sont intéressantes. Son double barillet lui permet d’atteindre les 60 h théoriques de réserve de marche sans que le calibre dépasse les 3.30 mm d’épaisseur. Les deux barillets sont coaxiaux, ce qui contribue au gain de place ( leurs spires intérieures sont toutes deux attachées au même axe, d’où le terme employé ).

    Les mouvements Chopard sont dits  » manufacture ». Ce terme est hélas souvent galvaudé dans l’industrie horlogère. Certaines marques se contentent de retravailler un mouvement et affiche la mention « calibre manufacturé ». Alors qu’ici il s’agit bien d’un mouvement développé en interne par Chopard. Je n’entrerai pas dans le débat de la définition de ce terme mais le fondateur de la marque s’est engagé à développer entièrement ses calibres, il y a déjà bien des années :

    Entièrement conçu, réalisé et assemblé dans les ateliers haute horlogerie de Chopard et certifié chronomètre par le COSC, le mouvement mécanique à remontage automatique L.U.C 96.53-L est basé sur le premier calibre développé par Chopard Manufacture en 1996. Il bat à une fréquence de 28’800 alternances par heure (4 Hz) et dispose d’une réserve de marche de 65 heures grâce à la technologie Chopard Twin, système inventé par la Maison et associant deux barillets coaxiaux. Ce dispositif représente une prouesse technique remarquable compte tenu de l’extrême finesse du mouvement qui ne mesure que 3,3 mm d’épaisseur.

    Un modèle d’une grande finesse

    7,20 mm pour une montre à remontage automatique, c’est une belle performance. Cette finesse apporte de l’élégance et de la discrétion. La montre glisse facilement sous la manche et se laisse gentiment apercevoir, dévoilant son cadran bleu profond. Le réglage de l’isochronie est effectué sur cinq positions. Ce qui signifie comme son nom l’indique que l’horloger à réglé la montre à plat, à 90 degré etc… La précision s’en trouve ainsi améliorée.

    21 rubis protègent le calibre des frottements et de l’usure et allongent la durée de vie du garde temps. La garantie de deux ans extensible s’apprécie néanmoins. La LUC est une montre pour la vie, c’est le minimum syndical dans cette gamme de prix.

    Pour finir, il faut parler de la décoration du 9653. Finement sculpté, on pourrait croire que ce mouvement est manuel tant l’absence de l’habituelle masse oscillante trouble la perception. Mais on découvre vite le minuscule rotor, lui aussi richement paré de motifs soleillés.

    Source Watchbase caliber

    Verdict

    Si l’on apprécie les montres habillées suffisamment discrètes pour être portées au quotidien, sans avoir à se soucier du style vestimentaire, on ne peut qu’aimer cette LUC. Elle s’adaptera aux circonstances, on la remarquera sans qu’elle suscite trop de convoitise et les amateurs de belle horlogerie n’y trouveront rien à redire. Dans sa version bleue, car elle existe en blanc, elle saura vous plaire de longues années durant et son style contemporain lui garantira un beau voyage générationnel.

    À ce propos, s’il faut noter que la partie horlogère est exempte de toute panne, retard ou autre disfonctionnement, le bracelet commence à souffrir. Le tissu technique apposé sur la peausserie se détache peu à peu. Dommage pour une montre à ce tarif.

    Vous aurez compris que cette LUC est la montre de la dualité. Micro rotor, modèle deux aiguilles, tissu technique qui est en fait basé sur une peau de croco et double barillet. Même l’apparente simplicité du design dissimule une recherche intense et un véritable travail sur les proportions et dimensions.

    Cette montre est magnifique.

    Galerie

  • Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Pour cette revue qui fait partie des toutes premières du site, j’ai choisi une montre en fonction de son esthétique, de son originalité et de son charme : une Louis Erard. Si cette marque est relativement confidentielle, elle est tout de même connue et reconnue par les amateurs et bénéficie d’un réseau de distribution national à l’image de sa renommée française : modeste mais efficace.

    L’histoire de la maison

    La production des premières Louis Erard aurait débuté autour de 1930 mais j’avoue que je n’ai pas trouvé de belles vintages pour illustrer mon propos. Je sais cependant que cette marque est spécialisée dans les régulateurs et les cadrans Émail Grand Feux ( poudre de verre fondue sur base en métal avec ou sans inserts ). Elle s’est également essayée à la marqueterie ainsi qu’ aux chronographes mono poussoir et même aux cadrans asymétriques. Avec bon goût d’ailleurs. Enfin, la maison est friande des métiers d’art et des collaborations avec l’inévitable Seconde Seconde par exemple.

    Email grand feux

    La The horophile 39 mm est un exemple pertinent puisque elle a été désignée avec le site : The horophile, spécialisé dans les revues de montres de caractère. La Métropolis n’en manque justement pas.

    C’est un modèle trois aiguilles, petite seconde, plein de charme. Son cadran au guilloché circulaire évoque les disques vinyle, sa couleur tabac / cuivre, sa taille contenue et ses aiguilles dîtes tower dont on croirait qu’elles profilent un buildings new-yorkais, rappellent les ambiances feutrées des fumoirs. Le tout est furieusement art-deco et s’assume fièrement en tant que garde-temps néo vintage.

    Le cadran, l’âme de la montre

    Le thème de ce cadran, c’est le cercle. Les index sont insérés entre deux disques au centre desquels se répètent des sillons décroissants. Cette juxtaposition hypnotique dirige le regard au centre du cadran, vers les aiguilles dorées.

    La forme longiligne de ces dernières contraste avec la rondeur générale de la Metropolis mais cette discordance est bienvenue. Enfin, le cercle réservé à la petite seconde achève de décliner le cercle sous toutes les formes qu’on peut trouver sur un garde temps.

    Les index, quant à eux, sont naturellement remplacés par les chiffres dont la calligraphie ajoute une ultime note art déco.

    montage photo , reflet d’un bâtiment art deco

    Des anses courbées pour le boîtier

    Assez peu répandues, les anses courbées permettent de combler l’espace naturel entre le début du bracelet et les bords du boîtier. Cette  » figure de style  » permet d’éviter que les cercles concentriques du cadran jurent avec l’extrémité droite d’un bracelet standard. En tout cas, c’est mon opinion.

    Enfin, les angles des cornes viennent se heurter à la rondeur du boîtier dans un joli contraste :

    Anses courbées originales

    Neo deco

    De 1920 à 2020, la Metropolis est un pont entre deux époques que cent ans séparent. L’absence de logo en dehors de la couronne signée renforce, selon la maison Louis Erard, l’esprit néo déco. Personnellement, je vois un cadran épuré dont les cercles captent la lumière d’une belle façon, construit sur les bases d’un modèle assez répandu chez LE . Notre modèle Excellence est également issu de cette famille de boîtiers mais en 42 mm :

    Version sectorisée 42 mm, bracelet custom comme toujours

    Quatre couleurs

    Lors de l’acquisition de notre exemplaire seules trois couleurs étaient disponibles. Saumon, tabac et gris cendré. Le choix fut difficile. Une quatrième couleur est sortie plus tard : vert moyen. Un petit peu plus difficile à porter à mon sens.

