Voici une marque que je connais bien. C’est d’ailleurs grâce au modele Historiador que je suis revenu dans l’univers des montres automatiques après quelques années d’infidélité. Pour la petite histoire, je cherchais une Rado Golden Horse mais en voyant le cadran rouge fumé et les cornes godron de cette cubaine, j’ai craqué. C’était ma première belle montre depuis la Cartier Tank de mes 18 ans, une quartz. C’est peut-être la raison pour laquelle j’associe ces deux marques anciennes et historiques.
Cuervo est née en 1882, comme une simple bijouterie de LaHavane qui a plus tard débuté la vente de montres. Elle fut reprise comme bon nombre de marques horlogères mais par le gouvernement cubain, qui la nationalisa suite à la révolution. Selon les propres dires de la maison, ce fût une période de déclin durant laquelle la production de montres militaires était l’activité principale. De 1965 à 1996 la marque redressa cependant la barre jusqu’à quasiment cesser son activité, hélas.
2002, la renaissance Suisse
La seconde naissance de Cuervo vit son héritage cubain placé au centre de sa politique esthétique, malgré une fabrication désormais Suisse. La valse des reprises, recréations, réinterprétations qui fait danser la majorité des marques débuta juste après, avec l’idée de conserver le style insulaire originel. Le mouvement CYS 4008 par exemple est un Landeron 248 restauré qui équipe ce modèle :
L’histoire du Chrono Landeron CYS ici
Forte de son expérience de bijoutier autant que de son esprit baroque et tropical, les clins d’œil de la maison Cuervo à l’histoire de l’île sont nombreux. Des cadrans aux couleurs caribéennes et aux noms exotiques évoquant la piraterie jusqu’à la forme godronnée des cornes, tous les modèles racontent l’histoire de Cuba.
Un boîtier au style prononcé se décline justement sur pratiquement tout le catalogue. L’Historiador, L’Historiador Tradicion et la Flameante le reprennent dans des proportions légèrement différentes.
Un des rares mouvements manuel de la marque, la Flameante
Le modèle Flameante mérite qu’on s’y attarde. Tout d’abord c’est à ma connaissance le seul qui se remonte manuellement. C’est surtout celui qui propose le plus beau cadran, à mon goût. Guilloché en spirales complexes, il capte immédiatement l’attention. Le sous-cadran des petites secondes dénué de finitions n’en ressort que plus distinctement.
La maison propose aussi des boitiers lingot et depuis peu des modèles féminins. Une de leurs dernières créations est fort jolie, il s’agit de LaRobustosans souci . Les Winston Churchill sont très belles également mais assez imposantes ( 43 mm ).
Le style CYS est très reconnaissable, voici la majorité de leur catalogue en images :
Primera donaHistoriador petite secBuceadorFarina
Les mouvements
Cuervo travaille avec Sellita. Ce n’est ni assumé, ni dissimulé par la maison. Les dénominations des mouvements ressemblent à des références aux initiales de la marque ( CYS5159 par exemple ). Ce qui correspond à un SW 261. Les finitions sont propriétaires mais j’ignore si elles sont effectuées en interne. J’ignore également le grade utilisé, élaboré ou chrono probablement. Pour rappel, le grade correspond aux performances et au nombre de positions de réglages. En deux mots, à la précision. Nous ferons une revue d’un modèle CYS, probablement de la Flameante.
Une marque connue et reconnue
La maison CYS est historique, diffusée dans plusieurs pays et elle propose une très belle gamme ainsi que certains modèles exceptionnels, or et acier. De plus, on trouve des Cuervo vintage facilement. Tous ces critères en font pour moi une marque haut de gamme à part entière. Dommage que les mouvements propriétaires ne soient pas au cœur de leur politique. Mais Cuervo est loin d’être la seule à emboiter des montres. Au moins, cela favorise le rapport qualité prix global. Il n’en reste pas moins que c’est une belle maison avec une histoire riche. Il n’est pas exclu que nous fassions une revue sur la Flameante, une pièce au stylle néo baroque contemporain.
