Twistheure.com

Le temps passionnant

Étiquette : automatique

  • YEMA rejoint le club

    YEMA rejoint le club

    Les montres que vous trouverez sur Twistheure sont toutes magnifiques, jusque là rien d’extraordinaire. Mais elles sont aussi quasiment toutes animées par des calibres manufacturés, au vrai sens du terme. Étant donné que la mention « manufacture » est soumise à peu de contraintes dans son utilisation, on la trouve à toutes les sauces. Yema l’a pourtant bien méritée, puisque la maison a développé son propre mouvement, dans trois déclinaisons qui plus est.

    le fond transparent laissant apercevoir le CMM.29
    Le CMM.29 micro rotor, crédit YEMA

    Pourquoi réinventer la roue ?

    Développer son propre mouvement est coûteux en trésorerie et en formation, sans parler de la recherche et développement qui est un département très onéreux. De plus, le principe de fonctionnement d’une montre mécanique est le même depuis belle lurette ( énergie et régulation ), il ne changera pas de sitôt. Les avantages de créer son propre mouvement sont cependant très nombreux ; on peut décider de sa politique industrielle et économique et créer ses complications, se diriger vers la finesse, la performance, l’augmentation de la réserve de marche… L’investissement en vaut donc la peine.

    yema granvelle renaissance vue de coté
    La finesse du CMM permet d’atteindre 8.5 mm d’épaisseur finale, crédit YEMA

    Le statut de manufacturier

    Les amateurs de beaux garde-temps savent très bien quelles maisons emboîtent des Eta ou des Sellita, se servent d’ébauches exclusives ou emploient des contractants externes. Au moment de l’achat, ils privilégient les calibres de manufactures. Bien sûr, le prix est plus élevé, mais ne vaut-il mieux pas payer trop cher un mouvement créé en interne plutôt qu’un mouvement de série, même excellent ? Car un Sellita en version chronomètre certifié Cosc ne coûtera pas plus de 400 euros, selon bien sûr la quantité achetée, la finition etc… Or, on voit bien des maisons vendre des montres emboitées au delà de 5000 euros sur la seule base de leur réputation alors que des marques moins prestigieuses utilisent le même calibre dans un produit bien moins qualitatif. Et ça, le client averti le sait. Yema est donc bien très bien placé avec son mouvement CMM ( non certifié Cosc mais dont les performances avoisinent les normes )qui coute 2500 euros seulement.

    J’utilise souvent la métaphore des constructeurs et de la compétition automobile pour décoder l’industrie horlogère. Les marques auto partent d’un moteur de série et le modifient pour en améliorer les performances, mais il arrive qu’elles le conçoivent intégralement. C’est un peu plus classe et bien plus efficace. C’est pareil avec Omega et ses calibres 1120 ou 2500 ( premières générations )qui modifiait en profondeur des ETA en ajoutant la technologie co-axiale, entre autres innovations.

    L’indépendance créative et économique

    Une maison qui fabrique des pièces est indépendante des augmentations de tarifs des fabricants d’ébauches ( bases de mouvements achetées sur lesquelles on applique des modules pré fabriqués ou développés ). Elle peut concevoir ses propres complications en s’affranchissant des conceptions modulaires rendues obligatoires par l’utilisation d’ébauches, mieux gérer le SAV et, si elle fabrique toute la montre en interne, éviter les hausses de prix relatives à tous ses fournisseurs. Qui dit maîtrise des coûts, dit maîtrise du prix de vente… Enfin, le contrôle qualité ne peut qu’être meilleur, ce qui aura une conséquence sur le nombre de retours.

    Une fois le coût initial du développement absorbé, les marges deviennent meilleures et la maison horlogère n’a plus qu’à profiter de nombreuses années économiquement avantageuses. Et à améliorer encore son calibre manufacture.

    Le CMM.29, des performances de chronomètre et un design industriel assumé

    On maîtrise mieux ce qu’on a créé soi-même. Le CMM.29, qui est une version du CMM.20 micro-rotor, propose une réserve de marche et une précision dignes de son rang :

    specs du mouvement CMM.29 moins trois plus sept secondes par jour
    specs du mouvement CMM.29  70 heures de réserve de marche

    On aime ou pas mais le travail de décoration et le design du CMM sont éloignés de ceux de l’horlogerie classique. Personnellement, j’aime le style industriel que YEMA a choisi même si j’apprécie également les côtes de Genève. Je suis sensible à la modernité, du moins à celle de YEMA dont l’image de marque est plus contemporaine que traditionnelle.

    calibre manufacture yema CMM.10 AUTO
    CMM.10
    calibre manufacture yema CMM.20 AUTO MICRO ROTOR
    CMM.20
    calibre manufacture yema CMM.30 MECA
    CMM.30

    La Granvelle Renaissance

    La Granvelle est sortie il y a un moment déjà, mais la Renaissance est une nouvelle édition. Si elles partagent le même mouvement, la Renaissance est plus petite en taille. 37,5 mm contre 39 mm. C’est une différence importante car les boitiers coussins paraissent plus imposants que les boitiers ronds. Pour information, la Monaco trois aiguilles de Tag Heuer mesure 39 mm et la Chaumet Dandy est plus proche des 36 mm. Cela devrait vous aider à appréhender les dimensions.

    la granvelle yema 39 mm de 2025
    39 mm , crédit : YEMA
    la yema granvelle renaissance 37.5 mm de 2026
    37.5 mm , crédit : YEMA

    Plus petit, plus joli ? La discrétion étant un des principes de l’élégance, j’ai tendance à penser qu’il faut éviter les montres trop imposantes, mais c’est une affaire de goût. Il n’empêche que le retour en taille de l’industrie horlogère est de plus en plus perceptible. Ici on a le choix, car un écart de 1.5 mm entre deux boitiers identiques, c’est beaucoup. Notons que la finesse de la Granvelle Renaissance apporte une vraie valeur ajoutée en termes d’élégance. 8.5 mm, c’est fin, et ce résultat n’aurait pas été obtenu sans un mouvement micro-rotor dont la masse s’intègre dans l’épaisseur du calibre. La seule autre façon de l’atteindre eut été d’utiliser une montre mécanique à remontage manuel.

    cadran en gros plan de la yema granvelle renaissance saumon
    Crédit : YEMA

    Un cadran sur quatre niveaux

    Vous remarquerez sur l’image qui suit que le chemin de fer surplombe le devers sur lequel sont apposés les index et qu’il est lui même plus haut que le centre du cadran. Ce dernier est également surélevé par rapport au sous cadran des petites secondes. Le tout donne un effet de profondeur et de relief.

    le cadran et ses 4 niveaux de profondeur
    Crédit : YEMA

    D’élégance ,cette montre ne manque pas. Habillée mais polyvalente, le travail du cadran est riche et les petites secondes à 21 heures sont peu courantes. Cette Granvelle Renaissance se portera facilement. Les couleurs bleu, saumon et noir proposées se coordonnent aisément avec les habits de tous les jours. YEMA a produit une très belle pièce avec un beau mouvement et qui vient enrichir un catalogue de plus en plus habillé. La Urban Traveller, par exemple, suit la même philosophie.

