Twistheure.com

Le temps passionnant

Étiquette : pepites horlogerie

  • La Longines Record Héritage, le chronographe d’or et de jais

    La Longines Record Héritage, le chronographe d’or et de jais

    Le chronographe est un classique de l’horlogerie car il est élégant, polyvalent et fonctionnel. Son design est profondément gravé dans notre inconscient, au point que n’importe qui pourrait le décrire succinctement. Longines est une maison qui possède à son actif plusieurs modèles iconiques, comme la Flagship, la Dolce Vita, la Conquest ou encore la fabuleuse Heritage à réserve de marche centrale. La liste est encore longue et inclut bien sûr plusieurs chronos comme celui que nous avons testé : la Record Héritage, une magnifique pièce horlogère dont on entend trop peu parler. Son cadran noir profond et ses index dorés minimalistes sont un régal pour les yeux. Longines est décidément une belle maison classique, élégante et sans erreur de parcours.

    Un boîtier classique

    Le boîtier mesure 40 mm hors couronne, une taille qui convient à presque tous les poignets. La lunette au fini brillant, non graduée, habille joliment le cadran noir profond. Les flancs sont brossés et contrastent avec le corps du boîtier, lui aussi brillant. Les cornes sont également en partie mates et au fini poli miroir. Toute la montre est conçue en fonction de cette alternance, même la couronne.

    vue de trois quart de la record heritage
    la couronne mate et brillante en gtros plan

    La distance de corne à corne est de 49.60 mm. L’espacement est de 20 mm et le poids de 90 grammes. L’épaisseur de 14,5 mm est classique pour un chrono. Les boutons poussoirs rectangulaires apportent un air moderne davantage grâce à leur taille surdimensionnée qu’à leur forme qui équipait déjà les chronos d’antan.
    Le saphir est bombé juste comme il faut, il bénéficie d’un traitement anti-reflet interne et externe très efficace. Idem pour le fond saphir.

    vu sur le L8905.4
    Le fond saphir

    La Record est un chronographe distingué mais polyvalent. Bien plus intéressant dans sa version cuir qu’avec le bracelet acier, même si ce dernier est intrinsèquement assez réussi. C’est une affaire de goût, évidemment, mais le côté vintage des chronographes correspond mieux à la noblesse artisanale du cuir. D’autant plus que la maison suisse a poussé le concept esthétique assez loin, peut-être un peu trop loin d’ailleurs, puisque la Record est une montre de jour. J’entends par là que son cadran sombre et ses aiguilles très fines n’améliorent pas la lecture de l’heure en conditions de basse lumière. Ce qui est plutôt paradoxal puisque le but à l’origine était justement d’améliorer la lisibilité.

    longines record heritage sur acier
    longines record heritage sur cuir

    Un cadran joliment habillé

    Le duo noir et doré est un grand classique, c’est presque une obligation pour une maison horlogère de proposer un ou plusieurs modèles ainsi colorés. Le contraste entre les deux teintes rehausse élégamment les détails des index et en souligne la finesse. Ce type de cadran se désigne par le terme : « Gilt ».

    cadran longines record héritage

    Mais pas exempt de défaut

    C’est indéniable, le chronographe Record est peu lisible par conditions nocturnes. L’absence de luminova sur les index et les aiguilles particulièrement fines expliquent en grande partie ce défaut. En été, c’est moins grave, mais en hiver vous devrez sortir le smartphone. Cela reste une appréciation personnelle et l’hiver est déjà loin, il faudrait essayer à nouveau en soirée, mais sans aucune source de lumière il est impossible de lire l’heure puisque le principe, si j’ai bien compris, était de faire se refléter les sources lumineuses via la brillance du doré. Le choix de cette combinaison claire obscure est de toute façon assumé par la maison et ses origines historiques jouent un rôle évident dans son utilisation. À noter l’étanchéité de seulement 30 mètres.

    L’histoire du duo noir et doré, le guilt dial

    Ce sont les militaires qui ont fait ce choix en premier,mais l’esthétique n’était pas le but, c’était la lisibilité qui était recherchée. Le laiton du cadran était peint en noir et les index révélaient le métal doré. Plus tard, la laque et des encres transparentes ainsi qu’un placage en or du laiton ont permis des résultats encore plus saisissants, notamment chez Rolex.

    cadran gilt a langhe & sohne
    Crédit : Chrono 24

    Les origines, la marque Record Watch Co

    Avant de devenir une collection chez Longines, Record Watch Co proposait ses propres produits dont la Sector Watch, une montre de poche à la forme si particulière et au mouvement rétrograde dont la production était plutôt complexe. Elle ressemblait à un coquillage et semblait ergonomique à souhait.

    la sector watch, mouvement retrograde
    Crédit : Sotheby’s

    Cette manufacture Record Watch Co aura produit sous plusieurs marques dont Odar et Bolide, mais Longines, cherchant à augmenter sa productivité, en a fait une filiale et absorbé le savoir-faire. C’était la naissance de la bannière Longines Record.

    affiche de l ancienne marque record watch co

    Le mouvement Longines L895.4, un ETA exclusif

    Au sens strict du terme, le L895.4 n’est pas manufacture. Mais ce n’est pas non plus un mouvement de série puisqu’il a été développé par ETA pour Longines sur la base d’un 2892. C’est donc un mouvement dit  » exclusif  » certifié Cosc. La référence exacte est A31.L01. La parenté dans le groupe Swatch facilite évidemment ce genre de coopération mais il fut une époque où Longines créait elle-même des calibres comme le 13ZN chronographe ou l’extra-plat L990.
    La crise du quartz et la logique de groupe industriel ont eut raison de cette période de gloire.

    mouvement mythique longines 13ZN
    Le mythique 13ZN, crédit : Joseph Watches
    l990 mouvement manufacture extra plat des années 60
    Le L990, Crédit : https://oldswisswatches.com/

    Le L895.4 est donc un mouvement exclusif aux performances intéressantes. Certifié Cosc, spiral en silicium anti magnétique et réserve de marche de 70 heures, il tiendra tête à la meilleure concurrence.
    La politique tarifaire de Longines reflète d’ailleurs bien l’utilisation de calibres externalisés puisque la moyenne des prix chez Longines, hors modèles en or, avoisine les 3000 euros. C’était justement le prix de la Record Héritage : 3100 Euros.

    Le L894.5 longines en gros plan

    Au quotidien

    C’est bien sûr un plaisir de porter ce garde-temps élégant et sportif. La fonction chrono ne gâche rien et vous ferez attention à l’utiliser régulièrement afin de conserver le mécanisme en bon état. Mon petit plaisir est de coordonner la trotteuse avec les petites secondes, soit dans son prolongement axial, soit perpendiculairement. Attendez par exemple que les petites secondes arrivent à zéro et lancez la trotteuse du chrono. Il n’y a plus qu’à se laisser hypnotiser par le manège des aiguilles ( voir plus bas ).

    J’ai changé le bracelet pour cette version nubuck qui est davantage dans l’esprit neo-vintage. Le bracelet d’origine est un tantinet trop classique, celui ci reprend les couleurs du cadran sur la tranche et via deux points de couture.

    gros plan du bracelet Nubuck caramel
    Bracelet Nubuck

    Ce modèle porte un intérêt historique puisqu’il est issu de l’acquisition de Record Watch Co par la maison Longines. Il intègre l’esthétique classique contemporaine et un calibre assez typiques de la marque. Pas aussi connu que les Conquest ou Hydroconquest mais indéniablement proche de la collection Héritage, cette Record Chronograph Cosc est bien cachée dans l’onglet Elegance du site.

    Son seul défaut est le manque de lisibilité mais il n’est pas rédhibitoire, largement compensé par la beauté de cette pièce, la qualité du calibre et le rapport qualité prix toujours bon chez Longines. Encore une belle montre, à garder une vie entière et à transmettre.

    GALERIE

    gros plan sur le cadran noir de jais
    Photo : twistheure
    Record chrono au porté
    gros plan sur le cadran noir de jais
  • YEMA rejoint le club

    YEMA rejoint le club

    Les montres que vous trouverez sur Twistheure sont toutes magnifiques, jusque là rien d’extraordinaire. Mais elles sont aussi quasiment toutes animées par des calibres manufacturés, au vrai sens du terme. Étant donné que la mention « manufacture » est soumise à peu de contraintes dans son utilisation, on la trouve à toutes les sauces. Yema l’a pourtant bien méritée, puisque la maison a développé son propre mouvement, dans trois déclinaisons qui plus est.

    le fond transparent laissant apercevoir le CMM.29
    Le CMM.29 micro rotor, crédit YEMA

    Pourquoi réinventer la roue ?

    Développer son propre mouvement est coûteux en trésorerie et en formation, sans parler de la recherche et développement qui est un département très onéreux. De plus, le principe de fonctionnement d’une montre mécanique est le même depuis belle lurette ( énergie et régulation ), il ne changera pas de sitôt. Les avantages de créer son propre mouvement sont cependant très nombreux ; on peut décider de sa politique industrielle et économique et créer ses complications, se diriger vers la finesse, la performance, l’augmentation de la réserve de marche… L’investissement en vaut donc la peine.

    yema granvelle renaissance vue de coté
    La finesse du CMM permet d’atteindre 8.5 mm d’épaisseur finale, crédit YEMA

    Le statut de manufacturier

    Les amateurs de beaux garde-temps savent très bien quelles maisons emboîtent des Eta ou des Sellita, se servent d’ébauches exclusives ou emploient des contractants externes. Au moment de l’achat, ils privilégient les calibres de manufactures. Bien sûr, le prix est plus élevé, mais ne vaut-il mieux pas payer trop cher un mouvement créé en interne plutôt qu’un mouvement de série, même excellent ? Car un Sellita en version chronomètre certifié Cosc ne coûtera pas plus de 400 euros, selon bien sûr la quantité achetée, la finition etc… Or, on voit bien des maisons vendre des montres emboitées au delà de 5000 euros sur la seule base de leur réputation alors que des marques moins prestigieuses utilisent le même calibre dans un produit bien moins qualitatif. Et ça, le client averti le sait. Yema est donc bien très bien placé avec son mouvement CMM ( non certifié Cosc mais dont les performances avoisinent les normes )qui coute 2500 euros seulement.