    Création et collaboration

    Chez Louis Erard l’esprit d’indépendance n’exclut pas les talents extérieurs. La collaboration avec des designers et des métiers d’art a donné naissance à de magnifiques résultats. On trouve au catalogue un très beau cadran marqueté, un autre réalisé avec une artiste qui allie avec classe le noir et les tons pastels ( inspiré par une palette de maquillage ), des guillochés mains, des pierres fines, des gravures… Sans parler de la série asymétrique aussi impertinente qu’élégante.

    Les régulateurs

    C’est la spécialité de la maison, indéniablement. Pour rappel, un régulateur est une complication qui sépare les heures des minutes et des secondes dans deux ou trois sous cadrans ( la trotteuse peut être centrale ).

    Je trouve les régulateurs très lisibles et propices à beaucoup de créativité. Parfois combinés à un chronographe mono poussoir, ils offrent beaucoup de possibilités d’agencements sur le cadran. La version fantôme, ci dessous en haut à gauche, est fabuleuse. Mais j’ignore parfaitement comment lire l’heure ( minute au centre, heure en haut, seconde en bas ).

    Au quotidien

    Avant de conclure, j’aimerais parler du cœur de cette Louis Erard. Classique mais efficace le mouvement automatique Sellita fonctionne jusqu’à 38 heures d’affilée sans remontage. On trouve habituellement cette version SW261-1 sur des modèles manuels petite seconde comme le souligne Caliber Corner. Cette version automatique est donc peu commune.

    Le fond saphir permet d’admirer la machinerie mais j’aurais préféré un fond fermé, plus en accord avec l’esprit de la montre à mon sens. Avec la gravure d’un cigare fumant dur un cendrier par exemple.

    La lisibilité nocturne de cette LE est correcte mais sans luminova, c’est forcément moins efficace. Les aiguilles sont assez brillantes et larges pour lire l’heure dans la pénombre mais on est loin de la montre outil. Il est vrai que c’est une montre de ville et que l’ajout de matière phosphorescente aurait nui au design des aiguilles. L’intérêt qu’on porte à ce garde-temps est ailleurs de toute façon.

    Après plusieurs mois, vous apprécierez toujours votre Metropolis The Horophile. Elle a une façon inimitable de prendre la lumière grâce à ses cercles concentriques, et ce sous tous les éclairages.

    C’est un garde-temps avec une belle personnalité qui plaira aux collectionneurs comme aux amateurs de montres habillées mais polyvalentes. Nous avons changé le bracelet pour une version suédée couleur épice qui se marie très bien avec les ton tabac du cadran. À noter qu’une version spécial Dubaî vient de sortir.

    Spécificités

    • Taille du boitier : 39 mm
    • Épaisseur : environ 12 mm
    • Référence : 34248AA66.BVA151
    • Fond saphir
    • Mouvement : Selitta SW 261-1
    • Fonctions : Heures Minutes Petites secondes
    • Réserve de marche : 38h
    • Etanche : 50 m
    • Entrecorne : 20 mm

    Je vous encourage à visiter le site de la marque et vous précise qu’on trouve des Louis Erard chez Ocarat ( O’Chrono ), c’est d’ailleurs de là que vient notre Metropolis.

  • Test de la Breitling Pistachio

    Test de la Breitling Pistachio

    Une allure de chronographe d’antan, un calibre manuel version moderne et des couleurs atypiques, la Breitling Premier est au confluent des styles et des époques. Si je prends la plume et choisis ce garde temps pour cette toute première revue, ce n’est effectivement pas un hasard. Cette pièce deviendra un classique, j’en suis certain. Pourquoi ? Car elle plaît à beaucoup d’amateurs aux goûts pourtant fort différents.

    Esthétiquement, la Breitling Premier séduit aussi bien les connaisseurs férus de design contemporain que les amoureux du siècle dernier. Son diamètre contenu, sa couleur franche mais discrète, son boîtier joliment travaillé sur les flancs et son cadran bicompax parachèvent cette pièce dont le bon goût ne s’arrête pas à son esthétique d’époque. Son mouvement manufacture manuel rappelle aussi les codes des années 50 et leurs chronographes caractéristiques : deux sous-cadrans pour les petites secondes et les minutes de la fonction chrono, des chiffres arabes et des aiguilles argentées, le tout cerclé par un chemin de fer détaillé.

    D’hier à aujourd’hui

    Le boîtier mesure 40 mm, il est flanqué d’ actionneurs plats et d’une belle épaisseur de 13 mm. Ce sont les chiffres d’une proportion soigneusement étudiée que nous offre Breitling, la parenté avec les chronos vintage est encore une fois évidente. Le style de ce chrono ne nous emmène cependant pas que vers le passé, les flancs du boitier sont en effet guillochés dans un esprit contemporain. La Premier assume donc pleinement ce qu’on appelle aujourd’hui un design neo vintage. En reprenant les codes des chronos 35 mm monocompax* des fifties et en y ajoutant une touche de modernité, la marque nous rappelle qu’elle a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de la chronométrie. Et que cette histoire continue.

    Breitling Geneve des années 50 35 mm

    S’il était un défi à relever, c’était bien celui d’insuffler à un chronographe moderne un style distinctif de la production historique tout en louant son esthétique intemporelle. Quand l’on se targue d’avoir participé à la démocratisation des chronos, avant même l’arrivée des montres bracelet, il faut rendre un sans faute. C’est probablement avec cet héritage en ligne de mire que Breitling a conçu la Premier .

    Fusion de deux Breitling

    Toutes proportions gardées 

    De nos jours, la dimension des montres a évolué et s’il eut été courageux de conserver la taille contenue d’antan, la Premier n’en conserve que les proportions.: De 35 mm de diamètre et 18 mm d’entre-cornes des anciens modèles, on passe ici à 40 et 20 mm, soit un rapport équivalent. Ce n’est pas un hasard.

    Une Premier des années 50, 35 mm

    À la tradition se mêle une élégance que subliment les couleurs de la gamme B09 : pistache, coquille d’œuf ou blanc. Le contraste discret les index brillants et les tons pastels de ce garde temps font qu’il se porte aussi bien habillé d’un costume qu’avec un t shirt et un beau jean. Comme à l’ère des chronographes, on ne trouvera pas de couleur trop forte ni de version panda de ce modèle, bien que le noir et le vert intense soient disponibles dans la gamme en 42 mm. Je pense que Breitling a volontairement respecté l’homogénéité des tons au profit du classicisme des cadrans. Son fini mate sans fioritures ni finition particulière me conforte dans cette idée.

    Le calibre B09

    C’est un vrai parti pris de proposer un calibre manuel car le remontage mécanique est affaire d’amateur. Tout le monde n’apprécie pas ce rituel. Mais il fallait aller au bout de la politique retro et le B09 est ce qui se fait de mieux chez Breitling. Les performances sont évidemment au rendez vous avec 70 h de réserve de marche et une dérive sous les 5 secondes / jour pour le modèle testé. On peut dire que ce mouvement ne se contente pas d’être beau, il est également très précis et laisse volontiers admirer ses atours sous un dôme de saphir aguicheur. Ce dernier vient d’ailleurs déroger au design historique puisque les fonds saphirs n’étaient pas traditionnels au vingtième siècle.