    Reste à passer l’épreuve du temps et à éprouver la fiabilité des différentes déclinaisons de CMM qui ont permis à la maison d’entrer dans le club des manufacturiers.

    les trois couleurs de la yema granvelle renaissance bleu , saumon et noir
    yema granvelle renaissance vue de trois quart, saumon
    Crédit : YEMA
    la granvelle renaissance au porté
  • L’histoire de la masse périphérique

    L’histoire de la masse périphérique

    Assez tôt dans l’histoire de l’horlogerie, une autre solution que la masse oscillante centrale, située au dessus du mouvement, a été recherchée. Plusieurs techniques ont été éprouvées, avec plus ou moins de succès, la plus répandue étant le micro-rotor qui permet une meilleure finesse. La position centrale habituelle de la masse engendre effectivement une épaisseur supplémentaire, j’imagine que c’est la raison principale à la volonté d’intégrer la masse autrement. On peut aussi penser à une raison esthétique car la masse centrale classique cache partiellement la vue dégagée sur le calibre dont on profite sur un mouvement mécanique à remontage manuel.

    Le concept et les raisons de l’échec à l’époque

    Dans les années 50, un horloger italien a imaginé une masse circulaire segmentaire glissant tout autour du calibre entraînant ainsi trois pignons engrenant le remontage. Mais sans réussir à appliquer son idée. Plusieurs raisons ont empêché l inventeur, Paul Gostelli, de la concrétiser.

    • Des éléments critiques bloquaient le passage du segment dont la couronne et sa tige. C’était l’obstacle majeur.
    • Le problème de la friction. Saviez vous qu’en reliant deux dictionnaires ensemble et en intercalant une page l’une dans l’autre, il faut la force de deux chars modernes pour les dissocier ? La force de friction les maintient fermement à elle seule.
      Même en lubrifiant le segment de masse, la friction était trop importante, sans compter la résistance des galets et des roulements entraînés. De plus, les huiles de l’époque étaient encore d’origine animales. Aujourd’hui, un horloger n’utilise pas une seule huile, mais généralement 3 à 4 lubrifiants différents qui sont bien plus fluides.
    • La fragilité du système. La force centrifuge exercée sur les petites pièces mobiles par les chocs et les mouvements humains est bien plus grande qu’on ne l’imagine. Il faut penser en termes de proportions; une voiture radiocommandée au 1/32e qui file a 30 km /h correspond à 960 km/heure ( si on se miniaturisait nous-même au 1/32 e ) ou à 170 km/h en termes de lois physiques pures. Tout ça pour dire que les forces rencontrées par une masse sont d’autant importantes quelle est petite.
    • Pas de système d’amortissement. Nous verrons plus bas que la technologie moderne permet aujourd’hui ce qui n’était pas possible à l époque : consolider le mécanisme en réduisant les forces.
    • L’absence de CAO ( conception assistée par ordinateur ). Elle a servi a effectuer des calculs micromécaniques indispensables pour le passage de la masse. Sans cet outil c’était un challenge impossible.

    Toutes ces contraintes et difficultés techniques ne permettaient pas à l’époque de réaliser le mouvement à masse périphérique.

    Voici le brevet paru dans les années 50 :

    Brevet otiginal de l inventeur paul gostelli

    La première tentative de Patek : le calibre 350

    En 1970 environ, la manufacture Patek a tenté l’aventure de la masse périphérique mais ce fut un demi-échec. Sa solution pour éviter la tige de remontoir fut de créer un mouvement remonté par le fond de boite. Le brevet date de 1965, il décrit une couronne à plat dans lequel la tige de couronne est remplacée par un disque.

    Le rotor est fixé sur un anneau interne denté qui entoure le mouvement, guidé par des galets minuscules. Il entraîne les rouages du remontoir situés sur l’extérieur de la platine. À noter que la masse était en or pour une question de poids et d’efficacité. Mais le système était fragile et les pannes nombreuses.

    brevet du calibre Patek 350
    Le brevet

    Deuxième tentative, pas mieux

    Hélas, la fiabilité du 350 n’était pas au rendez-vous. La couronne à plat sur le fond de boite était trop près de la peau du porteur, la transpiration oxydait le mécanisme. Et le rendement était trop faible en cas d’activité trop peu soutenue, la montre s’arrêtait alors, à l’instar du calibre à glissière Pierce 861.

    le patek 350 à masse peripherique
    Le 350, crédit Orologico

    Patek revit donc sa copie en 1974 avec le I-350 ( I pour inversé ) en modifiant le sens du rotor périphérique, ce qui améliora effectivement le rendement mais les huiles trop épaisses, la fragilité du calibre et de l’alignement de la masse en cas de choc ont provoqué des pannes toujours en trop grande nombre. Patek a connu son plus rude échec. Aujourd’hui les 350 et I-350 sont extrêmement recherchés par les collectionneurs.

    Le 350 I, crédit : Watch Guy
    vue eclatée du calibre patek 350
    vue eclatée du calibre patek 350

    La masse périphérique, le chef d’œuvre de Bucherer

    C’est Carl F Bucherer qui a réellement maitrisé cette technologie, en 2008. Il a fallu de nouveaux matériaux comme des roulements à billes ultra-fins en céramique et du tungstène pour permettre à la masse de glisser correctement et d’entrainer le mécanisme de remontage. Bucherer a également incorporé une « suspension » sur chacun des trois roulements afin de limiter les chocs.

    Description de l'amortisseur du roulement céramique

    J’ignore comment le ressort est remonté par le déplacement circulaire de la masse mais si je devais parier, je dirais que les trois roulements qui sont entrainés par la masse remontent en même temps le ressort.

    manero peripheral date
    Manero Peripheral date, crédit Carl F bucherer

    Carl F Bucherer a ainsi conçu ses mouvements les plus élaborés en interne : le CFB A1000, CFB A2000, le Tourbillon CFB T3000 ou le Répétition Minutes CFB MR3000, et ils fonctionnent tous via une masse oscillante périphérique. Perrelet a également connu le succès mais via une approche différente puisque la masse est placée au niveau du cadran autour duquel elle tourne ( collection Lab Peripheral ).

    perrelet et sa masse peripherique qu on apercoit autour du cadran
    La masse est striée sur la photo, entre 15 h et 21 h

    Le doublé ?