    J’utilise souvent la métaphore des constructeurs et de la compétition automobile pour décoder l’industrie horlogère. Les marques auto partent d’un moteur de série et le modifient pour en améliorer les performances, mais il arrive qu’elles le conçoivent intégralement. C’est un peu plus classe et bien plus efficace. C’est pareil avec Omega et ses calibres 1120 ou 2500 ( premières générations )qui modifiait en profondeur des ETA en ajoutant la technologie co-axiale, entre autres innovations.

    L’indépendance créative et économique

    Une maison qui fabrique des pièces est indépendante des augmentations de tarifs des fabricants d’ébauches ( bases de mouvements achetées sur lesquelles on applique des modules pré fabriqués ou développés ). Elle peut concevoir ses propres complications en s’affranchissant des conceptions modulaires rendues obligatoires par l’utilisation d’ébauches, mieux gérer le SAV et, si elle fabrique toute la montre en interne, éviter les hausses de prix relatives à tous ses fournisseurs. Qui dit maîtrise des coûts, dit maîtrise du prix de vente… Enfin, le contrôle qualité ne peut qu’être meilleur, ce qui aura une conséquence sur le nombre de retours.

    Une fois le coût initial du développement absorbé, les marges deviennent meilleures et la maison horlogère n’a plus qu’à profiter de nombreuses années économiquement avantageuses. Et à améliorer encore son calibre manufacture.

    Le CMM.29, des performances de chronomètre et un design industriel assumé

    On maîtrise mieux ce qu’on a créé soi-même. Le CMM.29, qui est une version du CMM.20 micro-rotor, propose une réserve de marche et une précision dignes de son rang :

    specs du mouvement CMM.29 moins trois plus sept secondes par jour
    specs du mouvement CMM.29  70 heures de réserve de marche

    On aime ou pas mais le travail de décoration et le design du CMM sont éloignés de ceux de l’horlogerie classique. Personnellement, j’aime le style industriel que YEMA a choisi même si j’apprécie également les côtes de Genève. Je suis sensible à la modernité, du moins à celle de YEMA dont l’image de marque est plus contemporaine que traditionnelle.

    calibre manufacture yema CMM.10 AUTO
    CMM.10
    calibre manufacture yema CMM.20 AUTO MICRO ROTOR
    CMM.20
    calibre manufacture yema CMM.30 MECA
    CMM.30

    La Granvelle Renaissance

    La Granvelle est sortie il y a un moment déjà, mais la Renaissance est une nouvelle édition. Si elles partagent le même mouvement, la Renaissance est plus petite en taille. 37,5 mm contre 39 mm. C’est une différence importante car les boitiers coussins paraissent plus imposants que les boitiers ronds. Pour information, la Monaco trois aiguilles de Tag Heuer mesure 39 mm et la Chaumet Dandy est plus proche des 36 mm. Cela devrait vous aider à appréhender les dimensions.

    la granvelle yema 39 mm de 2025
    39 mm , crédit : YEMA
    la yema granvelle renaissance 37.5 mm de 2026
    37.5 mm , crédit : YEMA

    Plus petit, plus joli ? La discrétion étant un des principes de l’élégance, j’ai tendance à penser qu’il faut éviter les montres trop imposantes, mais c’est une affaire de goût. Il n’empêche que le retour en taille de l’industrie horlogère est de plus en plus perceptible. Ici on a le choix, car un écart de 1.5 mm entre deux boitiers identiques, c’est beaucoup. Notons que la finesse de la Granvelle Renaissance apporte une vraie valeur ajoutée en termes d’élégance. 8.5 mm, c’est fin, et ce résultat n’aurait pas été obtenu sans un mouvement micro-rotor dont la masse s’intègre dans l’épaisseur du calibre. La seule autre façon de l’atteindre eut été d’utiliser une montre mécanique à remontage manuel.

    cadran en gros plan de la yema granvelle renaissance saumon
    Crédit : YEMA

    Un cadran sur quatre niveaux

    Vous remarquerez sur l’image qui suit que le chemin de fer surplombe le devers sur lequel sont apposés les index et qu’il est lui même plus haut que le centre du cadran. Ce dernier est également surélevé par rapport au sous cadran des petites secondes. Le tout donne un effet de profondeur et de relief.

    le cadran et ses 4 niveaux de profondeur
    Crédit : YEMA

    D’élégance ,cette montre ne manque pas. Habillée mais polyvalente, le travail du cadran est riche et les petites secondes à 21 heures sont peu courantes. Cette Granvelle Renaissance se portera facilement. Les couleurs bleu, saumon et noir proposées se coordonnent aisément avec les habits de tous les jours. YEMA a produit une très belle pièce avec un beau mouvement et qui vient enrichir un catalogue de plus en plus habillé. La Urban Traveller, par exemple, suit la même philosophie.

    Reste à passer l’épreuve du temps et à éprouver la fiabilité des différentes déclinaisons de CMM qui ont permis à la maison d’entrer dans le club des manufacturiers.

    les trois couleurs de la yema granvelle renaissance bleu , saumon et noir
    yema granvelle renaissance vue de trois quart, saumon
    Crédit : YEMA
    la granvelle renaissance au porté
  • L’histoire de la masse périphérique

    L’histoire de la masse périphérique

    Assez tôt dans l’histoire de l’horlogerie, une autre solution que la masse oscillante centrale, située au dessus du mouvement, a été recherchée. Plusieurs techniques ont été éprouvées, avec plus ou moins de succès, la plus répandue étant le micro-rotor qui permet une meilleure finesse. La position centrale habituelle de la masse engendre effectivement une épaisseur supplémentaire, j’imagine que c’est la raison principale à la volonté d’intégrer la masse autrement. On peut aussi penser à une raison esthétique car la masse centrale classique cache partiellement la vue dégagée sur le calibre dont on profite sur un mouvement mécanique à remontage manuel.

    Le concept et les raisons de l’échec à l’époque

    Dans les années 50, un horloger italien a imaginé une masse circulaire segmentaire glissant tout autour du calibre entraînant ainsi trois pignons engrenant le remontage. Mais sans réussir à appliquer son idée. Plusieurs raisons ont empêché l inventeur, Paul Gostelli, de la concrétiser.

    • Des éléments critiques bloquaient le passage du segment dont la couronne et sa tige. C’était l’obstacle majeur.
    • Le problème de la friction. Saviez vous qu’en reliant deux dictionnaires ensemble et en intercalant une page l’une dans l’autre, il faut la force de deux chars modernes pour les dissocier ? La force de friction les maintient fermement à elle seule.
      Même en lubrifiant le segment de masse, la friction était trop importante, sans compter la résistance des galets et des roulements entraînés. De plus, les huiles de l’époque étaient encore d’origine animales. Aujourd’hui, un horloger n’utilise pas une seule huile, mais généralement 3 à 4 lubrifiants différents qui sont bien plus fluides.
    • La fragilité du système. La force centrifuge exercée sur les petites pièces mobiles par les chocs et les mouvements humains est bien plus grande qu’on ne l’imagine. Il faut penser en termes de proportions; une voiture radiocommandée au 1/32e qui file a 30 km /h correspond à 960 km/heure ( si on se miniaturisait nous-même au 1/32 e ) ou à 170 km/h en termes de lois physiques pures. Tout ça pour dire que les forces rencontrées par une masse sont d’autant importantes quelle est petite.
    • Pas de système d’amortissement. Nous verrons plus bas que la technologie moderne permet aujourd’hui ce qui n’était pas possible à l époque : consolider le mécanisme en réduisant les forces.
    • L’absence de CAO ( conception assistée par ordinateur ). Elle a servi a effectuer des calculs micromécaniques indispensables pour le passage de la masse. Sans cet outil c’était un challenge impossible.

    Toutes ces contraintes et difficultés techniques ne permettaient pas à l’époque de réaliser le mouvement à masse périphérique.

    Voici le brevet paru dans les années 50 :

    Brevet otiginal de l inventeur paul gostelli

    La première tentative de Patek : le calibre 350

    En 1970 environ, la manufacture Patek a tenté l’aventure de la masse périphérique mais ce fut un demi-échec. Sa solution pour éviter la tige de remontoir fut de créer un mouvement remonté par le fond de boite. Le brevet date de 1965, il décrit une couronne à plat dans lequel la tige de couronne est remplacée par un disque.

    Le rotor est fixé sur un anneau interne denté qui entoure le mouvement, guidé par des galets minuscules. Il entraîne les rouages du remontoir situés sur l’extérieur de la platine. À noter que la masse était en or pour une question de poids et d’efficacité. Mais le système était fragile et les pannes nombreuses.

    brevet du calibre Patek 350
    Le brevet

    Deuxième tentative, pas mieux

    Hélas, la fiabilité du 350 n’était pas au rendez-vous. La couronne à plat sur le fond de boite était trop près de la peau du porteur, la transpiration oxydait le mécanisme. Et le rendement était trop faible en cas d’activité trop peu soutenue, la montre s’arrêtait alors, à l’instar du calibre à glissière Pierce 861.

    le patek 350 à masse peripherique
    Le 350, crédit Orologico

    Patek revit donc sa copie en 1974 avec le I-350 ( I pour inversé ) en modifiant le sens du rotor périphérique, ce qui améliora effectivement le rendement mais les huiles trop épaisses, la fragilité du calibre et de l’alignement de la masse en cas de choc ont provoqué des pannes toujours en trop grande nombre. Patek a connu son plus rude échec. Aujourd’hui les 350 et I-350 sont extrêmement recherchés par les collectionneurs.

    Le 350 I, crédit : Watch Guy
    vue eclatée du calibre patek 350
    vue eclatée du calibre patek 350

    La masse périphérique, le chef d’œuvre de Bucherer

    C’est Carl F Bucherer qui a réellement maitrisé cette technologie, en 2008. Il a fallu de nouveaux matériaux comme des roulements à billes ultra-fins en céramique et du tungstène pour permettre à la masse de glisser correctement et d’entrainer le mécanisme de remontage. Bucherer a également incorporé une « suspension » sur chacun des trois roulements afin de limiter les chocs.