En conclusion, je dirai que cette maison est trop peu connue par chez nous. La faute à une distribution nationale famélique. Si on se base sur le nombre d’annonces sur Crono24 pour déterminer la popularité d’une marque, Cuervo est très connue. J’en déduis que certains pays sont plus sensibles au design latin que d’autres.
Lorsqu’on en vient à évoquer les familles royales, le mot révolution est proscrit. C’est pourtant la maison Tudor qui a dérogé la première puisqu’on avait pas vu de 37 mm depuis des lustres. La tendance depuis de longues années est aux grands diamètres tant et si bien que les nouveaux amateurs ont parfois du mal à porter petit.
Il faut remonter à la série des Prince pour retrouver un diamètre avoisinant les 37 mm. En effet, les Black Bay qui régnaient sans partage à la cour des Tudor oscillaient plutôt entre 39 et 43 mm.
L’apparition d’une 37 mm apostillée Black Bay fut donc un grand petit choc. Après la Glamour double date 42 mm ou la BB Bronze 39 mm, il n’aura pas fallu longtemps pour que nous soyons séduits par un nouveau boîtier, même réduit de presque 20 %. Pourquoi ? Car le véritable attrait de cette BB54 se trouve ailleurs que dans ses dimensions.
Avant d’appréhender les détails originaux de ce modèle, écartons d’emblée la fausse idée que l’on se fait des tailles contenues. Non, elles ne sont pas spécifiquement féminines. Nous l’avons suffisamment répété dans nos autres articles. Alors, où est la nouveauté dans le cas présent, si ce n’est ni la taille, ni le public auquel la montre est destinée ?
Au porté
Bracelet en caoutchouc et pieces de bout
Mon humble avis est le suivant, l’atout principal de cette BB54, ce sont les pièces de bout associées au bracelet noir. Ce duo d’accessoires permet de renouveler et de mettre en valeur le boîtier sous de nouveaux atours et surtout dans une « nouvelle » forme. Les Black Bay sont traditionnellement rondes. Mais habillées des pièces de bout fournies avec la version caoutchouc du bracelet, l’impression finale est toute autre. Le boîtier se voit couronné d’un volume supplémentaire qui le modifie littéralement.
L’espace latéral entre les cornes, habituellement vide, est entièrement comblé par les pièces de bout. La rondeur reste au cœur de la perception visuelle mais elle est enrichie par le surplus de matière. D’un boîtier rond et cornu on passe à un rond en costume, pour poursuivre l’analogique vestimentaire.
De même, cet espace qui sépare le début du bracelet de la fin du boîtier est, de fait, également obturé. Et ça change vraiment tout.
La version tout acier, complètement différente ?
Vous constaterez ci dessous que les mêmes pièces de bout serties sur le bracelet acier donnent une impression bien différente. C’est bien sûr dû à la matière commune aux pièces de bout et au bracelet qui supprime tout contraste entre les deux. Or, le contraste est à la base de la perception des formes. Cette dernière a beau être strictement identique au cahier des charges habituel de la BB54, le bracelet noir rehausse les lignes de l’acier. Les proportions habituelles ne changent pourtant pas :
Le boîtier est épais de 11.2 mm, l’entrecorne mesure 20 mm. La glace est en saphir, on retrouve la rose Tudor à 12h sur la lunette, tous les codes de la maison sont présents. Tout a pourtant changé.
Le même modèle version acierVoyez comme la forme change d’aspect
Costume trois pièces
La piece de bout est à la montre ce que le gilet est au costume. Dispensable mais indispensable, c’est ce que je peux écrire de plus simple et qui pourrait convaincre les marques à utiliser davantage cet accessoire. Et à instiller dans l’esprit des manufacturiers que la montre est un objet qu’on habille avec plus de variété qu’on l’imagine. Je vous renvoie d’ailleurs à notre article sur la personnalisation.
La grande sœur, la BB41
Tudor,Serica,Longines sont les trois maisons qui me viennent à l’esprit et qui utilisent ces accessoires. La version 2024 de la BB41 mm offre elle aussi un bracelet T-Fit noir en tout point identique, également orné de pièces de bout dans une dimension plus importante. Dommage d’ailleurs qu’il ne soit pas compatible avec les versions antérieures de ce modèle ( vous ne pourrez l’installer que sur la Ref. M7941A1A0RU-0001 ).