    Le concept est exploité encore plus loin avec cet incroyable mouvement : le CFB T3000. Trois roulements microscopiques guident le tourbillon à l’intérieur de la cage qui n’est ni fixée sur la platine, ni suspendue à un pont. Elle est maintenue par la périphérie, d’où le nom : Double Peripheral. C’est de la haute horlogerie. La vidéo ci-dessous illustre le système.

    Il aura fallu attendre plus de cinquante ans pour que la technologie permette la réalisation d’une idée de 1955. Micro ingénierie, conception assistée par ordinateur et huiles synthétiques furent les piliers de cette réussite horlogère. Aujourd’hui Rolex possède la maison Bucherer. Espérons qu’elle sera ainsi plus amplement reconnue en tant qu’horlogerie de haute volée, dont les garde -temps somptueux méritent l’admiration des amateurs.

    Manero perpetual date
    Manero perpetual date , dos
    Manero Peripheral double Date

  • Le chronometre Bucherer 36 mm, circa 1965

    Le chronometre Bucherer 36 mm, circa 1965

    Il ne faut pas forcément casser sa tirelire pour s’offrir une belle pièce, même si elle provient d’une grande maison. Bucherer est née de l’association d’un horloger et d’un orfèvre à la fin du 19e siècle, suivie par un partenariat avec le fondateur de Rolex dont elle devient distributeur officiel vers 1920. C’est dans les années 70 que la marque a pris une ampleur internationale grâce à la naissance du département Carl F. Bucherer, entièrement dédié à l’horlogerie et à la vente des plus grands classiques comme Cartier, Rolex, Hublot… Les innovations horlogères comme la masse oscillante périphérique ont grandement contribué à la réputation de Bucherer qui reste à mon sens un horloger trop peu connu, malgré son rachat par Rolex il y a peu.

    C’est pourquoi nous mettons aujourd’hui à l’honneur cette pièce des sixties qui représente si bien l’esthétique de la maison et qui offrait le meilleur de Bucherer à l’époque : c’est à dire une finition irréprochable et une construction si remarquable qu’on en perçoit encore les bénéfices 60 ans plus tard.

    Le haut de la gamme : silence, on tourne !

    La qualité de cette montre est incroyable, j’ai tout bonnement cru que le mouvement était mécanique tant elle est silencieuse. Je l’ai secouée dans tous les sens afin de m’assurer qu’une masse était bien présente, rien à faire. Je l’ai donc posée sur le SwissKubic, lui aussi totalement furtif, et ai pu constaté qu’elle s’était remontée. Elle tient d’ailleurs un peu moins de deux jours sans remontage.

    Comment dater ce modèle ?

    Chronometre bucherer 36 mm en gros plan, de face
    Photo : Twistheure

    Il existe une série d’indices concordants qui m’ont amené à dater cette montre entre 1965 et 1970 :

    • La forme des index, très géométrique est typique de cette période
    • Le logo Bucherer, à cette époque il était moins épuré que dans les années suivantes
    • L’utilisation du tritium, on découvre en effet la mention : T Swiss Made T la réglementation le permettait encore

    Bien sur, je peux me tromper mais le vendeur professionnel ( Vintage Watches Restoration ) avait indiqué cette période également. Ceci dit, je n’ai trouvé aucune indication sur le cœur de la pièce.

    Quel mouvement ?

    Je n’ai pas tenté d’ouvrir ce chronomètre car je ne voulais pas déranger l’horloger pour si peu. J’ai donc fait des recherches, tout en sachant que Bucherer utilisait à l’époque des ébauches améliorées par leurs soins, notamment les excellents ETA 2472. C’est sur cette base que le « 1528 », qui équipe très probablement ce chronomètre, a été construit. Attention, le nombre 1528 est ici plutôt une référence de modèle de montre que le véritable nom du mouvement qui est bel et bien un ETA 2472 ( heure et date à 15 heures ) et qui existe aussi en version jour/date ( ETA 2474/2459 ). À l’époque, on ne donnait pas de nom de code aux calibres comme on le fait de nos jours.

    Le mouvement de base est donc un 11,5 lignes de 26,5 mm dont Bucherer a probablement modifié l’organe réglant, le balancier et le spiral ( antimagnétique ), puis effectué des réglages fins. C’est un peu comme augmenter les performances d’une voiture de série pour la course finalement. Ce 2472 représente bien alors la période prémanufacture de la maison qui finira par concevoir elle-même ses calibres. Un article sur ses réalisations est à paraître prochainement.

    2472 ETA , mouvement de la Chronometre bucherer 36 mm en gros plan, de face
    crédit : chrono 24
    2472 ETA , mouvement de la Chronometre bucherer 36 mm en gros plan, de face, disque de la date
    crédit : chrono 24

    Le boitier, le cadran, l’allure générale

    Comme tous les garde-temps que nous testons, celui-ci a été porté longtemps avant d’écrire ces mots, par moi en l’occurrence. J’ai donc eu le temps de l’observer et de tester sa précision. Bien sûr, après tant d’années et malgré une révision, la dérive est importante. Elle ne se remarque pas cependant. Rares sont les horlogers qui prennent le temps de peaufiner la chronométrie au point de tirer le meilleur des montres qu’ils révisent. Ce n’est que mon avis, basé sur les vintages révisées que je possède et dont je sais qu’elles ont été restaurées. Il existe bien sûr des exceptions.

    Mais parlons plutôt de l’esthétique de cette pièce. Le boitier de 36 mm et 19 mm d’entrecorne est assez fin, il est couvert par un plexiglas bombé dont les bords sont verticaux.

    bucherer 36 mm en tres gros plan, de profil
    Photo : Twistheure

    Le cadran est soleillé, les index sont rectangulaires et bordés de lignes légèrement plus claires que les bords. Une ligne de tritium court le long de l’axe des aiguilles qui reprennent la géométrie des index. La trotteuse est très fine et contraste bien avec la largeur de celles des heures et des minutes.

    bucherer 36 mm en gros plan, de biais
    Photo : Twistheure
    bucherer 36 mm en tres gros plan, de face, cadran
    Photo : Twistheure

    La date est classique, de bonne taille et bien lisible. Le logo en relief, apposé sous les douze heures, habille joliment le tout. La lunette est fine et discrète, ce qui joue sur la perception de la taille de la montre. Enfin, les cornes sont droites, sans biseaux ni chanfreins, typiques de la décennie d’origine.

    bucherer 36 mm en tres gros plan, de face, cadran et date
    Photo : Twistheure

    Au quotidien

    Ce chronomètre Bucherer se porte facilement. Peut-être davantage avec un look casual qu’avec un complet. Son design vintage le destine plus au style décontracté chic, avec une veste en daim ou en jean par exemple. Le bracelet en nubuck lui va assez bien et renforce encore l’aspect vintage. Cette montre vous donnera un air d’amateur de beaux garde-temps sans vous ruiner puisqu’on le trouve autour de 400 Euros. Pour une pièce de cette qualité et qui préfigure de la période manufacture de la maison Carl F Bucherer, c’est un très bon prix.