    Description de l'amortisseur du roulement céramique

    J’ignore comment le ressort est remonté par le déplacement circulaire de la masse mais si je devais parier, je dirais que les trois roulements qui sont entrainés par la masse remontent en même temps le ressort.

    manero peripheral date
    Manero Peripheral date, crédit Carl F bucherer

    Carl F Bucherer a ainsi conçu ses mouvements les plus élaborés en interne : le CFB A1000, CFB A2000, le Tourbillon CFB T3000 ou le Répétition Minutes CFB MR3000, et ils fonctionnent tous via une masse oscillante périphérique. Perrelet a également connu le succès mais via une approche différente puisque la masse est placée au niveau du cadran autour duquel elle tourne ( collection Lab Peripheral ).

    perrelet et sa masse peripherique qu on apercoit autour du cadran
    La masse est striée sur la photo, entre 15 h et 21 h

    Le doublé ?

    Le concept est exploité encore plus loin avec cet incroyable mouvement : le CFB T3000. Trois roulements microscopiques guident le tourbillon à l’intérieur de la cage qui n’est ni fixée sur la platine, ni suspendue à un pont. Elle est maintenue par la périphérie, d’où le nom : Double Peripheral. C’est de la haute horlogerie. La vidéo ci-dessous illustre le système.

    Il aura fallu attendre plus de cinquante ans pour que la technologie permette la réalisation d’une idée de 1955. Micro ingénierie, conception assistée par ordinateur et huiles synthétiques furent les piliers de cette réussite horlogère. Aujourd’hui Rolex possède la maison Bucherer. Espérons qu’elle sera ainsi plus amplement reconnue en tant qu’horlogerie de haute volée, dont les garde -temps somptueux méritent l’admiration des amateurs.

    Manero perpetual date
    Manero perpetual date , dos
    Manero Peripheral double Date

  • La Tudor BB58 autrement

    La Tudor BB58 autrement

    La Black Bay est un classique horloger, autant pour son design que pour son excellent calibre Kenissi, toujours très bien réglé. Je remarque cependant que la version sur acier est la plus largement répandue, on voit très peu de BB sur cuir. C’est peut-être la faute au système de pompes trop peu pratique pour que chacun puisse changer de bracelet facilement mais je pense plutôt que le bracelet acier riveté lui va si bien qu’une majorité de propriétaires l’a choisie dans cette livrée.

    C’est dommage car les Black Bay sont jolies sur toutes les matières. Les NATO semblent être pensés pour ces plongeuses et le cuir leur va également très bien, tout comme les tissus techniques . Pourquoi ne pas changer un peu le look de votre précieuse ? Je vous promets que vous ne le regretterez pas.

    Cuir ou acier ?

    Puisqu’il est malaisé d’ôter rapidement le bracelet acier. Il faut faire un choix. À moins que vous ne possédez un outil dédié pour le retirer et l’installer, il faudra opter pour un style et le conserver quelques temps. C’est donc d’abord une question de goût. Nous l’avons compris sur le test de la Tudor 37 mm, le bracelet impacte énormément sur l’aspect de la montre.

    Le bracelet acier est magnifique, il faut l’avouer. Ses rivets sont du plus bel effet, les proportions sont parfaites et le tout est sportif et élégant.

    Tudor Black Bay 58 sur acier
    Photo : Twistheure

    Seulement voila, il ne faut pas sous-estimer le cuir et le tissu, ni même le caoutchouc. Nous avons testé plusieurs solutions sur notre modèle 41 mm. Toutes les trois sont de très belles alternatives, à la hauteur du boitier de la Tudor. La première est celle proposée nativement par la marque car oui, vous pouvez acquérir une Black Bay sur NATO. Et acheter le bracelet acier plus tard.

    Le Nato Tudor fait main

    Le bracelet fourni avec la BB référence M79230R 009 est un NATO burgundy chiné de grande qualité. Fait main à la machine ^^, c’est le top du tissage. Il faut cependant bien le serrer car il est relativement fin, ce qui joue sur la tenue au poignet. Il est dépourvu de bande centrale mais il sied parfaitement à la BB58 ainsi. On le trouve aussi en noir sur la version 39 mm de la Black Bay 58, cette fois avec une bande centrale. Vous trouverez plus d’informations sur la page Tudor dédiée.

    Tudor Black Bay 58 sur Nato noir bande beige
    Crédit Tudor
    Tudor Black Bay 58 sur Nato bordeaux
    Crédit Tudor

    L’alternative au NATO officiel

    Sincèrement, il n’est pas nécessaire de dépenser beaucoup pour un NATO. C’est un bracelet basique prévu à la base pour être porté au dessus d’une combinaison de plongée grâce à sa grande longueur. On en trouve aujourd’hui à tous les prix et de tous les motifs, mais autant choisir une qualité suffisante. Attention également à l’épaisseur car contrairement au NATO Tudor qui s’installe grâce à des tunnels spécifiques, les bracelets standards doivent être glissés entre le boitier et les pompes de maintien. En dehors de cette spécificité, n’importe quel Nato 22 mm fera l’affaire, pourvu qu’il soit assez fin.

    Crédit : Bracelet Montre
    Crédit : Bracelet Montre

    Le bracelet Ralftech Dandy

    Ce bracelet gris chevronné proposé par Ralftech fait très joliment ressortir le rouge de la lunette de la BB58. Il m’est souvent arrivé d’installer des bracelets Ralftech sur les montres de la rédaction car ils sont très beaux. Hélas, malgré le prix conséquent, la qualité est décevante. J’en ai essayé deux en textile et ils ont rapidement peluché au niveau des trous. Le voici malgré tout sur une Glamour double date originellement sur acier :

    Glamour double date, photo Tudor
    le bracelet Ralftech Dady sur une Tudor Glamour double date, crédit Twistheure
    le bracelet Ralftech Dady sur une Tudor Glamour double date, crédit Twistheure
    Nato d'origine Tudor sur glamour double date
    Nato d’origine Tudor sur glamour double date

    Vous conviendrez que le résultat est réussi. Le gris sied très bien aux montres bordeaux. Tout comme le vert forêt ou le kaki. Nous n’avons pas pu vous montrer le résultat réel avec le bracelet gris et la BB58, à défaut voici un montage qui rend hélas moins bien que le résultat réel :

    Image : Twistheure

    Black Bay sur bracelet cuir

    Les plongeuses s’accordent bien avec les cuirs patinés, ils font ressortir l’aspect fonctionnel, évoquent le vécu et l’aventure. C’est le style baroudeur élégant.

    Afin de valoriser le cadran, il faut choisir une couleur qui contraste ou une couleur complémentaire. Bleu et caramel par exemple. Cette page sur les couleurs vous aidera beaucoup dans vos choix de bracelets.

    BLACK BAY 58 sur cuir caramel, cadran noir
    Crédit : Manufakturwerk

    BB58 2024 et pièces de bouts

    L’ultime variation permettant de s’affranchir de l’acier, c’est le caoutchouc officiel Tudor. Seule la version METAS est compatible avec le T-Fit et son bracelet caoutchouc muni de pièces de bouts. Si vous possédez le dernier modèle ( M7941a1a0ru-0001 ), vous avez une option supplémentaire comparativement aux possesseurs de la BB58 antérieure, comme la nôtre. Le boitier de la dernière version 2024 a été légèrement modifié et peut accueillir le bracelet noir. L’ancien modèle n’est pas compatible.

    Tudor 2024 METAS sur caoutchouc
    crédit Tudor

    Cette alternative est proche du bracelet acier tout en étant différente. Elle modifie l’esthétique en conservant l’aspect massif inhérent à l’acier, et le noir du matériau contraste joliment avec le boitier.

    En bref

    Si le bracelet riveté Tudor est magnifique, il n’est pas le seul accessoire à sublimer l’élégance sportive de la Black Bay. En réalité, il y a toujours plusieurs solutions pour habiller une montre et la BB58 n’échappe pas à cette règle. Nous avons d’ailleurs rédigé un article dédié à ce sujet sur cette page.

  • Ma première montre de luxe

    Ma première montre de luxe

    Le tout premier achat d’une belle montre est délicat, autant pour un cadeau que pour soi même. Les tarifs peuvent grimper très haut, il est donc normal d’hésiter et de se renseigner. Il arrive d’ailleurs très souvent que l’on croise des questions à ce sujet sur les groupes dédiés :  » J’ai arrêté mon budget mais j’hésite encore entre l’achat neuf ou l’occasion  » Ou  » J’ai un modèle en tête mais j’ignore tout de la marque qui le propose « .

    Les prix des montres de grandes maisons sont élevés et les marques indépendantes ne sont pas en reste. Sans parler des produits moins convaincants qui surfent sur le marché du luxe et gonflent leurs prix.

    C’est un vaste univers que celui de l’horlogerie. Il existe en effet non pas des centaines mais probablement des milliers de marques horlogères, sans compter celles qui n’existent plus mais dont les modèles sont encore disponibles. Il y a de quoi s’y perdre. Avec notre aide et en suivant quelques étapes, vous obtiendrez votre précieuse.

    liste de logos de marques de montres de luxe
    Les grandes maisons

    Le tout premier conseil

    Une belle montre est un objet fort désirable et nombreux sont ceux qui sont tombés amoureux d’une pièce hors de leur portée. Or, cet attrait peut vous jouer des tours. Si d’aventure vous désirez absolument un modèle dont le tarif est au dessus de votre budget, il ne faut pas succomber et acheter un modèle parent par dépit. C’est la garantie quasi-certaine de regretter votre achat. Dans ce cas, mieux vaut économiser ou renoncer au profit d’une autre pièce, très différente.

    liste de logos de marques de montres de luxe indépendantes
    Des marques indépendantes, chez Freret Roy

    L’exemple de la Royal Oak d’Audemars Piguet est flagrant. Il existe de nombreux modèles hommages qui en sont inspirés plus ou moins fidèlement. La Tissot PRX par exemple ou mieux encore la Chopard Alpine Eagle. Assez proches en termes esthétiques mais respectivement cent fois et dix fois moins chères, il ne faut pas les choisir par déception ne pas pouvoir acquérir le modèle original mais plutôt vous diriger vers tout autre chose. Il n’en reste pas moins que la Tissot et la Chopard sont de très belles pièces également.

