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Étiquette : montres de luxe

  • Ma première montre de luxe

    Ma première montre de luxe

    Le tout premier achat d’une belle montre est délicat, autant pour un cadeau que pour soi même. Les tarifs peuvent grimper très haut, il est donc normal d’hésiter et de se renseigner. Il arrive d’ailleurs très souvent que l’on croise des questions à ce sujet sur les groupes dédiés :  » J’ai arrêté mon budget mais j’hésite encore entre l’achat neuf ou l’occasion  » Ou  » J’ai un modèle en tête mais j’ignore tout de la marque qui le propose « .

    Les prix des montres de grandes maisons sont élevés et les marques indépendantes ne sont pas en reste. Sans parler des produits moins convaincants qui surfent sur le marché du luxe et gonflent leurs prix.

    C’est un vaste univers que celui de l’horlogerie. Il existe en effet non pas des centaines mais probablement des milliers de marques horlogères, sans compter celles qui n’existent plus mais dont les modèles sont encore disponibles. Il y a de quoi s’y perdre. Avec notre aide et en suivant quelques étapes, vous obtiendrez votre précieuse.

    liste de logos de marques de montres de luxe
    Les grandes maisons

    Le tout premier conseil

    Une belle montre est un objet fort désirable et nombreux sont ceux qui sont tombés amoureux d’une pièce hors de leur portée. Or, cet attrait peut vous jouer des tours. Si d’aventure vous désirez absolument un modèle dont le tarif est au dessus de votre budget, il ne faut pas succomber et acheter un modèle parent par dépit. C’est la garantie quasi-certaine de regretter votre achat. Dans ce cas, mieux vaut économiser ou renoncer au profit d’une autre pièce, très différente.

    liste de logos de marques de montres de luxe indépendantes
    Des marques indépendantes, chez Freret Roy

    L’exemple de la Royal Oak d’Audemars Piguet est flagrant. Il existe de nombreux modèles hommages qui en sont inspirés plus ou moins fidèlement. La Tissot PRX par exemple ou mieux encore la Chopard Alpine Eagle. Assez proches en termes esthétiques mais respectivement cent fois et dix fois moins chères, il ne faut pas les choisir par déception ne pas pouvoir acquérir le modèle original mais plutôt vous diriger vers tout autre chose. Il n’en reste pas moins que la Tissot et la Chopard sont de très belles pièces également.

    Montre AP Royal Oak acier sur cuir
    La Royal Oak. Crédit : Farfetch
    Montre Chopard Alpine Eagle
    La Chopard Alpine Eagle. Crédit : Chopard
    Montre Tissot PRX sur cuir noir
    La Tissot PRX Credit : Tissot

    Définir son budget et choisir son style

    Se tenir à son budget permet de moins se disperser. Imaginons pour l’exemple que ce budget soit de 2000 euros, ce qui est déjà une belle somme pour un premier achat. La majorité des sites en ligne proposent un filtre par prix qui permet de trier les produits dans votre budget. Vous n’avez plus qu’à passer à la seconde étape : isoler vos préférences.

    Qu’elles soient modernes, d’occasion ou vintages, il y a sûrement un style de montre que vous préférez. L’identifier permet d’affiner sa recherche d’autant plus que les marques déclinent justement leurs catalogues par style. Globalement, on peut catégoriser les montres ainsi :

    • Les montres habillées
    • Les plongeuses
    • Les montres outils ou montres de tous les jours
    • Les chronos, sportifs ou distingués
    • Les montres typées militaire
    Les catégories majeures des montres de luxe   sport, ville, militaire
    Les catégories majeures

    Ces catégories se conjuguent entre elles en empruntant une ou plusieurs de leurs caractéristiques à leurs cousines. On trouve ainsi des plongeuses habillées, des chronos d’aviateur, des montres élégantes polyvalentes etc…

    L’élue de votre cœur aura forcément une des ces caractéristiques et les marques proposent souvent des collections riches de plusieurs choix dans un même style. Bien sûr, il existe des maisons qui se spécialisent dans un exercice défini. Vous ne trouverez pas de plongeuses chez Cartier, ni de militaires chez Piaget. On peut cependant réduire toutes ces catégories à trois genres : la montre de ville, la plongeuse et le chronographe.

    Maintenant que vous avez défini les facteurs liminaires à une belle acquisition ( le budget et le style), il reste à vous décider entre la première, la seconde main ou le vintage.