    Ce chronomètre est très silencieux, impossible d’entendre la masse tourner, même en tendant l’oreille. Impressionnant, j’ai porté des montres bien plus onéreuses dont le bruit n’est pas des plus esthétiques. C’est la plus belle preuve de sa qualité. D’une manière générale, la maison Carl F Bucherer propose de nos jours des pièces magnifiques, des chronographes flyback, des montres habillées et beaucoup sont pourvues de mouvements périphériques. Le terme manufacture, pour une fois, n’est pas galvaudé !

    En bref, si vous recherchez une vintage abordable, de grande marque et irréprochable au niveau horloger, cette Bucherer est parfaite. Ni trop ostentatoire, ni trop discrète, elle fera une belle impression sur vous et sur les autres.

    Galerie

    Boucle ardillon bucherer circa 1965
    Boucle ardillon bucherer circa 1965
    dos de la bucherer chrono 1965
    dos de la bucherer 36 mm
  • Le Pierce 861, un mouvement à glissières

    Le Pierce 861, un mouvement à glissières

    Peu connu du grand public et parfois même des spécialistes, le mouvement à glissière ne fonctionne pas comme les autres. Certes, il repose sur le principe du remontage mécanique basé sur la récupération de l’énergie engendrée par les mouvements de l’utilisateur. Mais la solution retenue par son inventeur est assez différente du système de la masse oscillante. Le terme « masse oscillante » est pourtant tout à fait indiqué pour désigner le Pierce 861.

    Ce n’est d’ailleurs pas le seul mouvement qui a opté pour une autre solution. La crise permanente engendrée par la surproduction des montres-bracelets a grandement favorisé l’innovation horlogère. L’histoire n’a cependant pas tout retenu.

    Avant de vous dévoiler le fonctionnement de ce calibre méconnu, il faut comprendre pourquoi c’est le système de la masse circulaire qui est le plus efficace et qui fut conservé par l’industrie.

    La contrainte de l’angle limité

    Une masse oscillante fonctionne toujours à 360 degrés. Qu’elle tourne via un axe central ou via un système périphérique comme c’est le cas de certaines Bucherer et Perrelet, la masse est libre de faire plusieurs tours sans rencontrer d’obstacle à sa course. De plus, si le système est bidirectionnel et remonte le ressort dans les deux sens, ce qui n’est pas le cas sur tous les mouvements, l’efficacité est doublée. C’est là tout le génie de ce processus mécanique.

    Le mouvement à glissières comme ceux que vous découvrirez juste après, fonctionne sur une plage limitée puisqu’elle n’est pas circulaire. La masse est entraînée par les mouvements du poignet mais seulement sur un axe linéaire, ce qui implique un début et une fin de course. Le dégagement est limité et le mouvement ne peut récupérer l’énergie que dans un sens. Le porteur doit effectuer un mouvement opposé afin d’engendrer à nouveau de l’énergie. A moins qu’un ressort ne l’aide dans sa course retour. Ce qui est le cas ici.

    Le Pierce 861, dépôt de brevet dans les années 1930/40.

    C’est Leon Levy qui a imaginé le mouvement à glissières. Il était employé chez Pierce, une marque suisse née en 1858. La meilleure période de cette maison se situe dans le premier tiers du 20e siècle. On peut dire qu’elle avait à cœur d’imaginer ses propres solutions plutôt que de copier le reste de l’industrie. Malgré cela la crise du quartz fit une victime de plus dans les années 70, dont la société Pierce.

    Mouvement pierce 861 ouvert

    Le fonctionnement du 861

    Si vous observez schémas et photos, vous apercevez un espace en forme de croissant entre le corps de la grosse pièce qui ressemble à une masse oscillante et les bords internes du boîtier. C’est en se déplaçant sur l’axe des deux glissières que l’énergie est transmise au ressort via la pièce linéaire dentée (la crémaillère).

    Une efficacité relative

    Une course si petite ne permet pas à la masse oscillante d’être suffisamment efficace. Il faudrait la secouer en permanence pour remonter correctement le ressort et même ainsi l’efficacité serait moindre. On parle alors d’un mauvais rendement.

    Mouvement très rare Pierce 861 à glissières
    La course et les glissières

    Chapeau bas

    Une campagne de publicité bien pensée mettait en scène un homme chapeauté qui se découvrait dans un large geste. La publicité expliquait probablement que ce mouvement permettait ainsi à la montre de se remonter. Je n’ai jamais vue cette publicité qui concernerait la marque Harwood, j’en ai simplement entendu parler, il semble cependant qu’elle ait réellement existé. Gemini, le grand gourou du savoir humain m’a confirmé son existence. Mais c’est Nicolas M qui m’en a parlé d’abord. D’ici à imaginer que Gemini s’informe chez Nicolas, il n’y a qu’un pas.

    Video du mouvement et du coulissement

    Le mouvement pendulaire

    Voici un autre exemple de mouvement automatique à glissement limité. Il est plus efficace que le Pierce 861 puisque la course est plus longue, quoique toujours limitée. C’est un calibre Buren, dit « pendulaire ».

    Mouvement Buren pendulaire côté fond ouvert
    Credit : Forumamontre

    Le mouvement à bumper Omega

    Encore un peu plus efficace, le mouvement à bumper est également pendulaire mais sa course est quasiment circulaire à 360 degrés. Le bruit de ce calibre est caractéristique et évoque un peu celui des flippers de notre jeunesse. On trouve parfois des ressorts pour amortir le choc de la masse qui vient claquer contre la butée.

    Mouvement oméga à bumper côté fond ouvert
    Credit Brussel Vintage

    Et le gagnant est …

    Ces trois calibres sont une alternative à la masse circulaire habituelle. On ne les trouve plus dans la production horlogère moderne car leurs performances ne le justifient pas.

    En revanche les micro rotors et les masses périphériques sont des alternatives élégantes et efficaces. Mention très bien pour Perrelet et Bucherer car les masses périphériques permettent de laisser apparentes ces dernières côté cadran ou côté fond.