Comme vous le savez peut être déjà, on ne parle que de ce qu’on porte au quotidien sur Twistheure. Cette montre est à mon poignet depuis seulement six mois, c’est bien assez pour déterminer les points essentiels :
lisibilité
style
praticité
C’est un tiercé gagnant. C’est loin d’être le cas de toutes les montres qui peuvent parfois être magnifiques mais illisibles, comme la Vulcain Cricket que nous testerons bientôt et qui est impraticable la nuit venue. La BB54 ne possède pas ce défaut grâce à ses larges aiguilles et ses index ronds, recouverts de luminova.
L’invariable style Tudor de plongeuse habillée se retrouve malgré la taille. C’est un peu comme les Porsche911.. Toujours pareil mais toujours différent. Une version rouge aurait d’ailleurs été appréciée, à l’instar de la 41 mm. Quant à l’aspect pratique, il mérite qu’on s’y attarde :
On apprécie le T-FIT
Il permet un réglage fin bien plus facile que le système habituel des pompes. Ici, il suffit de relever la partie dédiée et de la faire glisser jusqu’à la longueur désirée. Puis de replier. Aucun outil n’est nécessaire. En combinant ce système avec l’ajout ou le retrait de maillons, il est impossible de ne pas trouver l’ajustement parfait.
Au programme, on trouve toujours :
l’étanchéité à 200 mètres ce qui est remarquable pour un garde temps de cette dimension.
la lunette tournante 120 positions
l’excellent MT5400, calibre manufacture d’une précision impressionnante ( moins de 3 secondes par jour sur toutes les Tudor testées dotées de ce mouvement : BB 41 , Glamour Double Date ).
la réserve de marche de 70h
le remontage par balancier bidirectionnel
Conclusion
Tudor a beau être apparentée à Rolex, ces deux maisons sont indépendantes dans leurs approches du design. Et malgré une forte identité et des éléments caractéristiques communs, on ne se passe pas des Black Bay lorsqu’on est collectionneur. Cette 37 mm ne fait pas exception, même si on aurait aimé plus d’itérations. On aurait également adoré la certification Metas puisque la sortie de ce modèle est concomitante avec celle de la nouvelle Black Bay 41 mm 2024, dotée de cette spécificité.
Il n’en reste pas moins que ce garde temps est un bouffée de fraicheur et probablement une des nouveautés les plus notables depuis longtemps. La preuve en est qu’il y a longtemps eu une liste d’attente ( d’un an en magasin ). Je ne connais pas les délais de livraison sur le site officiel mais j’imagine que c’est aussi le cas. C’est un signe révélateur de succès.
La nouvelle création de Serica, nous étions prévenus, est d’un tout autre genre que les précédents modèles du catalogue. Un pas a été franchi vers une collection plus polyvalente. Effectivement, les autres références du catalogue comme les 6190, 5303 et 8315 ne sont pas spécifiquement des montres de ville alors que la Parade ( ou 1174 ) affiche clairement sa volonté de plaire et son désir d’élégance, via un véritable parti pris esthétique : sa forme.
Chanceux que nous sommes, nous avons pu voir les modèles prototypes, proches de la préproduction. Et la première chose remarquable, c’est l’ovalité du boîtier de type baignoire. C’est toujours agréable de quitter les rondeurs qui représentent 90 % de la production de montres. Encore plus lorsque cette forme est une des moins répandues. Ce boîtier est original et détonne joliment dans la production actuelle.
Le bon rapport
La lunette de la Parade est assez large et c’est un point important car son épaisseur a un impact direct sur la perception que l’on a des dimensions d’une montre.
Une lunette franche
Le nombre 1174 n’a pas été choisi au hasard, il représente un rapport mathématique relatif aux dimensions du boîtier. On imagine aisément les heures de travail pour aboutir à un résultat jugé optimal par l’équipe de création. Faire simple c’est compliqué.