    L’occasion

    On a déjà tous acheté un article d’occasion mais l’achat vintage est moins courant et plus délicat, nous y reviendrons tout spécialement. Ces trois univers ont chacun des avantages et des inconvénients qu’il faut analyser et pour bien appréhender les différences entre ces politiques d’achat, il convient de reprendre notre exemple de budget. Une montre d’occasion coute en général 40 à 45 % de son prix initial si elle est en très bon état. Ce qui permet d’accéder à des produits initialement bien plus chers, issus de collections précédentes.

    Bien que les modèles de seconde main soient légions, on retrouve souvent les mêmes en vente. Les Cartier Tank, les Tudor Black Bay et les Rolex Datejust pullulent littéralement. On ne s’en plaindra pas non plus car le choix reste vaste. Chaque année les marques proposent des nouveautés qui se retrouvent assez rapidement chez les revendeurs. Un à deux ans suffisent car beaucoup de collectionneurs achètent et revendent régulièrement.

    Le marché d’occasion s’est considérablement développé et décomplexé. Les montres sont généralement vendues révisées, repolies et garanties pour au moins une courte période. Sinon, passez votre chemin. Collector Square et d’autres enseignes proposent par exemple un site en ligne et des show rooms sur rendez vous, souvent à Paris ou dans les grandes villes. N’hésitez jamais à aller essayer la montre en boutique quand c’est possible.

    La montre de première main

    Les montres neuves sont plus onéreuses mais plus faciles à se procurer et le choix est gargantuesque. Il est un peu plus restreint dans le cadre d’un achat en bijouterie, c’est certain. Mais les marques ont pignon sur rue et les bijouterie travaillent avec elles directement.

    La vente traditionnelle reste pourtant avantageuse. Elle garantie contre les pannes, elle est rassurante et l’expérience de l’achat physique d’une montre de luxe est grisante. L’accueil avec une boisson offerte, c’est le minimum en boutique ( on évite l’alcool, ça joue des tours ). Un pianiste égaiera parfois l’ambiance feutrée, on vous présentera la précieuse sur un plateau et vous l’essaierez. On a beau dire, tout ceci compte.

    Pianiste, bar… Une expérience complète Crédit : La Poste

    Dans les deux cas, l’essai est à privilégier

    Et c’est particulièrement vrai dans les cas que nous venons d’évoquer. Car les photos des montres en ligne en très gros plan sont extrêmement flatteuses et rien ne vaut un véritable essai au porté.

    Il existe suffisamment de maisons centenaires pour trouver votre future acquisition. March Lab, Serica si vous êtes patriote sont de belles marques., plus recentes. Christopher Ward propose un excellent rapport qualité prix, c’est aussi le cas d’ Oris, d’Hamilton et de Mido. Si vous avez un budget plus conséquent, Tudor, la maison sœur de Rolex est une marque à sérieusement prendre en considération. On en trouve de très belles en seconde main. Enfin, Baume et Mercier et Pequignet sont des maisons prestigieuses dont les modèles sont luxueux et magnifiques.

    Une montre neuve est donc une bonne idée pour déflorer votre poignet et la garantie, qui se situe souvent entre deux et dix ans, est un facteur de choix important.

    En résumé, l’achat neuf est plus pratique, plus cher mais on peut essayer avant de choisir. L’achat d’occasion permet quant à lui d’acquérir de plus beaux modèles mais restreint le choix en termes d’essayages. Il existe malgré tout une troisième solution.

    L’univers à deux visages du vintage

    Voici un domaine assez particulier. Il se divise en deux parties. Les achats entre amateurs passionnés et la vente sur les sites spécialisés professionnels. Certaines enseignes sont spécialisées dans le vintage de grand luxe, c’est à dire les pièces de collection. Les tarifs y sont à la hauteur des garde-temps vendus. Si vous avez le budget, visitez donc Romain Rea.

    L’atelier du temps, Ma montre vintage, Café noir sont par exemple des boutiques sérieuses aux catalogues étoffés. Une fois encore, pour une somme identique, vous aurez accès à des marques encore plus prestigieuses. 2000 €, c’est un budget conséquent dans le monde du vintage. Zénith, Jaeger Lecoultre ou IWC deviennent accessibles à ce prix et rien ne vaut le charme d’antan.Sachez que les montres anciennes sont plus petites en diamètre que les modèles contemporains, nous y avons dédié un article car c’est important.