    Montre Perrelet avec une masse périphérique côté cadran
    Credit : Perrelet

    Archives

  • Mon premier achat vintage

    Mon premier achat vintage

    J’ai remarqué que bien des amateurs de montres en viennent à s’intéresser aux montres d’antan. C’est d’ailleurs un peu vrai pour tout ce qui a trait à l’artisanat. Tendance et nostalgie sont le Nord et le Sud dans le monde du bel ouvrage. La première s’inspirant de la seconde, c’est assez logique. Il en va de même chez les passionnés : les amateurs de belles montres contemporaines suivent souvent le même chemin et remontent le temps.

    Pourquoi le choix du vintage ?

    Rolex, Omega, Piaget… toutes les grandes maisons ont hérité de centaines d’années d’expérience horlogère. Les calibres manufacture en sont la preuve ultime. Une marque moderne n’aurait aucun intérêt à réinventer la roue et ferait une grave erreur en proposant un mouvement créé à 100% en interne. Il faudrait un temps fou, des sommes colossales et le bénéfice serait nul. En un mot, on ne réinvente pas la roue. Il y a cependant eu de gros progrès technologiques depuis lors, notamment au niveau des matières employées.

    L’attrait du vintage réside précisément dans l’appréciation de l’histoire des grandes maisons à laquelle on accède via l’acquisition d’un modèle iconique, voire historique. Tout ça pour dire que peu importe l’époque, dans les grandes maisons l’excellence est présente dès les modèles originels. Les montres contemporaines sont magnifiques et sont l’évolution naturelle des modèles d’antan, mâtinés de progrès technologiques et de variations esthétiques. Pourtant, le neo vintage comme on l’appelle pompeusement ressemble fort à un aveu d’impuissance créative tant les codes d’antan étaient justes. Rassurez-vous, certains garde temps modernes sont sublimes. Mais ils gardent précieusement en eux l’héritage du passé.

    L’autre facteur qui porte le choix des mostrophiles vers les modèles historiques, c’est l’esthétique particulière, caractéristique et originale des montres des années 20, 50, 60 et 70. Les tarifs abordables sont un autre argument, même si on trouve des montres de cinquante ans hors de prix.

    MONTRE JAEGER LECOULTRE VINTAGE
    CHRONOGRAPHE SUISSE
    CONSTELLATION OMEGA

    Une offre pléthorique

    Si vous envisagez de vous lancer dans l’aventure, vous devrez être armé de solides connaissances afin d’éviter de payer trop cher. Ou d’espérer dénicher la perle dont le vendeur ignore tout. Avant tout, il faut choisir votre camp. Préférez-vous les montres restaurées à l’origine ou celles qui expriment leur vécu, leur histoire ?

    Cadran restauré ( suppression du label SWISS MADE, reprise du logo )

    L’état presque parfait : NOS

    Si vous vous demandez à partir de quand on considère qu’une montre est vintage, sachez qu’elle doit être âgée d’au minimum 20 à 25 ans d’âge pour recevoir cette noble mention. Ce qui nous amène au début du 20e siècle. Voici justement une Omega De Ville tonneau des années 90 acquise par la rédaction, un exemple parfait pour illustrer les plus jeunes vintages.

    Il s’agit d’une pièce en excellent état, jamais portée. On peut la qualifier d’état de NOS puisqu’elle n’a quitté les vitrines d’Omega que pour atterrir dans un tiroir et ne plus jamais en sortir. ( NOS : New old stock ).

    Méfiance cependant si vous achetez une NOS directement sans qu’elle soit passée par la case révision. Surtout pour les plus anciennes dont les huiles sont naturelles et ont tendance à sécher. Ne jamais la porter directement, toujours la confier à un horloger. Sinon c’est la panne assurée. Cela n’a pas raté avec ce modèle qui dérive de trente secondes / jour et dont la date passe à 5h au lieu de minuit.

    Un autre exemple, j’ai croisé une IWC NOS. Arborant toujours l’étiquette d’époque, jamais portée. Le temps et probablement les UV ont offert à son cadran une couleur verte très pâle, subtile mais magnifique. Ce modèle relativement simple a vu sa côte grimper grâce à cette particularité. Hélas, je n’ai pas d’image de cette pépite croisée à l’Atelier du Temps. Mais vous l’aurez compris : certaines particularités que seule une très longue période de temps peut causer suffisent à augmenter la valeur nominale d’une montre vintage. C’est le prix du temps.

    On retrouve ce phénomène avec les voitures custom de type rat-road ( voiture rat, dirions nous ), remontées avec des plaques de tôles qui ont passé 50 ans à rouiller. inimitable. Et fort cher.

    Ou la noblesse du vécu

    Une large portion d’amateurs de vintage cherche l’authenticité, l’aspect du vécu, une histoire autant qu’un objet. Le moindre polissage, la plus petite intervention est à leurs yeux un crime. Un montre militaire portée par un soldat, anoblie par l’usure, est pour eux un doux rêve. La patine est à ces passionnés ce qu’un certificat d’authenticité est au collectionneur de tableaux de maître.

    Crédit : Xupes

    Vous serez peut être choqué d’apprendre que restaurer une montre usée peut drastiquement faire baisser sa valeur. Je pense à l’exemple frappant d’un lecteur qui a découvert dans les affaires de son grand père une Blancpain Fifty Fathom originale dont le verre était rayé, le boîtier abîmé et le cadran délavé. En l’état cette pièce vaut entre 10 et 15000 euros alors que la moindre intervention, en dehors bien sûr des éventuelles réparations du mécanisme, aurait anéanti la valeur et surtout l’intérêt de cette montre originale. Un bon horloger saura réparer une montre au vécu marqué mais en sublimant la patine plutôt qu’en la remettant à neuf.

    Un univers d’amateurs avertis

    Comme je l’explique également dans l’article : Ma première montre de luxe ( lien ci dessous* ), il vaut mieux être armé d’un minimum de connaissances sur l’univers du vintage avant d’envisager un achat. Car on peut trouver le même modèle du simple au triple de sa véritable valeur financière, si tant est que quiconque la connaisse .