    Spécificités du B09

    • Certification COSC
    • Réserve de marche de 70 H
    • Calibre manufacture basé sur le B01
    • 28800 a/h
    • 28 rubis
    • Chrono à roues à colonnes ( dispositif dédié au fonctionnement du chronographe : mise en route, arrêt et remise à zero )
    Source Watchbase
    Le B09 dans toute sa splendeur
    Surimpression du calibre

    La Pistacchio au quotidien

    Sur Twistheure, on ne parle que de ce qu’on porte. Ma Breitling Premier est probablement la pièce que je mets le plus. J’ai pourtant toujours autant de plaisir à y porter le regard. Partenaire idéale de mon blouson en cuir , elle a reçu bien des éloges malgré sa discrétion. Remarquable mais subtile, c’est la définition même de l’élégance ou je ne m’y connais pas. Je la marie avec du rose, du marron mais pas de blanc ni de bleu foncé. Je me fie aux couleurs complémentaires et j’évite les fautes de goût ( pas de survêtement ).

    La Pistachio se porte avec plaisir et facilité. Ses 70 heures de réserve ne sont jamais un obstacle et le cérémonial de remontage fait partie de la satisfaction.

    Personnalisation

    J’aime beaucoup cette montre, j’apprécie moins son bracelet d’origine. Je suis toujours déçu par le manque d’imagination des marques et les sempiternels bracelets crocodile qu’on trouve inévitablement. Les anses courbées choisies par Breitling ne m’ont pas convaincu non plus mais c’est affaire de goût. C’est pourquoi j’ai monté un cordovan cognac légèrement vieilli, dont les tranches reprennent la couleur du cadran. Cela renforce l’aspect vintage et le rappel chromatique est subtil mais visible.

    Cordovan 3,5 mm

    Un dernier mot

    Cette Breitling entrera t-elle dans l’histoire de l’horlogerie ? Je l’ignore. Mais on la trouvera longtemps sur le marché de l’occasion et je gage que sa valeur se stabilisera, avant de plus tard augmenter. Pour le moment elle est toujours en production. Moderne, originale, classique et un brin vintage, le seul obstacle reste son prix de 8500 €. À noter que cet exemplaire valait 7800 € neuf, il y a deux ans. Breitling a cédé aux 10 % d’augmentation habituels et ce ne sera pas la dernière fois.

    Au quotidien ou à porter lors des soirées de l’ambassadeur, la Breitling Pistacchio est un garde temps pour la vie dont il est difficile de se lasser. Ni trop vintage, ni trop moderne, la Premier est sobre et classe. Sa couleur douce et chaleureuse teintée d’une légère impertinence est une ode aux temps anciens mais aussi une annonce qui semble dire : le changement est une part de la tradition.

    *Monocompax : Pour être tout à fait exact, la Premier n’est pas bicompax car ses deux sous cadrans ne sont pas dédiés à la fonction chronographe.

    GALERIE

    Bracelet original, magnifique
  • La serica 5303 déconstruite

    La serica 5303 déconstruite

    Oui, nous aimons les Cartier, les Jaeger Lecoultre, les Breitling. Mais c’est justement parce que nous aimons le beau que nous savons reconnaître une pépite horlogère quand nous en croisons une. Client chez Joseph Bonnie, c’est tout naturellement que j’ai découvert la Serica 5303 et que j’ai proposé une revue. C’est son cadran qui m’a interpellé en premier. Peu adepte des plongeuses, j’ai pourtant eu un vrai coup de cœur pour ce garde-temps et ses index décentrés, sa lunette vert d’eau et ses pièces de bouts qui sont pour moi l’accessoire ultime.

    Ni une ni deux, j’ai contacté la marque afin de rencontrer Jérôme et de vous faire découvrir le processus de création de cette pièce bien de chez nous. En parcourant le catalogue puis en rencontrant une partie de l’équipe, il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que chez Serica, on a longuement réfléchi la naissance de la collection.

    Afin de conjuguer esthétisme et fonctionnalité tout en apportant une valeur ajoutée, il était nécessaire d’analyser l’histoire de l’horlogerie et de comprendre ce qui a fait la quintessence des montres iconiques. En résumé, pour faire au lieu de refaire, il faut s’inspirer, comprendre puis proposer.

    Anciennes références Serica, WMB

    Reflexion horlogère

    Qui ne reconnaîtrait pas une Cartier Tank, qui ne saurait pas dire qu’une montre à lunettes tournante est dédiée à la plongée ? Pourquoi certains designs ont marqué l’histoire et comment réitérer cet exploit ? C’est le point de départ qu’à choisi Jérôme. Passionné depuis toujours, ses cahiers d’écoliers étaient probablement parsemés de dessins de cadrans. Les montres, c’est sa vie. Et elle fut nourrie d’une longue réflexion avant d’aboutir à la naissance de la marque.

    C’est quoi une montre Serica ? Une montre étanche, automatique, certifiée chronomètre. Cette assertion résume la gamme, définit le catalogue de la marque, m’explique Jérôme. Mais avant d’obtenir ce résultat, il y a eu beaucoup de travail.

    Les étapes de création

    Le point de départ de la création d’un garde temps, je l’ai toujours cru, c’est le design du cadran. Au fur et à mesure de l’entretien avec Serica, je m’aperçois que je ne pouvais pas être davantage dans l’erreur.

    Pour penser une montre, il faut partir de sa fonction. Donner une information utile, répondre à un besoin : la lecture de l’heure. C’est à dire faire se rencontrer l’aiguille et l’index.

    Autrement dit : du besoin naît la forme. C’est le point de départ de la création du cadran, tout du moins de son design. Toute la gamme a été ainsi créé par Jérôme. On peut d’ailleurs le constater : le style Serica est distinctif.

    L’habillage

    Index ronds et allongés, aiguilles flèche, appliques épaisses de 0,3 mm, émail. Et bien sûr la lunette qui vient sertir le tout. Elle fut d’abord élaborée en 2D par l’artiste puis envoyée à un bureau d’étude, une autre étape était franchie. On peut certes imaginer n’importe quoi mais il faut que ce soit faisable.

    La fabrication du cadran

    Source : Beaubleu

    Le point de départ du processus : un cercle en laiton ( probablement utilisé pour sa tendreté ). Il peut être estampé ( pour les plus imposants ) ou galvanisé. Viennent ensuite beaucoup d’étapes qui diffèrent selon le résultat attendu mais les guillochages par exemple sont faits à la main. L’émaillage est également une étape complexe dont la répétitivité et la constance sont les principaux écueils. Bien d’autres échelons sont disponibles et proposés par les cadranniers, un métier de plus en plus rare. Electrodéposition, galvanoplastie, sertissage, brossage… Sans parler des techniques de champlevé, de laquage ou des processus plus modernes comme le traitement pvd ou le laser. Une symbiose entre l’artisanat et la technologie.est indispensable afin d’obtenir le meilleur résultat.

    Une gamme cohérente et trois boitiers différents

    Le cadran est créé, le processus de fabrication arrêté, il faut désormais s’attaquer aux boitiers. J’utilise le pluriel car la 5303 n’est pas strictement identique à ses sœurs. Même en observant attentivement les trois boitiers, on ne voit pas qu’ils sont subtilement différents. Il fallait rencontrer le créateur pour le savoir. Cornes un peu plus imposantes ici, épaisseur plus importante là, les différences sont discrètes mais réelles.

    Les finitions polies et brossées sont, quant à elles, identiques sur tous les boitiers.

    Les accessoires Serica, aller retour vers le passé.