    Il y a bien d’autres choses à savoir. Tout d’abord il existe des modèles très chers chez certains vendeurs professionnels alors qu’ils sont vendus bien moins chers si on sait où chercher. Prenons l’exemple d’une Zénith Respirator, une très belle pièce des années 60. Pour une version plaquée or sur bracelet cuir, on peut dire que la valeur réelle, en très bon état esthétique et de fonctionnement, est autour de 700 euros. Il n’est hélas par rare de la croiser au double de ce prix, j’en ai même vues à 5000 €. Une Zenith Respirator peut effectivement valoir 1200 euros, voire un peu plus, mais dans sa livrée or plein et dans un état quasi irréprochable.

    Entre les sites qui vendent trop cher et les particuliers qui surestiment la valeur de leur objet, on peut facilement payer sa montre trop chère. Tout comme on peut faire une affaire en or…

    Pour un premier achat, il est donc assez délicat de vous diriger vers les montres vintage, à moins d’être conseillé. L’erreur que font souvent les débutants est de se baser sur le prix des plates-formes comme Chono24. Or, la commission prélevée par ce genre d’intermédiaire pousse les vendeurs à augmenter le prix de vente. Alors que les transactions entre particuliers, sans intervenants, sont plus proche du juste prix. Mais plus risquées.

    Le prix du cœur

    Enfin, il arrive qu’on soit prêt à payer plus que de raison. La rareté d’une pièce vintage peut pousser l’acheteur à payer plus, apeuré par la crainte de ne plus avoir l’occasion de trouver le modèle. Ou tout simplement parce que ça lui convient. Si c’est en connaissance de cause, cela se comprend. Entre les indépendants qui comptent sur l’ignorance des débutants et les vendeurs passionnés qui tirent les tarifs vers le bas, estimer le véritable prix est affaire d’expérience et ne garantit pas un bon achat. En résumé, si vous tenez réellement à acquérir une pièce vintage, orientez vous vers les sites reconnus dont les tarifs se situent entre 200 et 2000 euros. À noter qu’un article entièrement dédié au premier achat vintage est disponible ici.

    Quelle taille choisir ?

    Il n’y pas de règles mais il existe une consigne : on ne porte pas de montre dont les cornes arrivent jusqu’aux extrémités de votre poignet. Une Panerai 45 mm sur un poignet de 17 cm de circonférence, ce n’est pas de bon goût. De même, la taille minimum pour un homme est conventionnellement de 31 à 33 mm. C’était d’ailleurs à peu près ce que portaient ces messieurs au début du 20e siècle. Aujourd’hui, bien qu’on observe un retour aux diamètres contenus, la norme est autour de 41 mm. Ne vous laissez cependant pas influencer par ce critère et n’oubliez pas que ces chiffres sont relatifs. Si la montre vous plaît, peu importe sa dimension. Le diamètre est toujours indiqué sur les fiches mais si le chiffre ne vous parle pas découpez un gabarit en papier et passez le au poignet. Ça aide.

    Si vous désirez approfondir le sujet de la taille des montres, c’est sur cet article.

    Quelle forme et quelle proportions ?

    Les formes ont un impact direct sur la perception de la taille. À l’œil, une montre coussin de 35 mm aura l’air aussi imposante qu’un modèle rond de 38 mm. De même certaines montres de tailles identiques donneront des résultats différents. Car ce qui donne l’impression de la taille, c’est l’épaisseur de la lunette. Ça peut sembler être une généralité, ça n’est pas faux pour autant. La couleur joue un rôle également, les teintes sombres paraissent plus ramassées que les claires.

    Ce qui compte le plus, encore une fois , c’est l’essai. C’est au porté et devant un miroir que l’on apprécie si la montre nous convient.

    Carrée, Rectangulaire, Baignoire, Coussin, Tonneau…
    montre en fome de tonneau , omega
    Une montre tonneau

    En conclusion

    Un premier achat horloger s’appréhende avec un minimum de patience et de connaissances. Il s’agit de ne pas mésestimer les difficultés liées à la dimension du marché. Pour que l’expérience soit positive mieux vaut s’adresser à un professionnel et toujours essayer avant de choisir. Sachez pour finir que les montres de luxe sont très addictives et qu’un premier achat n’en exclut pas un suivant.

    Si vous toujours besoin de conseils malgré la lecture de cet article, nous disponibles vie le formulaire de contact.

    Bon achat !