    Montre AP Royal Oak acier sur cuir
    La Royal Oak. Crédit : Farfetch
    Montre Chopard Alpine Eagle
    La Chopard Alpine Eagle. Crédit : Chopard
    Montre Tissot PRX sur cuir noir
    La Tissot PRX Credit : Tissot

    Définir son budget et choisir son style

    Se tenir à son budget permet de moins se disperser. Imaginons pour l’exemple que ce budget soit de 2000 euros, ce qui est déjà une belle somme pour un premier achat. La majorité des sites en ligne proposent un filtre par prix qui permet de trier les produits dans votre budget. Vous n’avez plus qu’à passer à la seconde étape : isoler vos préférences.

    Qu’elles soient modernes, d’occasion ou vintages, il y a sûrement un style de montre que vous préférez. L’identifier permet d’affiner sa recherche d’autant plus que les marques déclinent justement leurs catalogues par style. Globalement, on peut catégoriser les montres ainsi :

    • Les montres habillées
    • Les plongeuses
    • Les montres outils ou montres de tous les jours
    • Les chronos, sportifs ou distingués
    • Les montres typées militaire
    Les catégories majeures des montres de luxe   sport, ville, militaire
    Les catégories majeures

    Ces catégories se conjuguent entre elles en empruntant une ou plusieurs de leurs caractéristiques à leurs cousines. On trouve ainsi des plongeuses habillées, des chronos d’aviateur, des montres élégantes polyvalentes etc…

    L’élue de votre cœur aura forcément une des ces caractéristiques et les marques proposent souvent des collections riches de plusieurs choix dans un même style. Bien sûr, il existe des maisons qui se spécialisent dans un exercice défini. Vous ne trouverez pas de plongeuses chez Cartier, ni de militaires chez Piaget. On peut cependant réduire toutes ces catégories à trois genres : la montre de ville, la plongeuse et le chronographe.

    Maintenant que vous avez défini les facteurs liminaires à une belle acquisition ( le budget et le style), il reste à vous décider entre la première, la seconde main ou le vintage.

    L’occasion

    On a déjà tous acheté un article d’occasion mais l’achat vintage est moins courant et plus délicat, nous y reviendrons tout spécialement. Ces trois univers ont chacun des avantages et des inconvénients qu’il faut analyser et pour bien appréhender les différences entre ces politiques d’achat, il convient de reprendre notre exemple de budget. Une montre d’occasion coute en général 40 à 45 % de son prix initial si elle est en très bon état. Ce qui permet d’accéder à des produits initialement bien plus chers, issus de collections précédentes.

    Bien que les modèles de seconde main soient légions, on retrouve souvent les mêmes en vente. Les Cartier Tank, les Tudor Black Bay et les Rolex Datejust pullulent littéralement. On ne s’en plaindra pas non plus car le choix reste vaste. Chaque année les marques proposent des nouveautés qui se retrouvent assez rapidement chez les revendeurs. Un à deux ans suffisent car beaucoup de collectionneurs achètent et revendent régulièrement.

    Le marché d’occasion s’est considérablement développé et décomplexé. Les montres sont généralement vendues révisées, repolies et garanties pour au moins une courte période. Sinon, passez votre chemin. Collector Square et d’autres enseignes proposent par exemple un site en ligne et des show rooms sur rendez vous, souvent à Paris ou dans les grandes villes. N’hésitez jamais à aller essayer la montre en boutique quand c’est possible.

    La montre de première main

    Les montres neuves sont plus onéreuses mais plus faciles à se procurer et le choix est gargantuesque. Il est un peu plus restreint dans le cadre d’un achat en bijouterie, c’est certain. Mais les marques ont pignon sur rue et les bijouterie travaillent avec elles directement.

    La vente traditionnelle reste pourtant avantageuse. Elle garantie contre les pannes, elle est rassurante et l’expérience de l’achat physique d’une montre de luxe est grisante. L’accueil avec une boisson offerte, c’est le minimum en boutique ( on évite l’alcool, ça joue des tours ). Un pianiste égaiera parfois l’ambiance feutrée, on vous présentera la précieuse sur un plateau et vous l’essaierez. On a beau dire, tout ceci compte.

    Pianiste, bar… Une expérience complète Crédit : La Poste

    Dans les deux cas, l’essai est à privilégier

    Et c’est particulièrement vrai dans les cas que nous venons d’évoquer. Car les photos des montres en ligne en très gros plan sont extrêmement flatteuses et rien ne vaut un véritable essai au porté.

    Il existe suffisamment de maisons centenaires pour trouver votre future acquisition. March Lab, Serica si vous êtes patriote sont de belles marques., plus recentes. Christopher Ward propose un excellent rapport qualité prix, c’est aussi le cas d’ Oris, d’Hamilton et de Mido. Si vous avez un budget plus conséquent, Tudor, la maison sœur de Rolex est une marque à sérieusement prendre en considération. On en trouve de très belles en seconde main. Enfin, Baume et Mercier et Pequignet sont des maisons prestigieuses dont les modèles sont luxueux et magnifiques.

    Une montre neuve est donc une bonne idée pour déflorer votre poignet et la garantie, qui se situe souvent entre deux et dix ans, est un facteur de choix important.

    En résumé, l’achat neuf est plus pratique, plus cher mais on peut essayer avant de choisir. L’achat d’occasion permet quant à lui d’acquérir de plus beaux modèles mais restreint le choix en termes d’essayages. Il existe malgré tout une troisième solution.

    L’univers à deux visages du vintage

    Voici un domaine assez particulier. Il se divise en deux parties. Les achats entre amateurs passionnés et la vente sur les sites spécialisés professionnels. Certaines enseignes sont spécialisées dans le vintage de grand luxe, c’est à dire les pièces de collection. Les tarifs y sont à la hauteur des garde-temps vendus. Si vous avez le budget, visitez donc Romain Rea.

    L’atelier du temps, Ma montre vintage, Café noir sont par exemple des boutiques sérieuses aux catalogues étoffés. Une fois encore, pour une somme identique, vous aurez accès à des marques encore plus prestigieuses. 2000 €, c’est un budget conséquent dans le monde du vintage. Zénith, Jaeger Lecoultre ou IWC deviennent accessibles à ce prix et rien ne vaut le charme d’antan.Sachez que les montres anciennes sont plus petites en diamètre que les modèles contemporains, nous y avons dédié un article car c’est important.

    Il y a bien d’autres choses à savoir. Tout d’abord il existe des modèles très chers chez certains vendeurs professionnels alors qu’ils sont vendus bien moins chers si on sait où chercher. Prenons l’exemple d’une Zénith Respirator, une très belle pièce des années 60. Pour une version plaquée or sur bracelet cuir, on peut dire que la valeur réelle, en très bon état esthétique et de fonctionnement, est autour de 700 euros. Il n’est hélas par rare de la croiser au double de ce prix, j’en ai même vues à 5000 €. Une Zenith Respirator peut effectivement valoir 1200 euros, voire un peu plus, mais dans sa livrée or plein et dans un état quasi irréprochable.

    Entre les sites qui vendent trop cher et les particuliers qui surestiment la valeur de leur objet, on peut facilement payer sa montre trop chère. Tout comme on peut faire une affaire en or…

    Pour un premier achat, il est donc assez délicat de vous diriger vers les montres vintage, à moins d’être conseillé. L’erreur que font souvent les débutants est de se baser sur le prix des plates-formes comme Chono24. Or, la commission prélevée par ce genre d’intermédiaire pousse les vendeurs à augmenter le prix de vente. Alors que les transactions entre particuliers, sans intervenants, sont plus proche du juste prix. Mais plus risquées.

    Le prix du cœur

    Enfin, il arrive qu’on soit prêt à payer plus que de raison. La rareté d’une pièce vintage peut pousser l’acheteur à payer plus, apeuré par la crainte de ne plus avoir l’occasion de trouver le modèle. Ou tout simplement parce que ça lui convient. Si c’est en connaissance de cause, cela se comprend. Entre les indépendants qui comptent sur l’ignorance des débutants et les vendeurs passionnés qui tirent les tarifs vers le bas, estimer le véritable prix est affaire d’expérience et ne garantit pas un bon achat. En résumé, si vous tenez réellement à acquérir une pièce vintage, orientez vous vers les sites reconnus dont les tarifs se situent entre 200 et 2000 euros. À noter qu’un article entièrement dédié au premier achat vintage est disponible ici.

    Quelle taille choisir ?

    Il n’y pas de règles mais il existe une consigne : on ne porte pas de montre dont les cornes arrivent jusqu’aux extrémités de votre poignet. Une Panerai 45 mm sur un poignet de 17 cm de circonférence, ce n’est pas de bon goût. De même, la taille minimum pour un homme est conventionnellement de 31 à 33 mm. C’était d’ailleurs à peu près ce que portaient ces messieurs au début du 20e siècle. Aujourd’hui, bien qu’on observe un retour aux diamètres contenus, la norme est autour de 41 mm. Ne vous laissez cependant pas influencer par ce critère et n’oubliez pas que ces chiffres sont relatifs. Si la montre vous plaît, peu importe sa dimension. Le diamètre est toujours indiqué sur les fiches mais si le chiffre ne vous parle pas découpez un gabarit en papier et passez le au poignet. Ça aide.

    Si vous désirez approfondir le sujet de la taille des montres, c’est sur cet article.

    Quelle forme et quelle proportions ?

    Les formes ont un impact direct sur la perception de la taille. À l’œil, une montre coussin de 35 mm aura l’air aussi imposante qu’un modèle rond de 38 mm. De même certaines montres de tailles identiques donneront des résultats différents. Car ce qui donne l’impression de la taille, c’est l’épaisseur de la lunette. Ça peut sembler être une généralité, ça n’est pas faux pour autant. La couleur joue un rôle également, les teintes sombres paraissent plus ramassées que les claires.

    Ce qui compte le plus, encore une fois , c’est l’essai. C’est au porté et devant un miroir que l’on apprécie si la montre nous convient.