    Partie intégrante du produit, l’accessoire doit non seulement respecter l’esthétique globale mais il doit aussi la sublimer. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de bracelets en métal. Celui qui est livré avec la 5303 met joliment le boîtier en valeur, on note d’ailleurs qu’il comporte également des pièces de bout. Celles-ci fonctionnent uniquement avec le bracelet idoine. Plusieurs solutions pour le remplacer sont disponibles et un second bracelet en acier est disponible.

    Le bracelet Bonklip existe depuis les années vingt, m’apprend Jérôme. Idem pour le fermoir déporté. Cela n’empêche pas que chez Serica, tout est pensé et repensé. Le bracelet iconique est bien plus fin que son aïeul ( et plus agréable à porter ). Très léger, il permet à la peau de respirer . Et le sigle de la maison ajoute une touche d’élégance sportive qui m’a personnellement beaucoup plu.

    Lorsque vous ramenez le fermoir jusqu’à sa position de fermeture, la double épaisseur ne gêne pas. La glissière reste fluide.

    À chaque modèle sa proposition de bracelet

    La 6190 a évolué mais nous avons conservé le bonklip en natif. La 5303 est livrée avec son bracelet mesh articulé et la 8315 avec son bracelet en caoutchouc vulcanisé.

    Chacun d’entre eux a été étudié minutieusement pour un confort maximum, comme le mesh et son articulation qui permet d’épouser les formes du poignet. Idem pour la finesse du bonklip ou la robustesse du caoutchouc. Ici encore fonction et design se rejoignent dans la recherche du beau.

    « Robustes et élégants jusqu’à la boucle », c’est ainsi que nous définissons nos bracelet chez Serica.

    Les pièces de bout, le nœud pap’ du boîtier

    Pieces de bout guillochées

    Si seulement davantage de marques se donnaient la peine de travailler les bracelets au lieu d’agrémenter leurs créations luxueuses du sempiternel croco. Ou avaient la riche idée de sortir un accessoire qui change littéralement le visage de la montre, comme c’est la cas ici.

    Longines sur sa Conquest 34 mm et Tudor avec sa nouvelle Black Bay 54 ont sauté le pas mais dans une livrée moins sophistiquée et moins versatile. Les pièces sont dépendantes du bracelet, au contraire des Serica que l’on peut marier avec le cuir de son choix.

    Avez-vous remarquer la reprise du motif guilloché ?
    Tudor 37 mm
    Longines Conquest 34 mm

    Car oui, ajouter les pièces de bout modifie vraiment le look d’une montre. Elles comblent l’espace vide entre le bracelet et le boîtier et changent littéralement la perception qul’on en a.

    Plusieurs propositions

    Trouver LE bracelet qui mettra le mieux la montre en valeur, c’est bien plus difficile qu’on peut le croire. Il faut un bon stock de bracelets et beaucoup d’essais. Avec la 5303 j’ai testé pas moins de 10 peaux. Et je pense avoir trouvé une ou deux belles combinaisons, dont ce cuir safiano :

    Cuir Safiano HANDNN chocolat

    Le choix est vaste parmi les matériaux : le cuir, le métal ou les pièces de bout. Tout est compatible avec tout, il est même possible de combiner le bonkliip avec les pièces de bout. Pour chaque occasion, vous pourrez choisir le plus adapté.

    En résumé, la 5303 ?

    Il faut bien constater qu’en matière de créativité pure on assiste actuellement à davantage de revivals que d’innovations, pense Jérôme. On ne peut pas lui donner tort d’autant plus que ce syndrome s’applique de nos jours à bien d’autres domaines.

    La 5303 dénote de la production tout en conservant les codes élémentaires imposés par son genre. La versatilité, l’originalité de ses index et la gamme de tons pastels composent la signature de Serica. La combinaison des accessoires disponibles permet en outre de créer son propre style parmi une belle palette de goûts.

    • Bracelet Bonklip
    • Bracelet métal d’origine
    • Piéces de bout
    • Cuir ou bracelet caoutchouc vulcanisé

    Quant à la précision du mouvement, je n’ai rien à rapprocher au Soprod. Coutumier des calibres manuf, je constate que nous sommes dans les même tolérances que celles de la norme cosc, une des caractéristiques du M100 dans sa version Top ( ou R4 ).

    La Serica 5303 est une belle montre, on l’apprécie à chaque regard. On a autant envie de la porter qu’une Zenith, une Chopard ou autre maison de grand standing. Et la versatilité rendue possible par le nombre d’accessoires prolonge le plaisir. En un mot : c’est une pépite.

    Important

    Je finis en précisant que j’ai acheté une 5303 avant d’avoir l’idée de rédiger cet article. Et que nous ne sommes partenaires d’aucune marque, ni adeptes des liens sponsorisés qui nuisent à l’objectivité des tests sur internet. Honi soit qui mal y pense, comme dirait l’autre.

    GALERIE

  • Les montres de bijoutiers pour lui

    Les montres de bijoutiers pour lui

    Horlogerie et bijouterie sont des domaines connexes. Mais cette symbiose n’est pas exclusive aux montres pour femmes. Les modèles iconiques masculins et unisexes proposés ci-dessous vont vous permettre d’explorer un univers horloger dans lequel la forme est parfois, et je dis bien parfois, plus importante que la fonction.

    Les marques bijoutières qui se sont essayées à l’exercice de l’horlogerie ont plus souvent fait carton plein avec leurs designs que grâce à leurs complications. Boucheron, Bvulgari et Chaumet utilisent des mouvements de manufacturiers et assurent les finitions. Alors que Chopard et Cartier ont développé leurs calibres. Les exemples ne s’arrêtent pas là mais nous ne parlerons aujourd’hui que des créations que nous avons portées et éprouvées, comme à notre habitude ( à l’exception des Hermes ).

    Cartier ou l’art du renouveau

    C’est une marque magique qui maîtrise l’exercice le plus difficile : la réinvention des formes. Le rectangle, le tonneau, le carré, le rond, l’ovale et sûrement d’autres que j’omets ont été autant de thèmes déclinés au fil des collections. Presque toutes les tentatives ont été fructueuses, avec un bémol pour la cuvée 2023 de la Tank française qui dans sa version tout acier n’est pas aussi réussie qu’à l’accoutumée. Ce n’est que mon avis mais la Tortue ou la Santos sont magnifiques aussi bien dans leurs versions originales que contemporaines. Je gage qu’elles le seront toujours :

    Tortue des années 70
    source Esquire , Tortue version 2024

    Cartier l’horloger

    Les mouvements Cartier sont propres à la marque et ce depuis le tout début du vingtième siècle. Chaque mouvement est nommé d’après les dates qui jalonnent l’histoire de la marque. 1847, naissance de la maison ou 1904, production de la première montre bracelet. On ne saurait dénigrer la qualité des calibres Cartier car la fiabilité ne prime jamais sur la prouesse, le bon doit s’intégrer au beau. Et l’innovation est parfois la meilleure arme dans ce combat. Le dernier mouvement en date est celui de la bien nommée Calibre. Le 1904 MC de 2010, MC pour Mega Complication. Il a permis de compiler un chronographe et un calendrier perpétuel avec un tourbillon volant.