    Il n’y pas de côtes officielles à ma connaissance, il faut donc estimer soi même si une montre est trop chère. Pour ce faire, il faut se fier à certains facteurs déterminants :

    • La matière. Bien sûr l’or est plus cher que le métal. C’est parfaitement normal. L’écart est cependant moins important avec les montres vintages que celui qu’on trouve entre deux modèles contemporaine or ou acier identiques.
      • Les modèles plein or sont courants dans l’univers du vintage mais bien moins que les plaqué or ou ceux en acier. Il faut toujours observer le dos de la montre, s’il est en acier, la montre est plaqué or. S’il est en or, le dos le sera aussi et un poinçon sera présent.
    • La marque. Évidemment, les grandes maisons sont moins accessibles que les marques plus modestes mais une montre recherchée, même si le fabricant n’existe plus, peut être plus chère. L’exemple des Universal Genève et notamment de la Polerouter illustre bien ce propos.
      • Le retour en grâce. Breitling vient d’ailleurs de racheter / relancer Universal Genève disparue il y a 35 ans. Et ce n’est pas la seule marque qui renaît de ses cendres. Cuervo Y Sobrhrinos, Eska, Vulcain… Tous ces comebacks ont eu une influence sur les prix des modèles antérieurs à leurs disparitions.
    • L’etat esthétique. Voici encore un facteur piégeux puisque certains préfèrent leurs montres anciennes dans leur jus de trouvaille. Alors que d’autres recherchent la perfection. Mais si la montre ne fonctionne pas, le prix baisse.
    • Le mouvement. Imaginons un modèle vintage disponible avec deux mouvements. L’un étant assez répandu et l’autre étant un Zénith 135 ou un IWC 83. Le prix du second modèle exploserait littéralement. Ce sont effectivement deux calibres vintage de légende. Mais cela ne nuit pas à l’explication. Ce principe reste vrai aujourd’hui encore.
    • La rareté. Ou plutôt la demande. Il ne faut pas surestimer l’influence de la rareté sur la valeur d’une montre. Ou même sur celle d’une antiquité ou d’un bijou ancien. C’est la demande qui prime. Souvent les deux vont de pair, je vous l’accorde. Mais je possède une montre lingot des années 30 qui n’existe plus qu’en 30 exemplaires. Elle ne vaut que ce qu’un acheteur est prêt à m’en donner, car personne ne la recherche spécifiquement.

    Vous l’aurez compris, pas facile de savoir si une vintage est vendue à bon prix. sachez que généralement les vendeurs professionnels vendent un peu trop chers et que les particuliers sont plus proches d’un tarif réaliste, bien qu’ils ne vendent parfois pas assez cher. En revanche il ne faut pas acheter de vintages sur les plateformes comme Chrono24 sur lesquelles on croise des prix ahurissants. Le mieux est de poser la question à la communauté ou de faire des recherches.

    Le premier achat

    Deux solutions sécures s’offrent à vous, les magasins ou les sites spécialisés en ligne ou les groupes facebook dédiés. Ces derniers ne proposent pas forcément d’acheter mais je vous invite vivement à les consulter avant de vous décider. Le groupe Chineurs de montres m’a personnellement permis de parfaire ma culture vintage, de poser des questions et de rencontrer des passionnés qui m’aident à ne pas dire pas de bêtises.

    Les premiers prix démarrent dès 100, 150 euros pour une LIP par exemple. Certaines Omega se trouvent facilement autour de 400 à 600 euros. Beaucoup de modèles plus luxueux valent de 1000 à 2000 euros. J’ai découvert ce site, sérieux et éprouvé par mes soins : DuMarko. Que du beau.

    Vous êtes désormais armé pour entamer vos recherches et dénicher votre première pépite.

    340 euros pour du pur vintage russe

    A lire en complément

  • Ma montre m’habille

    Ma montre m’habille

    La montre est le bijou de l’homme. Souvent le seul qu’il porte d’ailleurs. C’est tout aussi vrai pour ces dames mais en matière d’accessoires elles ont davantage de possibilités. Et s’il est vrai que la montre habille l’homme, l’homme peut aussi habiller la montre. Ce n’est pas difficile et nous ne prétendons pas le faire mieux que les autres, il est plutôt question ici de faire le tour des ensembles les plus marquants.

    Car au fil du temps certains looks se sont démarqués et sont devenus des classiques, en quelque sorte. Cet article n’a pour simple but que de les reproduire, afin de vous inspirer. Et si besoin, d’apprendre à éviter les fautes de goûts ( Rolex et survêtement par exemple ).

    À noter que plusieurs des montres sont pourvues de bracelets confectionnés sur mesure et parfois même en partie fabriqués par votre serviteur. Dans tous les cas les designs sont personnalisés. Voici quelques belles combinaisons.

    La plongeuse chic et le blouson en cuir

    Incarnation de la polyvalence, la Tudor Black bay se porte avec tout. Mais c’est le casual chic qui correspond le mieux à cette plongeuse des grands soirs. Une Black Bay, 41 mm par exemple, s’assortit très bien avec un blouson en cuir de type motard à col rond. La cerise sur le gâteau : une BB rouge et un cuir noir ou une noire et une peau couleur cognac. Indiscutable.

    Ici la dernière BB54 37 mm
    Sa grande sœur, la 41 mm
    Ca fonctionne également avec un beau chrono, ici une Breitling

    Le cadran bleu et la chemise à bandes bleues

    En matière de rappel chromatique, subtilité rime avec efficacité. L’idéal étant de marier les couleurs du cadran avec celles des bandes ou des rayures. Mais si vous pouvez assortir le grain du bracelet avec la matière de la chemise, c’est une touche d’élégance supplémentaire. Ici, une chemise en lin / elasthane et un tissu technique sur crocodile, agrémentés d’un cadran bleu profond. Remarquable.

    Une Flagship Longines sur tissu technique Avel and Men, en voile de bateau recyclée
    Ici, une Chopard LUX XPS en tissu technique sur alligator et une chemise Majestic Filature en lin elasthane

    Le pull rose et la montre pistache

    Tag Heuer Carrera verte, bracelet argent,  sur pull rose

    Que voilà une belle combinaison, un beau duo de couleur même. Choisissez une rose léger et un vert intense, ou l’inverse. Ma préférence va pour le haut rose et la montre verte mais cette paire fonctionne dans les deux sens. Un cadran rose et un pull vert par exemple. Des index dorés sont ici de très bon goût également. Inimitable.

    Noir mais blanc

    Si vous êtes l’heureux propriétaire d’une montre fantôme et d’un beau complet noir, n’hésitez pas à les coupler. Mais pour souligner l’un comme l’autre, une chemise claire viendra césurer l’ensemble de la plus belle des manières. Imparable.

    Le style vintage

    Une veste en daim néo vintage, style années 70 et une Zenith à peu près de la même époque, ça ne peut que fonctionner. Si le boitier est de forme, l’effet s’en trouve renforcé. Atemporel.