    Carrée, Rectangulaire, Baignoire, Coussin, Tonneau…
    montre en fome de tonneau , omega
    Une montre tonneau

    En conclusion

    Un premier achat horloger s’appréhende avec un minimum de patience et de connaissances. Il s’agit de ne pas mésestimer les difficultés liées à la dimension du marché. Pour que l’expérience soit positive mieux vaut s’adresser à un professionnel et toujours essayer avant de choisir. Sachez pour finir que les montres de luxe sont très addictives et qu’un premier achat n’en exclut pas un suivant.

    Si vous toujours besoin de conseils malgré la lecture de cet article, nous disponibles vie le formulaire de contact.

    Bon achat !

  • Le Pierce 861, un mouvement à glissières

    Le Pierce 861, un mouvement à glissières

    Peu connu du grand public et parfois même des spécialistes, le mouvement à glissière ne fonctionne pas comme les autres. Certes, il repose sur le principe du remontage mécanique basé sur la récupération de l’énergie engendrée par les mouvements de l’utilisateur. Mais la solution retenue par son inventeur est assez différente du système de la masse oscillante. Le terme « masse oscillante » est pourtant tout à fait indiqué pour désigner le Pierce 861.

    Ce n’est d’ailleurs pas le seul mouvement qui a opté pour une autre solution. La crise permanente engendrée par la surproduction des montres-bracelets a grandement favorisé l’innovation horlogère. L’histoire n’a cependant pas tout retenu.

    Avant de vous dévoiler le fonctionnement de ce calibre méconnu, il faut comprendre pourquoi c’est le système de la masse circulaire qui est le plus efficace et qui fut conservé par l’industrie.

    La contrainte de l’angle limité

    Une masse oscillante fonctionne toujours à 360 degrés. Qu’elle tourne via un axe central ou via un système périphérique comme c’est le cas de certaines Bucherer et Perrelet, la masse est libre de faire plusieurs tours sans rencontrer d’obstacle à sa course. De plus, si le système est bidirectionnel et remonte le ressort dans les deux sens, ce qui n’est pas le cas sur tous les mouvements, l’efficacité est doublée. C’est là tout le génie de ce processus mécanique.

    Le mouvement à glissières comme ceux que vous découvrirez juste après, fonctionne sur une plage limitée puisqu’elle n’est pas circulaire. La masse est entraînée par les mouvements du poignet mais seulement sur un axe linéaire, ce qui implique un début et une fin de course. Le dégagement est limité et le mouvement ne peut récupérer l’énergie que dans un sens. Le porteur doit effectuer un mouvement opposé afin d’engendrer à nouveau de l’énergie. A moins qu’un ressort ne l’aide dans sa course retour. Ce qui est le cas ici.

    Le Pierce 861, dépôt de brevet dans les années 1930/40.

    C’est Leon Levy qui a imaginé le mouvement à glissières. Il était employé chez Pierce, une marque suisse née en 1858. La meilleure période de cette maison se situe dans le premier tiers du 20e siècle. On peut dire qu’elle avait à cœur d’imaginer ses propres solutions plutôt que de copier le reste de l’industrie. Malgré cela la crise du quartz fit une victime de plus dans les années 70, dont la société Pierce.

    Mouvement pierce 861 ouvert

    Le fonctionnement du 861

    Si vous observez schémas et photos, vous apercevez un espace en forme de croissant entre le corps de la grosse pièce qui ressemble à une masse oscillante et les bords internes du boîtier. C’est en se déplaçant sur l’axe des deux glissières que l’énergie est transmise au ressort via la pièce linéaire dentée (la crémaillère).

    Une efficacité relative

    Une course si petite ne permet pas à la masse oscillante d’être suffisamment efficace. Il faudrait la secouer en permanence pour remonter correctement le ressort et même ainsi l’efficacité serait moindre. On parle alors d’un mauvais rendement.

    Mouvement très rare Pierce 861 à glissières
    La course et les glissières

    Chapeau bas

    Une campagne de publicité bien pensée mettait en scène un homme chapeauté qui se découvrait dans un large geste. La publicité expliquait probablement que ce mouvement permettait ainsi à la montre de se remonter. Je n’ai jamais vue cette publicité qui concernerait la marque Harwood, j’en ai simplement entendu parler, il semble cependant qu’elle ait réellement existé. Gemini, le grand gourou du savoir humain m’a confirmé son existence. Mais c’est Nicolas M qui m’en a parlé d’abord. D’ici à imaginer que Gemini s’informe chez Nicolas, il n’y a qu’un pas.

    Video du mouvement et du coulissement

    Le mouvement pendulaire

    Voici un autre exemple de mouvement automatique à glissement limité. Il est plus efficace que le Pierce 861 puisque la course est plus longue, quoique toujours limitée. C’est un calibre Buren, dit « pendulaire ».

    Mouvement Buren pendulaire côté fond ouvert
    Credit : Forumamontre

    Le mouvement à bumper Omega

    Encore un peu plus efficace, le mouvement à bumper est également pendulaire mais sa course est quasiment circulaire à 360 degrés. Le bruit de ce calibre est caractéristique et évoque un peu celui des flippers de notre jeunesse. On trouve parfois des ressorts pour amortir le choc de la masse qui vient claquer contre la butée.

    Mouvement oméga à bumper côté fond ouvert
    Credit Brussel Vintage

    Et le gagnant est …

    Ces trois calibres sont une alternative à la masse circulaire habituelle. On ne les trouve plus dans la production horlogère moderne car leurs performances ne le justifient pas.

    En revanche les micro rotors et les masses périphériques sont des alternatives élégantes et efficaces. Mention très bien pour Perrelet et Bucherer car les masses périphériques permettent de laisser apparentes ces dernières côté cadran ou côté fond.

    Montre Perrelet avec une masse périphérique côté cadran
    Credit : Perrelet

    Archives

  • Mon premier achat vintage

    Mon premier achat vintage

    J’ai remarqué que bien des amateurs de montres en viennent à s’intéresser aux montres d’antan. C’est d’ailleurs un peu vrai pour tout ce qui a trait à l’artisanat. Tendance et nostalgie sont le Nord et le Sud dans le monde du bel ouvrage. La première s’inspirant de la seconde, c’est assez logique. Il en va de même chez les passionnés : les amateurs de belles montres contemporaines suivent souvent le même chemin et remontent le temps.

    Pourquoi le choix du vintage ?

    Rolex, Omega, Piaget… toutes les grandes maisons ont hérité de centaines d’années d’expérience horlogère. Les calibres manufacture en sont la preuve ultime. Une marque moderne n’aurait aucun intérêt à réinventer la roue et ferait une grave erreur en proposant un mouvement créé à 100% en interne. Il faudrait un temps fou, des sommes colossales et le bénéfice serait nul. En un mot, on ne réinvente pas la roue. Il y a cependant eu de gros progrès technologiques depuis lors, notamment au niveau des matières employées.

    L’attrait du vintage réside précisément dans l’appréciation de l’histoire des grandes maisons à laquelle on accède via l’acquisition d’un modèle iconique, voire historique. Tout ça pour dire que peu importe l’époque, dans les grandes maisons l’excellence est présente dès les modèles originels. Les montres contemporaines sont magnifiques et sont l’évolution naturelle des modèles d’antan, mâtinés de progrès technologiques et de variations esthétiques. Pourtant, le neo vintage comme on l’appelle pompeusement ressemble fort à un aveu d’impuissance créative tant les codes d’antan étaient justes. Rassurez-vous, certains garde temps modernes sont sublimes. Mais ils gardent précieusement en eux l’héritage du passé.

    L’autre facteur qui porte le choix des mostrophiles vers les modèles historiques, c’est l’esthétique particulière, caractéristique et originale des montres des années 20, 50, 60 et 70. Les tarifs abordables sont un autre argument, même si on trouve des montres de cinquante ans hors de prix.

    MONTRE JAEGER LECOULTRE VINTAGE
    CHRONOGRAPHE SUISSE
    CONSTELLATION OMEGA

    Une offre pléthorique

    Si vous envisagez de vous lancer dans l’aventure, vous devrez être armé de solides connaissances afin d’éviter de payer trop cher. Ou d’espérer dénicher la perle dont le vendeur ignore tout. Avant tout, il faut choisir votre camp. Préférez-vous les montres restaurées à l’origine ou celles qui expriment leur vécu, leur histoire ?

    Cadran restauré ( suppression du label SWISS MADE, reprise du logo )

    L’état presque parfait : NOS

    Si vous vous demandez à partir de quand on considère qu’une montre est vintage, sachez qu’elle doit être âgée d’au minimum 20 à 25 ans d’âge pour recevoir cette noble mention. Ce qui nous amène au début du 20e siècle. Voici justement une Omega De Ville tonneau des années 90 acquise par la rédaction, un exemple parfait pour illustrer les plus jeunes vintages.

    Il s’agit d’une pièce en excellent état, jamais portée. On peut la qualifier d’état de NOS puisqu’elle n’a quitté les vitrines d’Omega que pour atterrir dans un tiroir et ne plus jamais en sortir. ( NOS : New old stock ).

    Méfiance cependant si vous achetez une NOS directement sans qu’elle soit passée par la case révision. Surtout pour les plus anciennes dont les huiles sont naturelles et ont tendance à sécher. Ne jamais la porter directement, toujours la confier à un horloger. Sinon c’est la panne assurée. Cela n’a pas raté avec ce modèle qui dérive de trente secondes / jour et dont la date passe à 5h au lieu de minuit.

    Un autre exemple, j’ai croisé une IWC NOS. Arborant toujours l’étiquette d’époque, jamais portée. Le temps et probablement les UV ont offert à son cadran une couleur verte très pâle, subtile mais magnifique. Ce modèle relativement simple a vu sa côte grimper grâce à cette particularité. Hélas, je n’ai pas d’image de cette pépite croisée à l’Atelier du Temps. Mais vous l’aurez compris : certaines particularités que seule une très longue période de temps peut causer suffisent à augmenter la valeur nominale d’une montre vintage. C’est le prix du temps.

    On retrouve ce phénomène avec les voitures custom de type rat-road ( voiture rat, dirions nous ), remontées avec des plaques de tôles qui ont passé 50 ans à rouiller. inimitable. Et fort cher.