  • Tudor et Rolex, match neutre

    Tudor et Rolex, match neutre

    Qu’on aime les montres vintages ou contemporaines,Tudor et Rolex sont des références inévitables dans l’univers horloger. Leurs mouvements sont précis et hauts de gamme, leurs styles classiques et élégants. D’autres points communs rapprochent ces maisons sœurs dont une esthétique semblable et une politique dirigée vers la fiabilité et la durabilité. Une différence importante les sépare malgré tout car si Tudor vise aussi l’excellence horlogère, elle le fait pour des tarifs deux fois moindre que ceux de son aînée. C’était d’ailleurs l’idée lors de sa création en 1905 : permettre au plus grand nombre de s’offrir une montre de luxe sans pour autant nuire à la clientèle Rolex.

    Comparaison n’est pas raison

    Disait Raymond Queneau. Cet article n’a justement pas pour ambition de comparer Rolex et Tudor mais plutôt de présenter ces deux maisons sous un jour objectif. On entend trop souvent que Rolex est une marque de poseurs et que Tudor est destinée à ceux qui ne peuvent pas s’offrir une Submariner.

    Leurs identités, leurs similarités comme leurs différences sont malgré tout autant d’options qui s’offrent à un client hésitant entre deux maisons, qu’elles soient apparentées ou non. Entre deux plongeuses semblables, le budget et la qualité du mouvement sont des critères de choix.

    La Submariner et la Black Bay 58, des montres de sport

    Ces modèles iconiques sont les plus pertinents à mon sens si l’on veut comprendre et apprécier les deux marques. Ils ont beau partager certains détails comme la typographie et les index, le reste de leurs spécificités diverge largement. Si l’une est plus urbaine que l’autre, elles sont toutes deux des montres de sport chics.

    Peut-on considérer pour autant que la Submariner était la première du genre ?

    La Submariner

    La Submariner et son fameux cyclope lui permettent d’être connue et reconnue au point de faire partie de l’inconscient collectif. Il faut avouer que c’est une magnifique montre qui a défini ce à quoi une plongeuse habillée doit ressembler si on veut la porter avec une chemise ou sur la plage de Saint Martin.

    Crédit : Rolex
    Crédit : Rolex

    Rappelons que c’est Omega qui sorti la première montre dédiée aux environnements sous marin et qu’elle était rectangulaire car pourvue d’un double boîtier étanche ( L’Oméga Marine ci dessous ). La Fifty Fathom de Breguet est arrivée 20 ans plus tard mais proposait une lunette tournante indispensable pour les activités sous marines.

    Crédit : Verygoodlord

    Rolex à suivi le mouvement d’Oméga avec une plongeuse fonctionnelle étanche à 300 m que l’on regarde avec plaisir. L’ajout de la date, une complication dédiée aux montres de ville, a fini de convaincre le public quant à la polyvalence de la Submariner. On se demande rarement quelle date on est 10 mètres sous l’eau mais c’est bien utile au quotidien. L’utilisation du cyclope fut un autre coup de génie car il est non seulement pratique mais il est aussi devenu iconique.. On aime ou on déteste cette protubérance, mais elle est bien utile pour lire la date sans effort.

    Praticité, beauté, fonctionnalité sont les qualités indispensables au style sport chic et Rolex l’a bien compris en proposant cette Submariner qui devint la première référence en matière de montre sportive élégante.

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    La Black Bay 58

    Également étanche à 300 mètres, la Tudor à été conçue dans un esprit plus traditionnel, un peu plus élégant que sportif mais sans pour autant se renfermer dans un style définitif. La Black Bay 58 est une plongeuse de ville, dirons-nous. Aussi à l’aise en soirée que pour faire trempette entre gens du monde.

    Crédit : Tudor

    La combination du noir et d’un doré léger avec l’acier gris évoque les temps anciens avec subtilité. L’absence d’épaules autour de la couronne lui confère une certaine élégance, au détriment de l’aspect sportif. Personnellement je la préfère avec une lunette colorée qui lui donne plus de caractère. Mais elle ne manque pas de présence sur un poignet, ça c’est certain.

    Notez que les Black Bay sont magnifiques sur cuir comme sur acier. J’ai longtemps porté la mienne avec un bracelet technique gris mais j’ai fini par opter pour le bracelet acier. Dommage que le changement soit si peu pratique ( j’ai pourtant l’habitude ) car j’aurais volontiers alterné.

    Deux excellents mouvements

    Là encore l’excellence est au rendez vous, autant dans la fiabilité que dans la performance. Rolex s’impose par exemple des normes de précision bien plus drastiques que Tudor et que toutes celles des autres maisons d’ailleurs. La marque à la couronne garantit – 2 / +2 secondes par jour alors que la norme Cosc certifie que Tudor ne derivera pas plus de – 4 / + 4 secondes quotidiennement. Le calibre Rolex 3135 est un véritable calibre manufacture alors que le Tudor est basé sur un Kenissi dont sont dotés d’autres marques, comme Breitling par exemple.