    En parcourant la liste des complications telles que les gyro tourbillons ( qui porte le nom de double tourbillon mystérieux chez Cartier ) ou en observant le squelettage typique de la Santos éponyme, on pressent que ces exercices horlogers sont avant tout au service d’une esthétique impérieuse. Ce qui n’empêche pas d’admirer le travail accompli, bien au contraire. Oui, l’esthétique prime sur la performance horlogère mais pas à n’importe quel prix. Si on ne trouve pas de mouvement Cartier certifié Cosc, on pâlit devant  » les heures mystérieuses « , véritable figure de style soulignant le caractère immatériel du temps.

    Les heures mystérieuses. Un système de disque transparent ?
    Squelettage d’art

    Au fil des décennies les designs Cartier semblent avoir peu évolué mais à chaque itération les modèles iconiques se fondent dans les modes successives, sans rien perdre de leur identité. La Santos a toujours conservé sa lunette vissée tout comme la Ronde est fidèle depuis sa création à son classicisme atemporel. La maison sait aussi faire montre d’une belle maîtrise artisanale comme avec cette somptueuse Santos squelette :

    Le rôle prépondérant du quartz chez les horlogers bijoutiers

    Du point de vue d’un créateur de bijoux horloger, la facilité d’entretien et d’intégration font loi. Le quartz est par exemple très répandu chez Boucheron, Cartier et Chaumet pour ces deux raisons. Aussi bien chez les messieurs que chez les dames. La qualité du mouvement Quartz et l’innovation technologique ont, de plus, permis d’améliorer largement son autonomie. Une pile peut durer six ans grâce à l’optimisation du rendement énergétique. Mais c’est surtout la finesse et la petitesse des mouvements quartz qui expliquent sa place prépondérante. Chez Boucheron, le quartz est présent dans la plupart des modèles Reflet, excepté pour les modèles hommes taille large qui fonctionnent grâce à un mouvement automatique.

    SANTOS DUMONT Quartz

    Le quartz, si l’on suit les deux préceptes cités plus haut, est donc souvent conjugué au féminin en horlogerie bijouterie. Ces dames apprécient généralement la finesse autant que la facilité d’entretien. Finalement, quoi de plus logique que d’utiliser une pierre naturelle en joaillerie ? Cependant, le quartz ne permet pas tout, notamment à cause de la pile. On ne peut pas modifier sa forme comme on le fait avec un mouvement mécanique manuel, qu’on peut par exemple réduire à sa plus simple expression :

    Mouvement baguette Corum

    Vous trouverez ici la liste des mouvements Cartier, Ca vaut la peine d’y jeter un oeil.

    Chopard, l’art horloger

    On ne peut pas évoquer les bijoutiers horlogers sans parler de la magnifique maison Chopard. On lui doit l’usage original et particulier des diamants de la série Happy Sport, hélas majoritairement féminine. Sur ces modèles les pierres précieuses sont libres. elles bougent au gré de la gravité et des mouvements du porteur. Insérés entre deux verres saphir, quatre diamants glissent élégamment. Une idée simple et audacieuse qui ne choque pas sur un homme dans son format 36 mm :

    Chaumet et son impertinente Dandy

    Qui ne connait pas la Dandy ? Cette création porte d’ailleurs bien son nom. Élégante, avant-gardiste et subtilement impertinente, elle ose casser les codes de la symétrie. Les cadrans de ce modèle iconique sont effectivement traversés par une ligne qui court tout au long de la montre et finit sur le bracelet. L’asymétrie de la Dandy se conjugue donc au delà du boîtier, tant dans ses versions acier que cuir. 36 ou 40 mm, acier ou cuir, déclinée dans de nombreuses formes comme cette somptueuse Arty. Cette Chaumet séduit le monde depuis 2003 et restera dans les annales, j’en suis certain.

    Crédit : Montres de luxe
    Une ligne qui reprend le motif du cadran jusqu’au bracelet

    Boucheron et son Reflet

    Encore une fois, on remarquera que les bijoutiers savent habiller le simple et le rendre élégant. Le plus souvent grâce à un beau travail sur les boîtiers, d’ailleurs souvent rectangulaires. La montre ronde n’est pas toujours la norme, les formes longues évoquent davantage l’élégance, semblent nous dire les créateurs. Une autre caractéristique de cette Reflet : elle se porte sans boucle ardillon.

    La Reflet, or et acier
    Pas de boucle, une très belle idée qui permet de surcroit un changement de bracelet rapide.

    Décidément, le mouvement Art Déco nous aura offert un bon nombre des plus belles créations. La Reflet en est un bel exemple. Simple, racée, ses lignes godronnées sont exquises à mes yeux. Parfaitement unisexe, elle embellira les poignets de tous. Même si son design classique est un peu moins polyvalent que celui des modèles ci dessus.

    Seul le modèle large de la gamme est automatique mais c’est un détail. Quant au bracelet sans boucle, il est résolument moderne.

    Hermes

    En ce qui me concerne, la maison Hermès a créé la plus belle montre squelette. Et elle l’a fait dans un format réduit, ce qui est assez rare pour être signalé. Le verre semi teinté, le travail somptueux du mouvement, les index en italique et le boitier asymétrique sont autant de réussites sur cette superbe pièce. C’est hélas la seule de cet article que nous n’avons jamais portée, ni même vue physiquement.

    Très littérale, cette Heure H se décline en 25 et 34 mm, pour elle et lui. Une belle revisite thématique du boitier Tank et un beau travail sur la calligraphie comme à l’habitude chez Hermès.

    Bucherer et sa masse périphérique

    Une maison récemment rachetée par Rolex qui possède un très beau magasin à Paris. Du bijou aux vitrines horlogères, Bucherer propose de magnifiques créations. Je pense notamment à leur chronographe bi-compax grande date et à ses cadran fumés. Ainsi qu’à leurs modèles dotés d’une masse périphérique.

    Crédit Bucherer
    Crédit Bucherer, masse périphérique

    Bvlgari

    Depuis 1884, cette marque italienne crée des bijoux, des montres et des accessoires, à l’instar de Cartier. Leur expérience dans l’horlogerie est assez conséquente pour que L’Octo ait détenu le record de la montre la plus fine du monde pendant un moment.

    Crédit : Bvlgari
    Crédit : Bvlgari

    En conclusion

    J’aimerais dire que la montre est le bijou de l’homme, avec bien sur la chevalière et la gourmette. Mais bien souvent c’est le seul accessoire masculin. Les bijoutiers l’ont bien compris et si cette liste n’est pas exhaustive c’est parce qu’elle n’est constituée que des modèles que nous avons portés. Si seulement elle était plus longue…

  • Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Voici une marque que je connais bien. C’est d’ailleurs grâce au modele Historiador que je suis revenu dans l’univers des montres automatiques après quelques années d’infidélité. Pour la petite histoire, je cherchais une Rado Golden Horse mais en voyant le cadran rouge fumé et les cornes godron de cette cubaine, j’ai craqué. C’était ma première belle montre depuis la Cartier Tank de mes 18 ans, une quartz. C’est peut-être la raison pour laquelle j’associe ces deux marques anciennes et historiques.

    Cuervo est née en 1882, comme une simple bijouterie de La Havane qui a plus tard débuté la vente de montres. Elle fut reprise comme bon nombre de marques horlogères mais par le gouvernement cubain, qui la nationalisa suite à la révolution. Selon les propres dires de la maison, ce fût une période de déclin durant laquelle la production de montres militaires était l’activité principale. De 1965 à 1996 la marque redressa cependant la barre jusqu’à quasiment cesser son activité, hélas.