    Ou la noblesse du vécu

    Une large portion d’amateurs de vintage cherche l’authenticité, l’aspect du vécu, une histoire autant qu’un objet. Le moindre polissage, la plus petite intervention est à leurs yeux un crime. Un montre militaire portée par un soldat, anoblie par l’usure, est pour eux un doux rêve. La patine est à ces passionnés ce qu’un certificat d’authenticité est au collectionneur de tableaux de maître.

    Crédit : Xupes

    Vous serez peut être choqué d’apprendre que restaurer une montre usée peut drastiquement faire baisser sa valeur. Je pense à l’exemple frappant d’un lecteur qui a découvert dans les affaires de son grand père une Blancpain Fifty Fathom originale dont le verre était rayé, le boîtier abîmé et le cadran délavé. En l’état cette pièce vaut entre 10 et 15000 euros alors que la moindre intervention, en dehors bien sûr des éventuelles réparations du mécanisme, aurait anéanti la valeur et surtout l’intérêt de cette montre originale. Un bon horloger saura réparer une montre au vécu marqué mais en sublimant la patine plutôt qu’en la remettant à neuf.

    Un univers d’amateurs avertis

    Comme je l’explique également dans l’article : Ma première montre de luxe ( lien ci dessous* ), il vaut mieux être armé d’un minimum de connaissances sur l’univers du vintage avant d’envisager un achat. Car on peut trouver le même modèle du simple au triple de sa véritable valeur financière, si tant est que quiconque la connaisse .

    Il n’y pas de côtes officielles à ma connaissance, il faut donc estimer soi même si une montre est trop chère. Pour ce faire, il faut se fier à certains facteurs déterminants :

    • La matière. Bien sûr l’or est plus cher que le métal. C’est parfaitement normal. L’écart est cependant moins important avec les montres vintages que celui qu’on trouve entre deux modèles contemporaine or ou acier identiques.
      • Les modèles plein or sont courants dans l’univers du vintage mais bien moins que les plaqué or ou ceux en acier. Il faut toujours observer le dos de la montre, s’il est en acier, la montre est plaqué or. S’il est en or, le dos le sera aussi et un poinçon sera présent.
    • La marque. Évidemment, les grandes maisons sont moins accessibles que les marques plus modestes mais une montre recherchée, même si le fabricant n’existe plus, peut être plus chère. L’exemple des Universal Genève et notamment de la Polerouter illustre bien ce propos.
      • Le retour en grâce. Breitling vient d’ailleurs de racheter / relancer Universal Genève disparue il y a 35 ans. Et ce n’est pas la seule marque qui renaît de ses cendres. Cuervo Y Sobrhrinos, Eska, Vulcain… Tous ces comebacks ont eu une influence sur les prix des modèles antérieurs à leurs disparitions.
    • L’etat esthétique. Voici encore un facteur piégeux puisque certains préfèrent leurs montres anciennes dans leur jus de trouvaille. Alors que d’autres recherchent la perfection. Mais si la montre ne fonctionne pas, le prix baisse.
    • Le mouvement. Imaginons un modèle vintage disponible avec deux mouvements. L’un étant assez répandu et l’autre étant un Zénith 135 ou un IWC 83. Le prix du second modèle exploserait littéralement. Ce sont effectivement deux calibres vintage de légende. Mais cela ne nuit pas à l’explication. Ce principe reste vrai aujourd’hui encore.
    • La rareté. Ou plutôt la demande. Il ne faut pas surestimer l’influence de la rareté sur la valeur d’une montre. Ou même sur celle d’une antiquité ou d’un bijou ancien. C’est la demande qui prime. Souvent les deux vont de pair, je vous l’accorde. Mais je possède une montre lingot des années 30 qui n’existe plus qu’en 30 exemplaires. Elle ne vaut que ce qu’un acheteur est prêt à m’en donner, car personne ne la recherche spécifiquement.

    Vous l’aurez compris, pas facile de savoir si une vintage est vendue à bon prix. sachez que généralement les vendeurs professionnels vendent un peu trop chers et que les particuliers sont plus proches d’un tarif réaliste, bien qu’ils ne vendent parfois pas assez cher. En revanche il ne faut pas acheter de vintages sur les plateformes comme Chrono24 sur lesquelles on croise des prix ahurissants. Le mieux est de poser la question à la communauté ou de faire des recherches.

    Le premier achat

    Deux solutions sécures s’offrent à vous, les magasins ou les sites spécialisés en ligne ou les groupes facebook dédiés. Ces derniers ne proposent pas forcément d’acheter mais je vous invite vivement à les consulter avant de vous décider. Le groupe Chineurs de montres m’a personnellement permis de parfaire ma culture vintage, de poser des questions et de rencontrer des passionnés qui m’aident à ne pas dire pas de bêtises.

    Les premiers prix démarrent dès 100, 150 euros pour une LIP par exemple. Certaines Omega se trouvent facilement autour de 400 à 600 euros. Beaucoup de modèles plus luxueux valent de 1000 à 2000 euros. J’ai découvert ce site, sérieux et éprouvé par mes soins : DuMarko. Que du beau.

    Vous êtes désormais armé pour entamer vos recherches et dénicher votre première pépite.

    340 euros pour du pur vintage russe

    A lire en complément

  • Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    De prime abord la Chopard LUC que vous allez découvrir aujourd’hui est simple, classique, épurée. Elle est en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît car elle combine deux caractéristiques que l’on croise rarement ensemble : un modèle deux aiguilles et un calibre micro rotor. Autrement dit, un mouvement haut de gamme sans petite ni grande seconde. Intriguant.

    J’ai eu le temps de bien apprécier cette LUC, je la porte depuis longtemps. Effectivement, la montre du jour n’est pas un exemplaire de test mais une pièce de famille. C’est d’ailleurs le cas pour la majorité des montres testées sur ce site. Elles sont portées et elles vivent. Ce qui apporte davantage d’objectivité à nos tests publiés seulement au terme d’une longue période d’observation. Nous pouvons ainsi proposer des revues plus complètes, plus riches et plus indépendantes.

    Cette Chopard est portée depuis une paire d’années. Deux ans sur un poignet, c’est suffisant pour faire le point.

    La Chopard LUC XPS micro-rotor

    À peine plus épaisse qu’une pièce de deux euros, elle ne se contente pas d’être belle. Son mouvement est excellent. C’est d’ailleurs ce calibre particulier qui m’a attiré en premier lieu, j’ai trouvé le contraste entre la complexité du micro rotor et la simplicité du modèle deux aiguilles peu communne. Les micro rotor sont d’ailleurs la spécialité de la marque.

    À sa naissance, la maison Chopard était une horlogerie, ce n’est que plus tard que le département joaillerie fut créé. 164 ans d’expérience dans ces deux domaines ont permis à cette marque renommée de proposer des créations esthétiquement irréprochables. Il fallait bien ce degré de compétence pour conjuguer beauté, luxe et simplicité. C’est là tout l’esprit de cette LUC dont la pureté dissimule de véritables qualités horlogères.

    Un cadran bleu tout en nuances

    Son cadran bleu profond au polissage subtil, ses deux aiguilles art déco et ses index dorés lui confèrent une élégance sans ostentation. C’est un garde-temps polyvalent qui se porte au quotidien comme à une soirée distinguée, avec un t-shirt blanc ou un complet sombre.

    Les chiffres sont apposés dans une typographie contemporaine dont la proportion légèrement surproportionnée souligne la modernité. Le mariage du bleu et du doré est comme toujours réussi, difficile d’ailleurs de rater ce genre de duo. Les index et le cadran sont dénués de chemin de fer afin d’alléger le design et le diamètre de 40 mm permet un dégagement assez conséquent pour offrir une parfaite lisibilité, même en condition obscure.

    Enfin, il faut parler de ce bleu. Intense et soutenu, royal mais naturel, qui joue ici le premier rôle. C’est un bleu moyen mais assez profond, traversé par de subtiles lignes de polissage unidirectionnelles qui convergent vers Le centre. Le résultat est somptueux et dynamique.

    Le travail esthétique sur ce cadran est bigrement efficace et la glace saphir plate permet, nous l’avons vu, d’apprécier les lignes verticales fines du polissage qui courent à travers la lunette. Cette dernière est juste assez épaisse pour que l’on puisse apprécier les 40 millimètres du boitier à leur juste valeur. Il arrive effectivement qu’une lunette trop fine ou trop large fausse la perception qu’on a d’un boitier. Trop large, la montre paraitra plus petite et trop fine elle aura l’air d’être plus grande.

    Les aiguilles sont d’inspiration art déco ( entre le style dauphine et le glaive inversé ). Elles m’évoquent la silhouette d’un gratte ciel new yorkais des années folles mais cela reste très personnel. Enfin, les index sont très classiques, on remarquera cependant qu’ils respectent la dimension des chiffres, ce qui influe sur le design.

    En résumé, cette LUC est la démonstration ultime que l’on peut faire beaucoup avec peu. C’est simple mais somptueux, discret mais élégant.

    Le boîtier

    L’acier utilisé par la maison Chopard répond au doux nom de Lucent Steel. Littéralement acier clair. C’est un nom à la consonnance marketing évidente et je doute que le 316 L de cette LUC brille davantage que celui de Cartier. De l’acier, c’est de l’acier. Celui ci est en revanche recyclé par la marque qui ne se prive pas de communiquer sur cette caractéristique. C’est la mode..

    Le boîtier est entièrement poli à l’exception des flancs brossés horizontalement, ce qui souligne encore la finesse de la montre. Les cornes sont très classiques et l’espace entre elles est de 20 mm. Pas de système à changement rapide ici mais franchement il serait criminel d’ôter ce bracelet qui complète le cadran dans un camaïeu aussi beau que classique.

    Le fond de boîte est serti de l’inévitable glace saphir qui offre une vue dégagée sur le mouvement si bien décoré.

    Double identité

    Tout comme le calibre manufacture micro rotor détonne avec la version deux aiguilles, l’esprit  » Denim  » du bracelet cache lui aussi bien son jeu. Il s’agit en effet d’un cuir de crocodile recouvert d’un tissu technique. C’est une très belle réalisation artisanale qu’un maroquinier serait fier de présenter à son catalogue. Les coutures ton sur ton sont quasiment invisibles ce qui renforce l’illusion d’un bracelet en tissu plein. On ne croirait pas qu’une peau se cache sous ce tissu. Le bleu nuit et le blanc tacheté alternent et donnent l’impression visuelle de texture que confirme la sensation au toucher.