    Le 3135 et le MT 5402 sont cependant tous deux excellents. Et très bien règlés à la sortie d’usine, ce qui n’est hélas pas toujours le cas chez les concurrents.

    Source Caliber Corner / Tudor

    Le MT 5402 est qualifié de mouvement manufacture ce qui est vrai puisque c’est Tudor qui le créa en 2015. Ce n’est que plus tard qu’il fut produit par Kenissi. La fonction première de cette récente manufacture était de fournir Tudor et de lui permettre de s’affranchir des calibres ETA au profit des MTxxxx. Aujourd’hui, Kenissi produit également pour Chanel et Breitling. Il me semble même en avoir croisé sur des marques indépendantes dont le nom m’échappe.

    Montre Day Date Rolex en or
    Source Caliber Corner / Tudor

    Le 3135 Rolex quant à lui est vraiment un mouvement propriétaire natif, plébiscité par de nombreux horlogers. Crée et fabriqué par la marque, il a acquis une réputation de  » tracteur  » infatigable.

    L’un comme l’autre sont de très bons mouvements, je peux vous l’assurer. Si on devait les comparer à des moteurs le 3135 serait l’équivalent du 6 cylindres à plat de Porsche et le Tudor un V6 Ferrari.

    Deux styles trop proches ?

    Rolex propose une vision plus sportive et moderne que Tudor qui plaira davantage aux amateurs de vintage, nous l’avons vu plus haut. Quant au reste de leurs productions, les styles sont vraiment proches. Certains modèles sont même similaires.

    On pense immédiatement à la Tudor Royale et à la Rolex Perpetual Day Date qui sont quasiment identiques dans leurs conceptions :

    Crédit : Tudor
    Crédit : Rolex

    Les ressemblances de ces deux maisons ne sont pas fortuites, il s’agit de proposer deux gammes tarifaires éloignées de plusieurs milliers d’euros en moyenne, c’est à dire une alternative moins luxueuse pour un design équivalent. En revanche, les éditions limitées Mickey Mouse et autres cadrans bigarrés sont l’apanage de Rolex. Une idée d’ailleurs reprise par nombre de maisons comme Oris et son Kermit. J’imagine Mal Tudor sortir une BB58 Michel Vaillant. Mais qui sait ?

    On pourrait donc reprocher à ces deux maisons de manquer d’indépendance, de ne pas proposer de produits assez différents. Des efforts sont pourtant faits mais les similitudes restent plus nombreuses que les différences. Dans cet exercice, c’est Tudor qui a le plus à prouver.

    L’Image de marque de Rolex

    La malheureuse phrase d’un homme politique et qu’on a tous entendu : » On a pas réussi sa vie si on ne possède pas une Rolex à 50 ans ». aura fait autant de mal que de bien.

    Elle a réduit l’achat d’une Rolex à la un usage ostentatoire et a grandement nuit à l’image de la marque. Mais les fans ne se sont pas laissés berner car ils connaissent bien les qualités horlogères de la maison. D’autant plus que les calibres Rolex sont propriétaires et méritent réellement la mention de mouvements manufacturés. Pourtant, un ingénieur sera davantage attiré par la discrétion d’une Tudor alors qu’une vedette préférera une Rolex.

    Tudor : la montre des gens pragmatiques ?

    Si Rolex a vu son image quelque peu écornée.Tudor en a profité pour devenir une alternative d’autant plus sérieuse. Quant aux sempiternelles liste d’attente chez Rolex, elles ont bien sûr profité à Tudor. Le marché gris sur lequel on trouve des modèles Rolex plus chers que leurs prix en boutiques n’existe pas chez Tudor. C’est heureux.

    Mais surtout la clientèle est, si l’on pouvait la cataloguer, complètement différente de celle de Rolex. C’est la star contre l’homme d’affaire, le patron de multinationale contre le directeur financier. Je ne parle pas de moyens pécuniers mais bien de deux approches du prix des choses radicalement opposées.

    C’est d’ailleurs certainement ce que recherche Tudor dans sa politique marketing. Cela permet en outre de conserver deux marchés complémentaires.

    Match neutre

    Pas de gagnant ni de perdant. Seulement deux maisons sœurs qui cultivent leurs spécificités et grandissent en s’affranchissant peu à peu l’une de l’autre, tout en sachant que les liens familiaux sont définitifs.