    La montre nue et les bracelets

    Je ne me permettrai pas de juger mais je croise souvent de beaux garde temps affublés de breloques ou de gourmettes en grand nombre. On peut vite tomber dans l’excès et j’ai personnellement l’impression que l’ensemble se dévalorise mutuellement. J’ai pourtant succombé à la tentation en essayant cependant de rester sobre. J’ai choisi une montre et un bracelet qui vont bien ensemble grâce à leurs designs baroques et leur matériau commun. Est-ce aussi beau que la montre ou le bracelet seuls ? Question de goût.

    Cuervo Historiador et bracelet Rochet

    Le style baroudeur

    Un chrono vintage, une parka, un vieux jean… Et une belle montre. Plongeuse, chrono ou bien militaire, le look est immédiatement cohérent.

    Le style driver

    Encore une fois, ces idées ne sont présentées qu’à titre indicatif. Un article plus poussé sur la personnalisation des montres est disponible ici.

    GALERIE

  • Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Voici une marque que je connais bien. C’est d’ailleurs grâce au modele Historiador que je suis revenu dans l’univers des montres automatiques après quelques années d’infidélité. Pour la petite histoire, je cherchais une Rado Golden Horse mais en voyant le cadran rouge fumé et les cornes godron de cette cubaine, j’ai craqué. C’était ma première belle montre depuis la Cartier Tank de mes 18 ans, une quartz. C’est peut-être la raison pour laquelle j’associe ces deux marques anciennes et historiques.

    Cuervo est née en 1882, comme une simple bijouterie de La Havane qui a plus tard débuté la vente de montres. Elle fut reprise comme bon nombre de marques horlogères mais par le gouvernement cubain, qui la nationalisa suite à la révolution. Selon les propres dires de la maison, ce fût une période de déclin durant laquelle la production de montres militaires était l’activité principale. De 1965 à 1996 la marque redressa cependant la barre jusqu’à quasiment cesser son activité, hélas.

    2002, la renaissance Suisse

    La seconde naissance de Cuervo vit son héritage cubain placé au centre de sa politique esthétique, malgré une fabrication désormais Suisse. La valse des reprises, recréations, réinterprétations qui fait danser la majorité des marques débuta juste après, avec l’idée de conserver le style insulaire originel. Le mouvement CYS 4008 par exemple est un Landeron 248 restauré qui équipe ce modèle :

    L’histoire du Chrono Landeron CYS ici

    Forte de son expérience de bijoutier autant que de son esprit baroque et tropical, les clins d’œil de la maison Cuervo à l’histoire de l’île sont nombreux. Des cadrans aux couleurs caribéennes et aux noms exotiques évoquant la piraterie jusqu’à la forme godronnée des cornes, tous les modèles racontent l’histoire de Cuba.

    Un boîtier au style prononcé se décline justement sur pratiquement tout le catalogue. L’Historiador, L’Historiador Tradicion et la Flameante le reprennent dans des proportions légèrement différentes.

    Un des rares mouvements manuel de la marque, la Flameante

    Le modèle Flameante mérite qu’on s’y attarde. Tout d’abord c’est à ma connaissance le seul qui se remonte manuellement. C’est surtout celui qui propose le plus beau cadran, à mon goût. Guilloché en spirales complexes, il capte immédiatement l’attention. Le sous-cadran des petites secondes dénué de finitions n’en ressort que plus distinctement.

    La maison propose aussi des boitiers lingot et depuis peu des modèles féminins. Une de leurs dernières créations est fort jolie, il s’agit de La Robusto sans souci . Les Winston Churchill sont très belles également mais assez imposantes ( 43 mm ).

    Le style CYS est très reconnaissable, voici la majorité de leur catalogue en images :

    Les mouvements

    Cuervo travaille avec Sellita. Ce n’est ni assumé, ni dissimulé par la maison. Les dénominations des mouvements ressemblent à des références aux initiales de la marque ( CYS5159 par exemple ). Ce qui correspond à un SW 261. Les finitions sont propriétaires mais j’ignore si elles sont effectuées en interne. J’ignore également le grade utilisé, élaboré ou chrono probablement. Pour rappel, le grade correspond aux performances et au nombre de positions de réglages. En deux mots, à la précision. Nous ferons une revue d’un modèle CYS, probablement de la Flameante.

    Une marque connue et reconnue

    La maison CYS est historique, diffusée dans plusieurs pays et elle propose une très belle gamme ainsi que certains modèles exceptionnels, or et acier. De plus, on trouve des Cuervo vintage facilement. Tous ces critères en font pour moi une marque haut de gamme à part entière. Dommage que les mouvements propriétaires ne soient pas au cœur de leur politique. Mais Cuervo est loin d’être la seule à emboiter des montres. Au moins, cela favorise le rapport qualité prix global. Il n’en reste pas moins que c’est une belle maison avec une histoire riche. Il n’est pas exclu que nous fassions une revue sur la Flameante, une pièce au stylle néo baroque contemporain.

    En conclusion, je dirai que cette maison est trop peu connue par chez nous. La faute à une distribution nationale famélique. Si on se base sur le nombre d’annonces sur Crono24 pour déterminer la popularité d’une marque, Cuervo est très connue. J’en déduis que certains pays sont plus sensibles au design latin que d’autres.

    Cuervo en France

    Un documentaire sur la maison Cuervo
  • Un gadget qui sauve : le démagnétiseur

    Un gadget qui sauve : le démagnétiseur

    Votre montre avance soudainement ? Le stress de la panne monte ? Rassurez vous, avant d’emmener votre précieuse chez l’horloger, il reste un point à vérifier. À l’époque des téléphones portables, du wifi et autres enceintes nomades, votre garde temps a peut-être attrapé le rhume de la montre, il a été magnétisé.

    Le vaccin

    Les montres contemporaines sont très souvent protégées contre les champs magnétiques, jusqu’à un certain point en tout cas. Les Omega et plus récemment les Tudor sont certifiées METAS. Elles résistent largement aux agressions magnétiques quotidiennes. D’autres marques utilisent des matériaux non ferreux ( Pequignet par exemple ) ce qui les protège également. Certains modèles vintages sont protégés mais plus dans l’esprit de la cage de Faraday, les matériaux non ferreux étant plus rares à l’époque ( je crois ). Bref, certaines tocantes sont vaccinées.

    Comment savoir si ma montre est malade ?