Les dimensions précises : 35 mm de largeur par 41 mm de longueur et 8.3 mm d’épaisseur. Parfaites pour une montre habillée puisque dans cette gamme on évite généralement les tailles trop imposantes. Élégance rime avec contenance et subtilité.
La couronne est d’ailleurs assez discrète, enchâssée entre les demi ronds de flan qui cassent subtilement la symétrie générale :
Le dos, nu mais brossé
Enfin, on remarque que le bracelet est fixé par des cornes invisibles afin de préserver la pureté de la forme géométrique, j’imagine.
Toujours le mouvement M100 Soprod
Ce dernier est certifié Cosc, c’est à dire que sa précision garantie oscille entre – 4 / + 4 sec par jour. On retrouve ce SoprodM100 sur la 5303 par exemple. La finition est la meilleure proposée par le manufacturier, elle répond au doux nom technique de R4 et le réglage est effectué sur 5 positions. Ce que l’on peut proposer de mieux à ma connaissance.
Photo : Caliber corner
Ce type de boîtier est le plus souvent doté d’un mouvement mécanique manuel. Ce n’est pas le cas ici et c’est appréciable. La réserve de marche suffît à passer le weekend si besoin. Soprod est une maison qui fournit d’excellents mouvements comme le C125 utilisé chez Chronoswiss, ou le PO24.
Deux aiguilles galbées
J’ai toujours eu un amour particulier pour les modelés deux aiguilles, comme vous l’avez peut être lu sur notre article dédié à la magnifique Chopard LUC XPS. Le duo des minutes et des heures dégage à mes yeux une pureté que ne possèdent pas les trois aiguilles. C’est une belle et bonne Idée pour un beau résultat car j’imagine qu’une trotteuse sur une montre ovale peut poser quelques problèmes de longueur.
La forme des aiguilles évoque elle aussi la rondeur. Si cette montre était une peinture, elle serait une Rubens.
Deux variations de cadran
Noir satin et laiton, ce sont les deux coloris proposés et ils sont radicalement différents. Si l’on omet la discrétion commune des index, malgré tout bien lisibles, on apprécie dans les deux cas le soleillage très original du cadran. Je ne me rappelle pas en avoir vu de semblable.
Les rayons excentriques légèrement sinusoïdaux s’échappent joliment vers les bords du cadran. Leur fuite se termine juste avant les index laissant un espace qui induit naturellement l’idée d’un chemin de fer. C’est très subtil, très réussi.
Je n’ai pas eu l’occasion d’observer la version noire de près mais l’effet est certainement identique, quoique logiquement plus discret. L’environnement lumineux doit probablement influer de belle façon et éclaircir le cadran foncé, mettant encore en valeur le travail sur ce dernier.
Avis subjectif
Les points forts de la Parade sont bien sûr sa forme, son guillochage original et hypnotique ainsi que sa lunette dont l’épaisseur vient contraster avec toutes ces subtilités esthétiques. Le tout est harmonieux, élégant mais polyvalent. Je serais curieux de voir cette montre sur un beau bracelet milanais, je pense que cela lui irait bien.
Quant au rapport qualité-prix de cette 1174 il est tout aussi bon que celui des autres modèles du catalogue. Un bon calibre, une belle montre française pour un prix qui situe ce modèle dans la gamme des montres de luxe.
En complément de cette mini revue, vous trouverez ici le test de la 5303que nous avons portée un an.
Si je peux me targuer de bien connaître l’univers des belles montres contemporaines, je suis moins calé sur les montres vintages. Entre les pièces typiques des années trente, les chronographes des années cinquante ou les boîtiers rectangulaires des seventies, il faut être bien armé pour savoir situer une montre dans son époque où dénicher une pépite sans la payer trop chère. Je me suis donc inscrit sur un groupe Facebook dédié il y a un an, dans l’espoir de parfaire mon bagage.
Le choix fut aisé, une recherche des mots clés « montre » et « vintage » et je trouvai un groupe francophone sur lequel je fis une demande d’inscription, rapidement traitée. Les présentations et remerciements d’usage effectués, j’ai été gentiment accueilli. L’esprit du groupe semblait agréable, ce qui est loin d’être le cas partout, croyez moi.