    D’un point de vue plus horloger, on peut dire que les mouvements sont l’axe majeur qui sépare Tudor de Rolex. Excellents dans les deux cas, manufacturés en natif chez Rolex mais ultérieurement par Tudor, ils représentent tous deux le haut de gamme des calibres. Avec un petit plus pour Rolex tout de même.

    Le prix s’en ressent mais là encore c’est surtout une politique tarifaire plutôt que la recherche du meilleur rapport qualité prix. Personnellement je n’ai jamais été séduit par Rolex en dehors des modèles vintages des années 30 ou de certaines Cellini. C’est le côté ostentatoire qui m’a fait préférer Tudor. Mais je comprends que d’autres aient un avis opposé.

    Personne n’a tort ni raison car ces deux maisons sont magnifiques.

  • Mon premier achat vintage

    Mon premier achat vintage

    J’ai remarqué que bien des amateurs de montres en viennent à s’intéresser aux montres d’antan. C’est d’ailleurs un peu vrai pour tout ce qui a trait à l’artisanat. Tendance et nostalgie sont le Nord et le Sud dans le monde du bel ouvrage. La première s’inspirant de la seconde, c’est assez logique. Il en va de même chez les passionnés : les amateurs de belles montres contemporaines suivent souvent le même chemin et remontent le temps.

    Pourquoi le choix du vintage ?

    Rolex, Omega, Piaget… toutes les grandes maisons ont hérité de centaines d’années d’expérience horlogère. Les calibres manufacture en sont la preuve ultime. Une marque moderne n’aurait aucun intérêt à réinventer la roue et ferait une grave erreur en proposant un mouvement créé à 100% en interne. Il faudrait un temps fou, des sommes colossales et le bénéfice serait nul. En un mot, on ne réinvente pas la roue. Il y a cependant eu de gros progrès technologiques depuis lors, notamment au niveau des matières employées.

    L’attrait du vintage réside précisément dans l’appréciation de l’histoire des grandes maisons à laquelle on accède via l’acquisition d’un modèle iconique, voire historique. Tout ça pour dire que peu importe l’époque, dans les grandes maisons l’excellence est présente dès les modèles originels. Les montres contemporaines sont magnifiques et sont l’évolution naturelle des modèles d’antan, mâtinés de progrès technologiques et de variations esthétiques. Pourtant, le neo vintage comme on l’appelle pompeusement ressemble fort à un aveu d’impuissance créative tant les codes d’antan étaient justes. Rassurez-vous, certains garde temps modernes sont sublimes. Mais ils gardent précieusement en eux l’héritage du passé.

    L’autre facteur qui porte le choix des mostrophiles vers les modèles historiques, c’est l’esthétique particulière, caractéristique et originale des montres des années 20, 50, 60 et 70. Les tarifs abordables sont un autre argument, même si on trouve des montres de cinquante ans hors de prix.

    Une offre pléthorique

    Si vous envisagez de vous lancer dans l’aventure, vous devrez être armé de solides connaissances afin d’éviter de payer trop cher. Ou d’espérer dénicher la perle dont le vendeur ignore tout. Avant tout, il faut choisir votre camp. Préférez-vous les montres restaurées à l’origine ou celles qui expriment leur vécu, leur histoire ?

    Cadran restauré ( suppression du label SWISS MADE, reprise du logo )

    L’état presque parfait : NOS

    Si vous vous demandez à partir de quand on considère qu’une montre est vintage, sachez qu’elle doit être âgée d’au minimum 20 à 25 ans d’âge pour recevoir cette noble mention. Ce qui nous amène au début du 20e siècle. Voici justement une Omega De Ville tonneau des années 90 acquise par la rédaction, un exemple parfait pour illustrer les plus jeunes vintages.

    Il s’agit d’une pièce en excellent état, jamais portée. On peut la qualifier d’état de NOS puisqu’elle n’a quitté les vitrines d’Omega que pour atterrir dans un tiroir et ne plus jamais en sortir. ( NOS : New old stock ).

    Méfiance cependant si vous achetez une NOS directement sans qu’elle soit passée par la case révision. Surtout pour les plus anciennes dont les huiles sont naturelles et ont tendance à sécher. Ne jamais la porter directement, toujours la confier à un horloger. Sinon c’est la panne assurée. Cela n’a pas raté avec ce modèle qui dérive de trente secondes / jour et dont la date passe à 5h au lieu de minuit.