    Cette jolie pièce est montée d’origine mais Chopard fournit un bracelet de courtoisie en alligator marron, plus classique.

    La boucle ardillon signée est de belle facture et finit bien l’ensemble.

    Tissu technique sur crocodile
    pHOTO : CHOPARD
    Photo : Chopard

    Le calibre LUC 9653 L à double barillet

    L’atout majeur des mouvements à micro rotor, c’est la finesse. La petite taille de leur masse oscillante permet de s’affranchir de l’épaisseur habituellement utilisée par un composant qui représente jusqu’à 30 % de la surface totale du calibre. Cette dimension modeste offre la possibilité de l’inclure « dans » le mouvement plutôt qu’au dessus.

    Calibre L.U.C 96.53-L, double barillet coaxial, 60 h, 3.30 mm , boitier 7.20 mm, développé en interne.

    Les autres caractéristiques du 9653 sont intéressantes. Son double barillet lui permet d’atteindre les 60 h théoriques de réserve de marche sans que le calibre dépasse les 3.30 mm d’épaisseur. Les deux barillets sont coaxiaux, ce qui contribue au gain de place ( leurs spires intérieures sont toutes deux attachées au même axe, d’où le terme employé ).

    Les mouvements Chopard sont dits  » manufacture ». Ce terme est hélas souvent galvaudé dans l’industrie horlogère. Certaines marques se contentent de retravailler un mouvement et affiche la mention « calibre manufacturé ». Alors qu’ici il s’agit bien d’un mouvement développé en interne par Chopard. Je n’entrerai pas dans le débat de la définition de ce terme mais le fondateur de la marque s’est engagé à développer entièrement ses calibres, il y a déjà bien des années :

    Entièrement conçu, réalisé et assemblé dans les ateliers haute horlogerie de Chopard et certifié chronomètre par le COSC, le mouvement mécanique à remontage automatique L.U.C 96.53-L est basé sur le premier calibre développé par Chopard Manufacture en 1996. Il bat à une fréquence de 28’800 alternances par heure (4 Hz) et dispose d’une réserve de marche de 65 heures grâce à la technologie Chopard Twin, système inventé par la Maison et associant deux barillets coaxiaux. Ce dispositif représente une prouesse technique remarquable compte tenu de l’extrême finesse du mouvement qui ne mesure que 3,3 mm d’épaisseur.

    Les El Primero et les mouvements LUC sont parmi ceux qui valent réellement leurs prix. De très belles maisons comme Cartier ne peuvent pas en dire autant.

    Un modèle d’une grande finesse

    7,20 mm pour une montre à remontage automatique, c’est une belle performance. Cette finesse apporte de l’élégance et de la discrétion. La montre glisse facilement sous la manche et se laisse gentiment apercevoir, dévoilant son cadran bleu profond. Le réglage de l’isochronie est effectué sur cinq positions. Ce qui signifie comme son nom l’indique que l’horloger à réglé la montre à plat, à 90 degré etc… La précision s’en trouve ainsi améliorée.

    21 rubis protègent le calibre des frottements et de l’usure et allongent la durée de vie du garde temps. La garantie de deux ans extensible s’apprécie néanmoins. La LUC est une montre pour la vie, c’est le minimum syndical dans cette gamme de prix.

    Pour finir, il faut parler de la décoration du 9653. Finement sculpté, on pourrait croire que ce mouvement est manuel tant l’absence de l’habituelle masse oscillante trouble la perception. Mais on découvre vite le minuscule rotor, lui aussi richement paré de motifs soleillés.

    Source Watchbase caliber

    Verdict

    Si l’on apprécie les montres habillées suffisamment discrètes pour être portées au quotidien, sans avoir à se soucier du style vestimentaire, on ne peut qu’aimer cette LUC. Elle s’adaptera aux circonstances, on la remarquera sans qu’elle suscite trop de convoitise et les amateurs de belle horlogerie n’y trouveront rien à redire. Dans sa version bleue, car elle existe en blanc, elle saura vous plaire de longues années durant et son style contemporain lui garantira un beau voyage générationnel.

    À ce propos, s’il faut noter que la partie horlogère est exempte de toute panne, retard ou autre disfonctionnement, le bracelet commence à souffrir. Le tissu technique apposé sur la peausserie se détache peu à peu. Dommage pour une montre à ce tarif.

    Vous aurez compris que cette LUC est la montre de la dualité. Micro rotor, modèle deux aiguilles, tissu technique qui est en fait basé sur une peau de croco et double barillet. Même l’apparente simplicité du design dissimule une recherche intense et un véritable travail sur les proportions et dimensions.

    Cette montre est magnifique.

    Galerie

  • Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Pour cette revue qui fait partie des toutes premières du site, j’ai choisi une montre en fonction de son esthétique, de son originalité et de son charme : une Louis Erard. Si cette marque est relativement confidentielle, elle est tout de même connue et reconnue par les amateurs et bénéficie d’un réseau de distribution national à l’image de sa renommée française : modeste mais efficace.

    L’histoire de la maison

    La production des premières Louis Erard aurait débuté autour de 1930 mais j’avoue que je n’ai pas trouvé de belles vintages pour illustrer mon propos. Je sais cependant que cette marque est spécialisée dans les régulateurs et les cadrans Émail Grand Feux ( poudre de verre fondue sur base en métal avec ou sans inserts ). Elle s’est également essayée à la marqueterie ainsi qu’ aux chronographes mono poussoir et même aux cadrans asymétriques. Avec bon goût d’ailleurs. Enfin, la maison est friande des métiers d’art et des collaborations avec l’inévitable Seconde Seconde par exemple.

    Email grand feux

    La The horophile 39 mm est un exemple pertinent puisque elle a été désignée avec le site : The horophile, spécialisé dans les revues de montres de caractère. La Métropolis n’en manque justement pas.

    C’est un modèle trois aiguilles, petite seconde, plein de charme. Son cadran au guilloché circulaire évoque les disques vinyle, sa couleur tabac / cuivre, sa taille contenue et ses aiguilles dîtes tower dont on croirait qu’elles profilent un buildings new-yorkais, rappellent les ambiances feutrées des fumoirs. Le tout est furieusement art-deco et s’assume fièrement en tant que garde-temps néo vintage.

    Le cadran, l’âme de la montre

    Le thème de ce cadran, c’est le cercle. Les index sont insérés entre deux disques au centre desquels se répètent des sillons décroissants. Cette juxtaposition hypnotique dirige le regard au centre du cadran, vers les aiguilles dorées.

    La forme longiligne de ces dernières contraste avec la rondeur générale de la Metropolis mais cette discordance est bienvenue. Enfin, le cercle réservé à la petite seconde achève de décliner le cercle sous toutes les formes qu’on peut trouver sur un garde temps.

    Les index, quant à eux, sont naturellement remplacés par les chiffres dont la calligraphie ajoute une ultime note art déco.

    montage photo , reflet d’un bâtiment art deco

    Des anses courbées pour le boîtier

    Assez peu répandues, les anses courbées permettent de combler l’espace naturel entre le début du bracelet et les bords du boîtier. Cette  » figure de style  » permet d’éviter que les cercles concentriques du cadran jurent avec l’extrémité droite d’un bracelet standard. En tout cas, c’est mon opinion.

    Enfin, les angles des cornes viennent se heurter à la rondeur du boîtier dans un joli contraste :

    Anses courbées originales

    Neo deco

    De 1920 à 2020, la Metropolis est un pont entre deux époques que cent ans séparent. L’absence de logo en dehors de la couronne signée renforce, selon la maison Louis Erard, l’esprit néo déco. Personnellement, je vois un cadran épuré dont les cercles captent la lumière d’une belle façon, construit sur les bases d’un modèle assez répandu chez LE . Notre modèle Excellence est également issu de cette famille de boîtiers mais en 42 mm :

    Version sectorisée 42 mm, bracelet custom comme toujours

    Quatre couleurs

    Lors de l’acquisition de notre exemplaire seules trois couleurs étaient disponibles. Saumon, tabac et gris cendré. Le choix fut difficile. Une quatrième couleur est sortie plus tard : vert moyen. Un petit peu plus difficile à porter à mon sens.

    Création et collaboration

    Chez Louis Erard l’esprit d’indépendance n’exclut pas les talents extérieurs. La collaboration avec des designers et des métiers d’art a donné naissance à de magnifiques résultats. On trouve au catalogue un très beau cadran marqueté, un autre réalisé avec une artiste qui allie avec classe le noir et les tons pastels ( inspiré par une palette de maquillage ), des guillochés mains, des pierres fines, des gravures… Sans parler de la série asymétrique aussi impertinente qu’élégante.

    Les régulateurs

    C’est la spécialité de la maison, indéniablement. Pour rappel, un régulateur est une complication qui sépare les heures des minutes et des secondes dans deux ou trois sous cadrans ( la trotteuse peut être centrale ).

    Je trouve les régulateurs très lisibles et propices à beaucoup de créativité. Parfois combinés à un chronographe mono poussoir, ils offrent beaucoup de possibilités d’agencements sur le cadran. La version fantôme, ci dessous en haut à gauche, est fabuleuse. Mais j’ignore parfaitement comment lire l’heure ( minute au centre, heure en haut, seconde en bas ).

    Au quotidien

    Avant de conclure, j’aimerais parler du cœur de cette Louis Erard. Classique mais efficace le mouvement automatique Sellita fonctionne jusqu’à 38 heures d’affilée sans remontage. On trouve habituellement cette version SW261-1 sur des modèles manuels petite seconde comme le souligne Caliber Corner. Cette version automatique est donc peu commune.

    Le fond saphir permet d’admirer la machinerie mais j’aurais préféré un fond fermé, plus en accord avec l’esprit de la montre à mon sens. Avec la gravure d’un cigare fumant dur un cendrier par exemple.