Groupe Facebook pour mostrophiles nostalgiques
Assez rapidement, j’ai observé que Nicolas M, membre administrateur, était fort instruit dans le domaine des tocantes anciennes . Entre passionnés le courant passe toujours bien, je l’ai donc contacté après quelques jours pendant lesquels j’ai partagé mes montres avec la communauté, posé des questions et fait connaissance. J’ai enfin proposé une interview à Nicolas qui a gentiment accepté. Mon but était simple : apporter quelques connaissances aux lecteurs qui découvrent l’univers des montres anciennes et désirent acheterr leur première précieuse. Car tout le monde désire une montre vintage, oui.
Bonjour Nicolas et merci de répondre à ces questions. Une partie de notre site est dédiée aux montres vintage, il me fallait donc une personne impliquée dans la communauté. J’aimerais savoir :
As tu toujours été passionné par les montres ? Comment ta passion a t -elle débutée ?
J’ai toujours été attiré par les montres, déjà étant petit. Vers sept, huit ans, je jouais avec celle de mon papa quand il ne la portait pas, avec la complicité de ma maman. C’était une Lip Sportville automatique achetée neuve en 73. Mais j’y faisais attention.
LIP Sportville 1973 automatique
Es tu davantage attiré par les montres d’une époque particulière ? Possèdes tu des garde-temps plus contemporains ou es-tu totalement hermétique aux créations actuelles ?
Je possède 99,9% de vintages et une seule contemporaine : une LIP Général De Gaulle. Ce fut ma première vraie montre car j’avais alors d’autres priorités. Une fois libéré de certaines obligations, je me suis dis qu’il était temps que je m’achète une véritable pièce : la Lip CDG . Ma passion pour les vintages est arrivées juste après.
Ta montre vintage préférée ?Celle que tu rêves d’avoir ?
J’ai bien trop de montres favorites…Celle que je rêve d’avoir, c’est mon troisième graal. Une triple date avec phase de lune, pas forcément d’une grande marque car je n’ai pas la bourse qui suit. Un Valjoux 90 me suffira amplement.
J’ai réussi à obtenir mes deux premiers graals , une Rolex vintage et une UG Polerouter noire. Mais pour faire suite à la première question je dirais ma Lip Sportville. La même que porte mon papa encore aujourd’hui et que j’ai mis trois ans à trouver dans un état proche du neuf.
Magnifique Polerouter sur bracelet acier noir
Le groupe Ma Montre Vintage est très actif et compte plusieurs centaines de membres. Quelle est selon toi sa plus grande utilité ?
L’utilité du groupe selon moi est d’abord de guider les néophytes. J’ai en moi cette notion de « protection » et d’aide que j’applique en répondant aux questions, en expliquant les besoins des montres mécaniques (notamment sur l’entretien) car beaucoup ne savent même pas qu’elles en ont besoin ni comment s’en occuper.
Je dénonce les arnaques autant que possible. Je me rappelle avoir été rappelé à l’ordre sur un autre groupe pour cela, ma publication avait été supprimée par un administrateur qui comprenait bien son intérêt mais ne pouvais accepter le fait de dénoncer…Tant mieux pour eux. Moi, je ne peux pas laisser passer ça. Beaucoup ont du mal à comprendre que si nous encadrons les ventes, c’est pour palier à ce genre de problèmes d’une part et d autre part pour remercier les membres les plus assidus de leur participation sur le groupe ( il faut obligatoirement partager sur le groupe pour bénéficier de sa visibilité , c’est donnant donnant ).
Face aux pêches miraculeuses de certains, je sais que plusieurs s’interrogent et se demandent où et comment chiner. Notamment dans les grandes villes. Des astuces?
Pour les pêches miraculeuses, il n’y a pas de mystère. Déjà, la région joue énormément… On trouve beaucoup plus de montres dans les brocantes de Franche comté qu’en Normandie, à mon grand regret. Après ,il reste internet. Mais dans tous les cas, un coin à champignons ça ne se donne pas !