    Un autre exemple, j’ai croisé une IWC NOS. Arborant toujours l’étiquette d’époque, jamais portée. Le temps et probablement les UV ont offert à son cadran une couleur verte très pâle, subtile mais magnifique. Ce modèle relativement simple a vu sa côte grimper grâce à cette particularité. Hélas, je n’ai pas d’image de cette pépite croisée à l’Atelier du Temps. Mais vous l’aurez compris : certaines particularités que seule une très longue période de temps peut causer suffisent à augmenter la valeur nominale d’une montre vintage. C’est le prix du temps.

    On retrouve ce phénomène avec les voitures custom de type rat-road ( voiture rat, dirions nous ), remontées avec des plaques de tôles qui ont passé 50 ans à rouiller. inimitable. Et fort cher.

    Ou la noblesse du vécu

    Une large portion d’amateurs de vintage cherche l’authenticité, l’aspect du vécu, une histoire autant qu’un objet. Le moindre polissage, la plus petite intervention est à leurs yeux un crime. Un montre militaire portée par un soldat, anoblie par l’usure, est pour eux un doux rêve. La patine est à ces passionnés ce qu’un certificat d’authenticité est au collectionneur de tableaux de maître.

    Crédit : Xupes

    Vous serez peut être choqué d’apprendre que restaurer une montre usée peut drastiquement faire baisser sa valeur. Je pense à l’exemple frappant d’un lecteur qui a découvert dans les affaires de son grand père une Blancpain Fifty Fathom originale dont le verre était rayé, le boîtier abîmé et le cadran délavé. En l’état cette pièce vaut entre 10 et 15000 euros alors que la moindre intervention, en dehors bien sûr des éventuelles réparations du mécanisme, aurait anéanti la valeur et surtout l’intérêt de cette montre originale. Un bon horloger saura réparer une montre au vécu marqué mais en sublimant la patine plutôt qu’en la remettant à neuf.

    Un univers d’amateurs avertis

    Comme je l’explique également dans l’article : Ma première montre de luxe ( lien ci dessous* ), il vaut mieux être armé d’un minimum de connaissances sur l’univers du vintage avant d’envisager un achat. Car on peut trouver le même modèle du simple au triple de sa véritable valeur financière, si tant est que quiconque la connaisse .

    Il n’y pas de côtes officielles à ma connaissance, il faut donc estimer soi même si une montre est trop chère. Pour ce faire, il faut se fier à certains facteurs déterminants :

    • La matière. Bien sûr l’or est plus cher que le métal. C’est parfaitement normal. L’écart est cependant moins important avec les montres vintages que celui qu’on trouve entre deux modèles contemporaine or ou acier identiques.
      • Les modèles plein or sont courants dans l’univers du vintage mais bien moins que les plaqué or ou ceux en acier. Il faut toujours observer le dos de la montre, s’il est en acier, la montre est plaqué or. S’il est en or, le dos le sera aussi et un poinçon sera présent.
    • La marque. Évidemment, les grandes maisons sont moins accessibles que les marques plus modestes mais une montre recherchée, même si le fabricant n’existe plus, peut être plus chère. L’exemple des Universal Genève et notamment de la Polerouter illustre bien ce propos.
      • Le retour en grâce. Breitling vient d’ailleurs de racheter / relancer Universal Genève disparue il y a 35 ans. Et ce n’est pas la seule marque qui renaît de ses cendres. Cuervo Y Sobrhrinos, Eska, Vulcain… Tous ces comebacks ont eu une influence sur les prix des modèles antérieurs à leurs disparitions.
    • L’etat esthétique. Voici encore un facteur piégeux puisque certains préfèrent leurs montres anciennes dans leur jus de trouvaille. Alors que d’autres recherchent la perfection. Mais si la montre ne fonctionne pas, le prix baisse.
    • Le mouvement. Imaginons un modèle vintage disponible avec deux mouvements. L’un étant assez répandu et l’autre étant un Zénith 135 ou un IWC 83. Le prix du second modèle exploserait littéralement. Ce sont effectivement deux calibres vintage de légende. Mais cela ne nuit pas à l’explication. Ce principe reste vrai aujourd’hui encore.
    • La rareté. Ou plutôt la demande. Il ne faut pas surestimer l’influence de la rareté sur la valeur d’une montre. Ou même sur celle d’une antiquité ou d’un bijou ancien. C’est la demande qui prime. Souvent les deux vont de pair, je vous l’accorde. Mais je possède une montre lingot des années 30 qui n’existe plus qu’en 30 exemplaires. Elle ne vaut que ce qu’un acheteur est prêt à m’en donner, car personne ne la recherche spécifiquement.