    2002, la renaissance Suisse

    La seconde naissance de Cuervo vit son héritage cubain placé au centre de sa politique esthétique, malgré une fabrication désormais Suisse. La valse des reprises, recréations, réinterprétations qui fait danser la majorité des marques débuta juste après, avec l’idée de conserver le style insulaire originel. Le mouvement CYS 4008 par exemple est un Landeron 248 restauré qui équipe ce modèle :

    L’histoire du Chrono Landeron CYS ici

    Forte de son expérience de bijoutier autant que de son esprit baroque et tropical, les clins d’œil de la maison Cuervo à l’histoire de l’île sont nombreux. Des cadrans aux couleurs caribéennes et aux noms exotiques évoquant la piraterie jusqu’à la forme godronnée des cornes, tous les modèles racontent l’histoire de Cuba.

    Un boîtier au style prononcé se décline justement sur pratiquement tout le catalogue. L’Historiador, L’Historiador Tradicion et la Flameante le reprennent dans des proportions légèrement différentes.

    Un des rares mouvements manuel de la marque, la Flameante

    Le modèle Flameante mérite qu’on s’y attarde. Tout d’abord c’est à ma connaissance le seul qui se remonte manuellement. C’est surtout celui qui propose le plus beau cadran, à mon goût. Guilloché en spirales complexes, il capte immédiatement l’attention. Le sous-cadran des petites secondes dénué de finitions n’en ressort que plus distinctement.

    La maison propose aussi des boitiers lingot et depuis peu des modèles féminins. Une de leurs dernières créations est fort jolie, il s’agit de La Robusto sans souci . Les Winston Churchill sont très belles également mais assez imposantes ( 43 mm ).

    Le style CYS est très reconnaissable, voici la majorité de leur catalogue en images :

    Les mouvements

    Cuervo travaille avec Sellita. Ce n’est ni assumé, ni dissimulé par la maison. Les dénominations des mouvements ressemblent à des références aux initiales de la marque ( CYS5159 par exemple ). Ce qui correspond à un SW 261. Les finitions sont propriétaires mais j’ignore si elles sont effectuées en interne. J’ignore également le grade utilisé, élaboré ou chrono probablement. Pour rappel, le grade correspond aux performances et au nombre de positions de réglages. En deux mots, à la précision. Nous ferons une revue d’un modèle CYS, probablement de la Flameante.

    Une marque connue et reconnue

    La maison CYS est historique, diffusée dans plusieurs pays et elle propose une très belle gamme ainsi que certains modèles exceptionnels, or et acier. De plus, on trouve des Cuervo vintage facilement. Tous ces critères en font pour moi une marque haut de gamme à part entière. Dommage que les mouvements propriétaires ne soient pas au cœur de leur politique. Mais Cuervo est loin d’être la seule à emboiter des montres. Au moins, cela favorise le rapport qualité prix global. Il n’en reste pas moins que c’est une belle maison avec une histoire riche. Il n’est pas exclu que nous fassions une revue sur la Flameante, une pièce au stylle néo baroque contemporain.

    En conclusion, je dirai que cette maison est trop peu connue par chez nous. La faute à une distribution nationale famélique. Si on se base sur le nombre d’annonces sur Crono24 pour déterminer la popularité d’une marque, Cuervo est très connue. J’en déduis que certains pays sont plus sensibles au design latin que d’autres.

    Cuervo en France

    Un documentaire sur la maison Cuervo
  • La Zénith Respirator, le bijou des sixties

    La Zénith Respirator, le bijou des sixties

    Parmi les plus beaux modèles dans l’univers des montres vintage, la Zénith Respirator est devenue une pièce fort appréciée. Elle mérite sa place au Panthéon des pépites classiques tant grâce à son look qu’à son prix relativement accessible. En version or, plaquée ou acier, la Respirator ne manque pas d’atouts. Tout d’abord, c’est une Zenith. Une maison moins connue du grand public que Rolex mais dont elle choisit le mouvement pour équiper ses premières Daytona automatiques. C’est une marque historique qui s’enorgueillit de proposer un des meilleurs mouvements haute fréquence jamais fabriqués : le El Primero. Ainsi que quelques modèles iconiques comme l’A3817 et la Defy. La Respirator en fait aussi partie. Elle a d’ailleurs été déclinée dans de très nombreuses variantes, des années 60 à sa réédition moderne. Un classique, vous dis-je. Mais pourquoi ?

    La pre-respirator, avant gardiste ?

    Si aujourd’hui ce modèle projette un charme désuet, je me demande si ce n’était pas l’inverse à l’époque. Son look respire les seventies alors qu’il est sorti bien avant Woodstock. Peut-on considérer la Respirator comme une montre en avance sur son temps ? Avec un design moderne pour l’époque ? Cela semble contradictoire aujourd’hui mais c’est totalement possible.

    Quoiqu’il en soit, l’histoire de ce modèle est riche. Elle eut un beau succès d’estime malgré des difficultés de fabrication, ce qui a encouragé la marque à capitaliser sur cette réussite. Au fil du temps, de nombreux cadrans virent le jour et chaque pays eut sa version. Le boîtier a d’ailleurs été repris et décliné par de nombreuses marques, je ne saurais pas vous dire qui le fit en premier mais peu importe. La forme rectangulaire, les cornes sous dimensionnées et la finesse sont probablement les premiers éléments qui expliquent le succès de ce design moderne.

    Typique au plus haut point de la fin des années 60, le boîtier de la Respirator est en quelque sorte une revisite du genre tank. Il s’en éloigne pourtant davantage qu’il s’en approche si on s’en tient à la stricte définition d’une tank : cornes épaisses et larges, format contenu, verre plat.

    En dehors du plexiglas, on ne trouve aucune rondeur sur cette montre. Les angles règnent en maître sur ce rectangle fin et racé dont l’élégance ne dédaigne pas la polyvalence. Ses dimensions n’ont guère évoluées à travers les époques et à l’exception des premières déclinaisons, le plus beau modèle reste pour moi l’original.

    Le calibre originel

    Fabriqués à l’origine par Martel, une des sociétés de la holding Zenith, ce sont les 2542 à 2572 qui sont installés, on les trouve en versions manuelles parmi les tous premieres pre-respirator puis en version auto comme celle que nous testons ici. On peut aussi trouver le classique 810 sur la Respirator.

    Le 2542PC vendu chez Chronoshop

    Le boîtier qui respire

    La caractéristique principale de cette montre et qui explique son nom vient de son fond de boîte « mobile » prévu pour garantir la meilleure étanchéité possible. En se comprimant au gré des variations de pression, vous l’aurez compris. Une idée simple et ingénieuse sur le papier mais nous savons que les changements d’états ou plutôt les variations dues aux différentes températures peuvent être la cause des défauts d’étanchéité ( usure prématurée du joint ). Cette idée de compression / décompression reste cependant valable pour les plongeuses, grâce à des matériaux plus résistants.

    Il faut cependant remettre cette innovation dans le contexte car nous étions au début de l’ère de la montre étanche. Jacques Cousteau était encore jeune !