La franche Comté
Quelles sont les chances pour un chineur d’acquérir une Blancpain, une Piaget ou une vieille Breitling abandonnée ?
Ce genre de pièces onéreuses ne se trouvent pas ou très rarement en brocante. Comme je le réponds souvent sur le groupe : si j’hérite d’une rolex , même si je n’y connais rien , je ne la jette pas dans un carton pour la prochaine brocante, je cours la faire estimer. Donc la chance de trouver une pièce comme ça en brocante est quasi nulle.
Pour un chineur « pro », quel est le plus important ?
Incontestablement : les contacts…
On croise beaucoup de LIP sur le groupe. Comment expliques tu la popularité de cette marque ?
Oui on croise pas mal de Lip. Et c’est normal car Lip a été LE plus connu des fabricants de montres françaises. On croise souvent également Yema, Aurore, Jazet d’autres françaises. Et pour les suisses on croise souvent : Zenith , Oméga, Longines, JLC, Tissot ( car Tissot avait sa place parmi les grands à l’époque… un peu moins aujourd’hui, je trouve ) et j’en oublie…
Quelles autres marques croisent -on le plus chez les amateurs de vintage ?
On voit souvent des marques méconnues, tombées en désuétude mais qui sont appréciées par les collectionneurs.
NDR : Gruen, Waltham et Helbros par exemple
Ce qui compte le plus, c’est donc de porter ce qui nous plait plutôt qu’une Omega, une Zenith ou une Breitling vintage ?
Oui, c’est primordial. Rien ne sert d’avoir une Omega qu’on aime pas… C’est le meilleur moyen qu’elle reste au fond du tiroir. Moi même, je possède une Aurore et une Jaz que je n’échangerai jamais contre une Omega. Idem pour la valeur sentimentale qui passe bien au dessus de la valeur pécuniaire.
Beaucoup sur le groupe demandent si ça vaut la peine de réviser une montre non connue. Ma réponse est toujours la même : bien sûr que oui, si on les aime et si on les porte ensuite.
Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui veut acheter sa première vintage, avec un budget de 400 euros et qui cherche un chrono ?
De privilégier une marque peu connue. Car de toutes façons les mouvements chronos sont suisses et de qualité, comme Landeron ou Valjoux. Au pire, il faut rajouter quelques dizaines d’euros pour privilégier un achat révisé et garanti par un pro. On en trouve dans les 450-500 €. Vu que la révision coute dans les 300 €, ça ne sert à rien d’acheter un modèle non révisé à 200-250 € qui risque de s’arrêter n’importe quand et surtout de s’user, ce qui va dégrader des pièces qu’il faudra changer plus tard. Et reviendra inévitablement plus cher. Alors oui, on peut trouver un chrono vintage de grande marque à 400 € mais il ne sera pas entretenu…
Finalement, même une Breitling vintage tournera avec un Venus tout comme une marque moins connue le ferait. Alors qu’aujourd’hui les mouvements des grandes maisons sont davantage personnalisés et parfois entièrement manufacturés , c’est bien ça ?
Effectivement, la Breitling vintage utilisera bien un venus sauf que le tarif sera bien supérieur à cause de la marque. Les très grandes maisons auront du manuf comme Bréguet ou Patek. Mais les Omega, Oris et bien d’autre utilisent maintenant de l’ETA modifié. Quand on modifie un mouvement, même de manière non significative, on a légalement le droit de dire que c’est du manuf ( comme le plat maison au resto dans lequel on rajoute juste une sauce ) alors que dans les Omega vintages, c’était systématiquement des mouvements maison. Donc je pense qu’on trouve plus de mouvements manufacturés dans les vintages que dans les contemporaines. Aujourd’hui, c’est le coût qui décide. Et Omega appartient au groupe swatch, qui possède aussi Eta … Donc forcément, ils ont intérêt à s’y fournir.
Merci Nicolas, personnellement j’ai appris des choses. J’imagine que les lecteurs également. Le mot de la fin?
Qu’importe la montre pourvu qu’il y ait l’ivresse!
À propos de Nicolas : Il ne porte que des bracelets acier.