    La lisibilité nocturne de cette LE est correcte mais sans luminova, c’est forcément moins efficace. Les aiguilles sont assez brillantes et larges pour lire l’heure dans la pénombre mais on est loin de la montre outil. Il est vrai que c’est une montre de ville et que l’ajout de matière phosphorescente aurait nui au design des aiguilles. L’intérêt qu’on porte à ce garde-temps est ailleurs de toute façon.

    Après plusieurs mois, vous apprécierez toujours votre Metropolis The Horophile. Elle a une façon inimitable de prendre la lumière grâce à ses cercles concentriques, et ce sous tous les éclairages.

    C’est un garde-temps avec une belle personnalité qui plaira aux collectionneurs comme aux amateurs de montres habillées mais polyvalentes. Nous avons changé le bracelet pour une version suédée couleur épice qui se marie très bien avec les ton tabac du cadran. À noter qu’une version spécial Dubaî vient de sortir.

    Spécificités

    • Taille du boitier : 39 mm
    • Épaisseur : environ 12 mm
    • Référence : 34248AA66.BVA151
    • Fond saphir
    • Mouvement : Selitta SW 261-1
    • Fonctions : Heures Minutes Petites secondes
    • Réserve de marche : 38h
    • Etanche : 50 m
    • Entrecorne : 20 mm

    Je vous encourage à visiter le site de la marque et vous précise qu’on trouve des Louis Erard chez Ocarat ( O’Chrono ), c’est d’ailleurs de là que vient notre Metropolis.

  • Les montres de bijoutiers pour lui

    Les montres de bijoutiers pour lui

    Horlogerie et bijouterie sont des domaines connexes. Mais cette symbiose n’est pas exclusive aux montres pour femmes. Les modèles iconiques masculins et unisexes proposés ci-dessous vont vous permettre d’explorer un univers horloger dans lequel la forme est parfois, et je dis bien parfois, plus importante que la fonction.

    Les marques bijoutières qui se sont essayées à l’exercice de l’horlogerie ont plus souvent fait carton plein avec leurs designs que grâce à leurs complications. Boucheron, Bvulgari et Chaumet utilisent des mouvements de manufacturiers et assurent les finitions. Alors que Chopard et Cartier ont développé leurs calibres. Les exemples ne s’arrêtent pas là mais nous ne parlerons aujourd’hui que des créations que nous avons portées et éprouvées, comme à notre habitude ( à l’exception des Hermes ).

    Cartier ou l’art du renouveau

    C’est une marque magique qui maîtrise l’exercice le plus difficile : la réinvention des formes. Le rectangle, le tonneau, le carré, le rond, l’ovale et sûrement d’autres que j’omets ont été autant de thèmes déclinés au fil des collections. Presque toutes les tentatives ont été fructueuses, avec un bémol pour la cuvée 2023 de la Tank française qui dans sa version tout acier n’est pas aussi réussie qu’à l’accoutumée. Ce n’est que mon avis mais la Tortue ou la Santos sont magnifiques aussi bien dans leurs versions originales que contemporaines. Je gage qu’elles le seront toujours :

    Tortue des années 70
    source Esquire , Tortue version 2024

    Cartier l’horloger

    Les mouvements Cartier sont propres à la marque et ce depuis le tout début du vingtième siècle. Chaque mouvement est nommé d’après les dates qui jalonnent l’histoire de la marque. 1847, naissance de la maison ou 1904, production de la première montre bracelet. On ne saurait dénigrer la qualité des calibres Cartier car la fiabilité ne prime jamais sur la prouesse, le bon doit s’intégrer au beau. Et l’innovation est parfois la meilleure arme dans ce combat. Le dernier mouvement en date est celui de la bien nommée Calibre. Le 1904 MC de 2010, MC pour Mega Complication. Il a permis de compiler un chronographe et un calendrier perpétuel avec un tourbillon volant.

    En parcourant la liste des complications telles que les gyro tourbillons ( qui porte le nom de double tourbillon mystérieux chez Cartier ) ou en observant le squelettage typique de la Santos éponyme, on pressent que ces exercices horlogers sont avant tout au service d’une esthétique impérieuse. Ce qui n’empêche pas d’admirer le travail accompli, bien au contraire. Oui, l’esthétique prime sur la performance horlogère mais pas à n’importe quel prix. Si on ne trouve pas de mouvement Cartier certifié Cosc, on pâlit devant  » les heures mystérieuses « , véritable figure de style soulignant le caractère immatériel du temps.

    Les heures mystérieuses. Un système de disque transparent ?
    Squelettage d’art

    Au fil des décennies les designs Cartier semblent avoir peu évolué mais à chaque itération les modèles iconiques se fondent dans les modes successives, sans rien perdre de leur identité. La Santos a toujours conservé sa lunette vissée tout comme la Ronde est fidèle depuis sa création à son classicisme atemporel. La maison sait aussi faire montre d’une belle maîtrise artisanale comme avec cette somptueuse Santos squelette :

    Le rôle prépondérant du quartz chez les horlogers bijoutiers

    Du point de vue d’un créateur de bijoux horloger, la facilité d’entretien et d’intégration font loi. Le quartz est par exemple très répandu chez Boucheron, Cartier et Chaumet pour ces deux raisons. Aussi bien chez les messieurs que chez les dames. La qualité du mouvement Quartz et l’innovation technologique ont, de plus, permis d’améliorer largement son autonomie. Une pile peut durer six ans grâce à l’optimisation du rendement énergétique. Mais c’est surtout la finesse et la petitesse des mouvements quartz qui expliquent sa place prépondérante. Chez Boucheron, le quartz est présent dans la plupart des modèles Reflet, excepté pour les modèles hommes taille large qui fonctionnent grâce à un mouvement automatique.

    SANTOS DUMONT Quartz

    Le quartz, si l’on suit les deux préceptes cités plus haut, est donc souvent conjugué au féminin en horlogerie bijouterie. Ces dames apprécient généralement la finesse autant que la facilité d’entretien. Finalement, quoi de plus logique que d’utiliser une pierre naturelle en joaillerie ? Cependant, le quartz ne permet pas tout, notamment à cause de la pile. On ne peut pas modifier sa forme comme on le fait avec un mouvement mécanique manuel, qu’on peut par exemple réduire à sa plus simple expression :

    Mouvement baguette Corum

    Vous trouverez ici la liste des mouvements Cartier, Ca vaut la peine d’y jeter un oeil.

    Chopard, l’art horloger

    On ne peut pas évoquer les bijoutiers horlogers sans parler de la magnifique maison Chopard. On lui doit l’usage original et particulier des diamants de la série Happy Sport, hélas majoritairement féminine. Sur ces modèles les pierres précieuses sont libres. elles bougent au gré de la gravité et des mouvements du porteur. Insérés entre deux verres saphir, quatre diamants glissent élégamment. Une idée simple et audacieuse qui ne choque pas sur un homme dans son format 36 mm :

    Chaumet et son impertinente Dandy

    Qui ne connait pas la Dandy ? Cette création porte d’ailleurs bien son nom. Élégante, avant-gardiste et subtilement impertinente, elle ose casser les codes de la symétrie. Les cadrans de ce modèle iconique sont effectivement traversés par une ligne qui court tout au long de la montre et finit sur le bracelet. L’asymétrie de la Dandy se conjugue donc au delà du boîtier, tant dans ses versions acier que cuir. 36 ou 40 mm, acier ou cuir, déclinée dans de nombreuses formes comme cette somptueuse Arty. Cette Chaumet séduit le monde depuis 2003 et restera dans les annales, j’en suis certain.

    Crédit : Montres de luxe
    Une ligne qui reprend le motif du cadran jusqu’au bracelet

    Boucheron et son Reflet

    Encore une fois, on remarquera que les bijoutiers savent habiller le simple et le rendre élégant. Le plus souvent grâce à un beau travail sur les boîtiers, d’ailleurs souvent rectangulaires. La montre ronde n’est pas toujours la norme, les formes longues évoquent davantage l’élégance, semblent nous dire les créateurs. Une autre caractéristique de cette Reflet : elle se porte sans boucle ardillon.

    La Reflet, or et acier
    Pas de boucle, une très belle idée qui permet de surcroit un changement de bracelet rapide.

    Décidément, le mouvement Art Déco nous aura offert un bon nombre des plus belles créations. La Reflet en est un bel exemple. Simple, racée, ses lignes godronnées sont exquises à mes yeux. Parfaitement unisexe, elle embellira les poignets de tous. Même si son design classique est un peu moins polyvalent que celui des modèles ci dessus.

    Seul le modèle large de la gamme est automatique mais c’est un détail. Quant au bracelet sans boucle, il est résolument moderne.

    Hermes

    En ce qui me concerne, la maison Hermès a créé la plus belle montre squelette. Et elle l’a fait dans un format réduit, ce qui est assez rare pour être signalé. Le verre semi teinté, le travail somptueux du mouvement, les index en italique et le boitier asymétrique sont autant de réussites sur cette superbe pièce. C’est hélas la seule de cet article que nous n’avons jamais portée, ni même vue physiquement.

    Très littérale, cette Heure H se décline en 25 et 34 mm, pour elle et lui. Une belle revisite thématique du boitier Tank et un beau travail sur la calligraphie comme à l’habitude chez Hermès.

    Bucherer et sa masse périphérique

    Une maison récemment rachetée par Rolex qui possède un très beau magasin à Paris. Du bijou aux vitrines horlogères, Bucherer propose de magnifiques créations. Je pense notamment à leur chronographe bi-compax grande date et à ses cadran fumés. Ainsi qu’à leurs modèles dotés d’une masse périphérique.

    Crédit Bucherer
    Crédit Bucherer, masse périphérique

    Bvlgari

    Depuis 1884, cette marque italienne crée des bijoux, des montres et des accessoires, à l’instar de Cartier. Leur expérience dans l’horlogerie est assez conséquente pour que L’Octo ait détenu le record de la montre la plus fine du monde pendant un moment.

    Crédit : Bvlgari
    Crédit : Bvlgari

    En conclusion

    J’aimerais dire que la montre est le bijou de l’homme, avec bien sur la chevalière et la gourmette. Mais bien souvent c’est le seul accessoire masculin. Les bijoutiers l’ont bien compris et si cette liste n’est pas exhaustive c’est parce qu’elle n’est constituée que des modèles que nous avons portés. Si seulement elle était plus longue…