    Notre version

    Notre Pre-respirator ( la mention n’est effectivement pas indiquée sur le cadran, d’où le préfixe ) est en or plein. Associée à un bracelet alligator burgundy brillant de très belle facture, il aura fallu plusieurs essais pour trouver la meilleure combinaison. Il me semble parfois que l’or du boitier est rose, surtout depuis l’installation de la nouvelle couronne, bien plus jaune si on y regarde bien. Nous avons également installé une boucle ardillon de la bonne époque pour compléter ce modèle acquis au rayon vintage de la boutique Joseph Bonnie :

    Mister President

    Le président Kennedy se vit attribué un modèle et si je ne dis pas de bêtise, sa version était à remontage manuel. Cela a bien sûr grandement contribué à la popularité de la JFK. Mais ce président a porté plusieurs marques dont Cartier, Rolex ,Nastrix, Bulova et Omega, vous trouverez sur ce site plusieurs informations à ce sujet. On est cependant encore loin du succès de la maison Vulcain choisie par non moins de quatre présidents. Une revue de la Cricket est d’ailleurs au programme, ici et bientôt.

    Watchprosite

    Le cadran

    Le cadran fut conjugué à tous les temps. De la version minimaliste, avec ou sans index numérotés, au décor héliocentrique fort réussi d’ailleurs. Mais lle plus commun est celui aux index bâtons fins.

    Le cadran héliocentrique, modèle A7617

    La date à 16h

    L’emplacement de la date est caractéristique de la maison Zenith. Original, élégant, asymétrique, j’adore. On retrouve encore cette signature sur le catalogue actuel.

    Le bracelet NSA

    On peut le trouver aujourd’hui encore, signé ou non. Il habille très bien la Respirator mais comme tous les bracelets acier, il édulcore un peu la forme du boîtier. C’est précisément ce que recherchent les amateurs du genre me direz-vous Et vous aurez raison. En tant que propriétaire de la version or plein testée ici, j’ai voulu tester un authentique NSA mais la classe d’une belle peausserie lui sied mieux à mon goût. À noter que ce bracelet existe en 18 mm également alors que c’est le 20 mm qu’il faut installer sur la Respirator.

    Existe aussi en acier
    Une version sept maillons

    J’ai finalement déniché cette version sur Leboncoin à un tarif raisonnable, en 20 mm ( pièces de bout ). Voici le résultat, follement seventies.

    Le prix de l’époque

    Il est très difficile d’estimer le prix de ce modèle à sa sortie mais j’ai effectué quelques recherches et on peut parier sur l’équivalent d’un millier de nos euros, à l’époque. Je n’en sais pas plus. Voici un indice :

    L’inévitable revival

    La Respirator n’y aura pas échappé, à l’instar de la Defy, de l’A3817 et de bien d’autres, elle s’est vue ressuscitée. Pourvue du calibre Elite, anachronique pour le coup, ce modèle revival baptisé 1965 ( Ref : 65.1965.670/01.C506 ) n’apporte rien d’autre qu’un nouveau mouvement et un fond transparent. Produit en très petite quantité, Zénith aurait pu s’abstenir sur ce coup. Ou proposer une variation plus engagée. Ca reste une montre magnifique qu’on ne se refuserait pas, à dix fois le prix de l’originale cependant. Un détail.

    Au quotidien

    Lisibilité, praticité, personnalisation, je vous le rappelle, sont les trois critères retenus pour nos revues.

    Quelques défauts sont à noter sur ce modèle, rien n’est jamais parfait. Le premier, c’est celui de la lisibilité. Aiguilles fines, d’une couleur proche de celle du cadran, pas de radium ni de super lunilova ( je sais.. mais c’est plus joli que luminova )… Rien donc pour améliorer la lecture nocturne.

    La couronne n’est pas des plus pratique pour le remontage mais quelques tours suffisent pour la lancer, ce qui relativise cet inconvénient. Un système de changement rapide de date est présent, il suffit de reculer jusqu’à 6 heures puis d’avancer jusqu’après 12 heures et la date change immédiatement.

    Enfin, le bracelet NSA possède les défauts de ses qualités : il est sécurisant mais peu pratique à fermer. Et l’alligator que j’ai choisi au terme d’une longue sélection lui va comme un gant.

    Pendant la 1ere année, une de roues s’est cassée mais la réparation fut rapide et couverte par la garantie de Joseph Bonnie. Difficile de reprocher à notre grand mère d’avoir les os fragiles après 60 ans. Aucune de ces imperfections ne gâchera votre plaisir, croyez moi. La Respirator a tellement de caractère qu’il est difficile de s’en lasser. À l’aise en jean et bras de chemise, elle ajoutera pourtant une classe folle à vos plus belles tenues.

    Si vous avez la chance d’en acquérir une, ne négligez pas les versions acier.

    Bonus : J’ai demandé à l IA…

    L’intelligence artificielle est un outil qui me sert a retrouver des modèles de montres que je ne connais pas et c’est assez efficace. Cela m’a poussé à interroger Gemini ( en mode échange oral ) : Peux-tu expliquer le succès de la JFK ? lui demandais-je. Voici la réponse :

    La Zenith Respirator a plusieurs raisons d’être populaire. D’abord, son design unique et un peu rétro plaît beaucoup. Ensuite, elle est associée à une période emblématique, les années 60, ce qui ajoute du charme. Et puis, le fait qu’elle ait été portée par une personnalité aussi connue que le président Kennedy a renforcé son aura de montre mythique.

    Cette réponse bateau est pour le moins exacte et souligne le fait que ce modèle Zénith est assez connu pour que la plus généraliste des IA la connaisse. C’est presque intéressant.

    Galerie

  • Présentation rapide de Twistheure

    Présentation rapide de Twistheure

    Partager sa passion est une démarche sincère et authentique qui a l’avantage de transformer le travail en plaisir et de faciliter les belles rencontres. Chez nous, la passion est à lire et à regarder via nos articles et nos photos. Elles sont autant de fenêtres vers l’univers si riche de l’horlogerie.

    C’est avec un grand plaisir que nous vous accueillons sur notre site dédié aux belles montres d’hier et d’aujourd’hui. Dénicher des pépites d’horlogers créateurs, tester les montres de grandes maisons comme les classiques vintage, c’est notre bonheur.

    C’est pourquoi nous testons uniquement ce que nous portons. Sans bien sûr nous fermer aux news que nous envoient les grandes maisons. Car chaque montre est une expérience et une opportunité de partage avec vous.

    Pourquoi pas vous ?

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  • Quelle taille de montre choisir ?

    Quelle taille de montre choisir ?

    Voici un sujet apparemment anodin mais qui interroge beaucoup. Les primo-acquérants de montres par exemple. Mais il fait également couler de l’encre chez les amateurs : petit poignet, petite montre ? Petite montre, montre de femme ? Il est temps de dépoussiérer les présupposés et par là même d’aider les nouveaux qui hésitent devant la variété de tailles des montres.

    L’évolution des goûts

    Au tout début des montres-bracelets ( 1915 environ ), les hommes portaient des tailles très contenues. 32 mm par exemple était quasiment un standard. Au fur et à mesure des années les diamètres ont augmenté jusqu’à 35 mm vers 1950 puis jusqu’à 38 mm avec les modèles jumbo, autour de 1960. Le dernier tiers du siècle a vu apparaître les premières 40 mm. Enfin, vers 2000, 42 mm est devenu la norme, que certaines maisons ont largement dépassée ( 45 mm ).