    La majorité des modèles de montre reste vulnérable aux champs magnétiques. Pour savoir si la vôtre est atteinte du mal en question, rien de plus simple. Une bonne vieille boussole des familles émettra le diagnostic. Passez votre montre devant l’aiguille et observez bien, si cette dernière bouge légèrement à l’approche de votre montre, c’est qu’elle est magnétisée. Quant aux symptômes ce sont toujours les mêmes : la perte de précision. Retard ou avance sont possibles. Cette astuce ne fonctionne pas avec la fausse boussole d’un smartphone, au contraire elle aggravera le mal.

    Pas d’antibiotiques, un démagnétiseur.

    C’est un gadget que l’on peut se procurer facilement, les horlogers en possèdent tous un, j’imagine. Peu onéreux, on le trouve sur Amazon pour quelques dizaines d’euros. Il suffit de le brancher sur le secteur, de poser votre montre dessus quelques secondes et le tour est joué.

    Si la panne persiste après le traitement, il faut vous diriger vers un horloger. Mais si vous refaites le test de la boussole et que l’aiguille reste immobile, tout va mieux. À l’avenir tenez votre montre éloignée de tout objet électronique ou électrique. Là où il y a du courant, il y a potentiellement des champs électromagnétiques.

    Pourquoi les champs magnétiques altèrent-ils le fonctionnement des montres automatiques ?

    Le ressort spiral, petit frère du pendule des horloges, est au cœur de la montre. Tous deux ont la même fonction, ils régulent le mécanisme via leurs oscillations et ramènent le balancier à sa position de départ. Le spiral influe donc littéralement sur la précision. Or, il est très souvent en métal fin et délicat. Cette finesse le rend particulièrement sensible aux changements thermiques et magnétiques. La dilatation/ rétractation provoquée par l’amplitude thermique est néfaste tout comme les champs magnétiques aimantent le spiral et modifient ainsi la fréquence de son oscillation. La précision est altérée dans les deux cas. C’est pourquoi certaines montres modernes utilisent du Nivachron, un matériau moins sensible au magnétisme.

    Le ressort fait tourner la roue
  • Coup d’oeil sur la Serica Parade

    Coup d’oeil sur la Serica Parade

    La nouvelle création de Serica, nous étions prévenus, est d’un tout autre genre que les précédents modèles du catalogue. Un pas a été franchi vers une collection plus polyvalente. Effectivement, les autres références du catalogue comme les 6190, 5303 et 8315 ne sont pas spécifiquement des montres de ville alors que la Parade ( ou 1174 ) affiche clairement sa volonté de plaire et son désir d’élégance, via un véritable parti pris esthétique : sa forme.

    Chanceux que nous sommes, nous avons pu voir les modèles prototypes, proches de la préproduction. Et la première chose remarquable, c’est l’ovalité du boîtier de type baignoire. C’est toujours agréable de quitter les rondeurs qui représentent 90 % de la production de montres. Encore plus lorsque cette forme est une des moins répandues. Ce boîtier est original et détonne joliment dans la production actuelle.

    Le bon rapport

    La lunette de la Parade est assez large et c’est un point important car son épaisseur a un impact direct sur la perception que l’on a des dimensions d’une montre.

    Une lunette franche

    Le nombre 1174 n’a pas été choisi au hasard, il représente un rapport mathématique relatif aux dimensions du boîtier. On imagine aisément les heures de travail pour aboutir à un résultat jugé optimal par l’équipe de création. Faire simple c’est compliqué.

    Les dimensions précises : 35 mm de largeur par 41 mm de longueur et 8.3 mm d’épaisseur. Parfaites pour une montre habillée puisque dans cette gamme on évite généralement les tailles trop imposantes. Élégance rime avec contenance et subtilité.

    La couronne est d’ailleurs assez discrète, enchâssée entre les demi ronds de flan qui cassent subtilement la symétrie générale :

    Le dos, nu mais brossé

    Enfin, on remarque que le bracelet est fixé par des cornes invisibles afin de préserver la pureté de la forme géométrique, j’imagine.

    Toujours le mouvement M100 Soprod

    Ce dernier est certifié Cosc, c’est à dire que sa précision garantie oscille entre – 4 / + 4 sec par jour. On retrouve ce Soprod M100 sur la 5303 par exemple. La finition est la meilleure proposée par le manufacturier, elle répond au doux nom technique de R4 et le réglage est effectué sur 5 positions. Ce que l’on peut proposer de mieux à ma connaissance.

    Photo : Caliber corner

    Ce type de boîtier est le plus souvent doté d’un mouvement mécanique manuel. Ce n’est pas le cas ici et c’est appréciable. La réserve de marche suffît à passer le weekend si besoin. Soprod est une maison qui fournit d’excellents mouvements comme le C125 utilisé chez Chronoswiss, ou le PO24.

    Deux aiguilles galbées

    J’ai toujours eu un amour particulier pour les modelés deux aiguilles, comme vous l’avez peut être lu sur notre article dédié à la magnifique Chopard LUC XPS. Le duo des minutes et des heures dégage à mes yeux une pureté que ne possèdent pas les trois aiguilles. C’est une belle et bonne Idée pour un beau résultat car j’imagine qu’une trotteuse sur une montre ovale peut poser quelques problèmes de longueur.

    La forme des aiguilles évoque elle aussi la rondeur. Si cette montre était une peinture, elle serait une Rubens.

    Deux variations de cadran

    Noir satin et laiton, ce sont les deux coloris proposés et ils sont radicalement différents. Si l’on omet la discrétion commune des index, malgré tout bien lisibles, on apprécie dans les deux cas le soleillage très original du cadran. Je ne me rappelle pas en avoir vu de semblable.

    Les rayons excentriques légèrement sinusoïdaux s’échappent joliment vers les bords du cadran. Leur fuite se termine juste avant les index laissant un espace qui induit naturellement l’idée d’un chemin de fer. C’est très subtil, très réussi.

    Je n’ai pas eu l’occasion d’observer la version noire de près mais l’effet est certainement identique, quoique logiquement plus discret. L’environnement lumineux doit probablement influer de belle façon et éclaircir le cadran foncé, mettant encore en valeur le travail sur ce dernier.

    Avis subjectif

    Les points forts de la Parade sont bien sûr sa forme, son guillochage original et hypnotique ainsi que sa lunette dont l’épaisseur vient contraster avec toutes ces subtilités esthétiques. Le tout est harmonieux, élégant mais polyvalent. Je serais curieux de voir cette montre sur un beau bracelet milanais, je pense que cela lui irait bien.

    Quant au rapport qualité-prix de cette 1174 il est tout aussi bon que celui des autres modèles du catalogue. Un bon calibre, une belle montre française pour un prix qui situe ce modèle dans la gamme des montres de luxe.

    En complément de cette mini revue, vous trouverez ici le test de la 5303 que nous avons portée un an.

    Galerie