    Selection Joseph Bonnie

    On peut donc dire que plus les montres sont anciennes, plus elles sont petites. En résumé, les traditionalistes amateurs de vintage ne jurent que par les petites tailles alors que les contemporains apprécient les grands diamètres. Ce qui est grand ou petit s’apprécie selon l’époque, c’est indéniable en matière d’horlogerie. Sauf que les petites tailles reviennent fort.

    Aujourd’hui

    Généralement, on qualifiera de petite une montre dont le diamètre est inférieur à 36 mm. Voire 35. Les grandes tailles de situent, elles, à partir de 39 ou 40 mm. Entre ces deux dimensions, c’est à la discrétion de chacun. 41 mm sera considéré comme grand ou moyen selon les goûts, tout le problème est là. Les 43 mm sont considérées grandes par tout le monde, c’est déjà ça.

    BB 43 mm, Crédit : Tudor

    La taille et le genre

    Nous avons vu plus haut que dans le temps jadis les montres se portaient beaucoup plus petites qu’aujourd’hui. Les hommes possédaient des modèles entre 32 et 36 mm, une taille plébiscitée par ces dames de nos jours et que beaucoup d’hommes se refusent à porter.

    Ça se complique davantage encore car ces dames apprécient parfois de porter des modèles masculins . Ce qui, je dois bien l’avouer, est assez joli :

    Selection de M Tissier ( Rolex 41 mm )

    À notre époque la norme masculine se situe effectivement au dessus des 40 mm et ce dans tous les segments de marché. Quand je parle de norme, je ne fais que constater que la majorité des montres masculines vendues sont autour de 40 mm, bien qu’on remarque une légère tendance au retour des 38, 37 et 36 mm.

    Alors comment choisir ?

    C’est bien simple, il faut vous affranchir des modes, tendances et conseils. Même des miens d’ailleurs. Il n’y a que trois règles à respecter :

    • Pas de montre dont les cornes frôlent la largeur de votre poignet. Non.
    • On essaie avant d’acheter et on se sert d’un miroir. Il faut voir plutôt que se voir.
    • La montre doit vous plaire même si sa taille vous parait inadéquate de prime abord. II faut s’habituer.

    Tout le reste importe peu. La pièce doit vous séduire en premier lieu. D’autant plus que la perception de la taille d’une montre est conditionnée par l’épaisseur de la lunette, la couleur du cadran et la forme du boîtier. Certaines 41 mm peuvent ainsi paraître plus petites que des 39 mm. Les dimensions corne à corne par exemple sont à prendre en considération.

    Personnellement, je trouve que la règle d’or est transgressée ici. D’autres aimeront.

    Exemples

    Voici quatre exemples de montres de tailles différentes dont les lunettes sont d’épaisseurs diverses. Respectivement une Tag Heur 37 mm, une Riviera Baume & Mercier 39 mm et une Tudor 42 mm, suivie d’une Zenith Elite de 40.5 mm. Je vous concède que les photos ne sont pas le meilleur moyen d’illustrer mes propos puisqu’elles sont toutes en gros plan. Vous conviendrez certainement que celle qui paraît la plus grande est la Zenith, alors que ce n’est pas le cas.

    Photo F.Giacomaggi
    Photo F.Giacomaggi
    Photo F.Giacomaggi
    Photo F.Giacomaggi

    Vous constaterez que la Tudor 42 mm ne parait pas beaucoup plus grosse que la Zenith 40.5 mm, pourtant plus compacte. Quant à la Baume & Mercier, elle semble un peu large à peine plus que la Tag Heuer qui est une 37 mm. Tout ceci s’explique, en partie, par l’épaisseur des lunettes de ces modèles. La couleur des cadrans étant un autre facteur de perception, les tons clairs agrandissent alors que les foncés rapetissent.

    La Runabout de Frédérique Constant, 36 ou 42 mm

    Pour conclure notre réflexion, choisissons un modèle unisexe qui se décline en deux tailles. Hélas, nous n’avons pas ce genre de pièce à la rédaction. Cela ne desservira cependant pas notre propos.

    La Runabout est l’exemple parfait, elle illustre le retour aux tailles modestes et sa version 42 mm correspondante plaira tout autant que la 36. On pourrait penser qu’il s’agit de modèles masculins et féminins mais il n’en est rien. Les marques horlogères tendent justement à ne plus distinguer les univers par genre sur cet unique critère. Personnellement, si je choisissais entre ces deux tailles la petite me conviendrait mieux. Il y a deux ans de cela , j’aurais pourtant choisi la 42. Mais j’aurai pris soin dans les deux cas d’essayer avant de trancher. C’est à ce point précis que je désirais aboutir. Les goûts passent avant la taille.

    Une femme et un homme portant une 36 mm :

    Crédit : Frederique Constant
    Crédit : Frederique Constant

    Et la taille du poignet ?

    Vous remarquerez que nous n’avons pas encore évoqué le sujet des mensurations alors que nous parlons de tailles de montres. C’est volontaire. En moyenne, le poignet masculin mesure 15 à 19 cm tandis que l’on compte de 14 à 18cm pour les femmes.

    Si les petits poignets masculins doivent éviter les énormes 47 mm, les plus imposants ne porteront logiquement pas de très petits diamètres, c’est exact. Mais ce qui est valable pour ces messieurs ne l’est pas pour ces dames. C’est bien la preuve que tout est relatif et subjectif. Plus simplement, un petit poignet peut porter grand mais il faut malgré cela tenir compte de sa taille.

    Vous aurez compris que la taille d’une montre dépend des goûts collectifs et personnels. En dehors des écueils mentionnés plus haut ( montre plus grosse que la largeur de votre poignet ou si petite que le message sera troublé ), votre appréciation sera le facteur majeur de votre choix horloger.

    Et l’épaisseur ?

    Les garde-temps les plus fins mesurent autour de 6, voire 7 mm. Tandis que les plus épais peuvent dépasser 15 mm. Généralement la finesse exprime l’élégance, c’est pourquoi les montres habillées sont fines. Les chronographes sont habituellement plus épais mais ils peuvent aussi dégager une classe folle. On vulgarisera cette observation en affirmant que l’épaisseur est liée aux complications même si, comme toujours, il existe des exceptions. Cependant, on choisit rarement une montre en fonction de son épaisseur.

    En résumé

    On voit des femmes avec d’imposantes Submariner au poignet et des hommes avec de magnifiques petites Piaget vintage. Ces dames sont belles et ces messieurs sont élégants. On constate cependant que les femmes se laissent plus facilement convaincre que les messieurs lorsqu’on en vient à la taille ( des boitiers ). Mais en ce qui me concerne, j’imagine bien une Breguet Classic 31 mm comme celle ci à mon poignet :

    Crédit : BOTTAZZI Jean-Marc

    Les très petites et très grandes montres

    Bien sûr, il existe pléthore d’exemples qui infirmeront ou confirmeront mes propos. On trouve des Panerai de 45 mm, parfois plus encore, qui sont magnifiquement portées. Alors que certains petits chronographes vintage dégagent une présence folle.

    Zenith Pilote, Crédit : Lepage

    Conclusion

    Choisissez votre future pièce avec vos yeux et votre cœur, rangez votre pied à coulisse et surtout, comme je le répète souvent, essayez vos montres. Cela peut sembler être un maigre conseil, c’est pourtant le seul à suivre absolument. Quant à ces dames, elles ont le privilège de pouvoir tout porter. De la Rolex Submariner 41 mm à la Panthère Cartier, tout leur va.