    Vous l’aurez compris, pas facile de savoir si une vintage est vendue à bon prix. sachez que généralement les vendeurs professionnels vendent un peu trop chers et que les particuliers sont plus proches d’un tarif réaliste, bien qu’ils ne vendent parfois pas assez cher. En revanche il ne faut pas acheter de vintages sur les plateformes comme Chrono24 sur lesquelles on croise des prix ahurissants. Le mieux est de poser la question à la communauté ou de faire des recherches.

    Le premier achat

    Deux solutions sécures s’offrent à vous, les magasins ou les sites spécialisés en ligne ou les groupes facebook dédiés. Ces derniers ne proposent pas forcément d’acheter mais je vous invite vivement à les consulter avant de vous décider. Le groupe Chineurs de montres m’a personnellement permis de parfaire ma culture vintage, de poser des questions et de rencontrer des passionnés qui m’aident à ne pas dire pas de bêtises.

    Les premiers prix démarrent dès 100, 150 euros pour une LIP par exemple. Certaines Omega se trouvent facilement autour de 400 à 600 euros. Beaucoup de modèles plus luxueux valent de 1000 à 2000 euros. J’ai découvert ce site, sérieux et éprouvé par mes soins : DuMarko. Que du beau.

    Vous êtes désormais armé pour entamer vos recherches et dénicher votre première pépite.

    340 euros pour du pur vintage russe

    A lire en complément

  • Ma montre m’habille

    Ma montre m’habille

    La montre est le bijou de l’homme. Souvent le seul qu’il porte d’ailleurs. C’est tout aussi vrai pour ces dames mais en matière d’accessoires elles ont davantage de possibilités. Et s’il est vrai que la montre habille l’homme, l’homme peut aussi habiller la montre. Ce n’est pas difficile et nous ne prétendons pas le faire mieux que les autres, il est plutôt question ici de faire le tour des ensembles les plus marquants.

    Car au fil du temps certains looks se sont démarqués et sont devenus des classiques, en quelque sorte. Cet article n’a pour simple but que de les reproduire, afin de vous inspirer. Et si besoin, d’apprendre à éviter les fautes de goûts ( Rolex et survêtement par exemple ).

    À noter que plusieurs des montres sont pourvues de bracelets confectionnés sur mesure et parfois même en partie fabriqués par votre serviteur. Dans tous les cas les designs sont personnalisés. Voici quelques belles combinaisons.

    La plongeuse chic et le blouson en cuir

    Incarnation de la polyvalence, la Tudor Black bay se porte avec tout. Mais c’est le casual chic qui correspond le mieux à cette plongeuse des grands soirs. Une Black Bay, 41 mm par exemple, s’assortit très bien avec un blouson en cuir de type motard à col rond. La cerise sur le gâteau : une BB rouge et un cuir noir ou une noire et une peau couleur cognac. Indiscutable.

    Ici la dernière BB54 37 mm
    Sa grande sœur, la 41 mm
    Ca fonctionne également avec un beau chrono, ici une Breitling

    Le cadran bleu et la chemise à bandes bleues

    En matière de rappel chromatique, subtilité rime avec efficacité. L’idéal étant de marier les couleurs du cadran avec celles des bandes ou des rayures. Mais si vous pouvez assortir le grain du bracelet avec la matière de la chemise, c’est une touche d’élégance supplémentaire. Ici, une chemise en lin / elasthane et un tissu technique sur crocodile, agrémentés d’un cadran bleu profond. Remarquable.

    Une Flagship Longines sur tissu technique Avel and Men, en voile de bateau recyclée
    Ici, une Chopard LUX XPS en tissu technique sur alligator et une chemise Majestic Filature en lin elasthane

    Le pull rose et la montre pistache

    Tag Heuer Carrera verte, bracelet argent,  sur pull rose

    Que voilà une belle combinaison, un beau duo de couleur même. Choisissez une rose léger et un vert intense, ou l’inverse. Ma préférence va pour le haut rose et la montre verte mais cette paire fonctionne dans les deux sens. Un cadran rose et un pull vert par exemple. Des index dorés sont ici de très bon goût également. Inimitable.

    Noir mais blanc

    Si vous êtes l’heureux propriétaire d’une montre fantôme et d’un beau complet noir, n’hésitez pas à les coupler. Mais pour souligner l’un comme l’autre, une chemise claire viendra césurer l’ensemble de la plus belle des manières. Imparable.

    Le style vintage

    Une veste en daim néo vintage, style années 70 et une Zenith à peu près de la même époque, ça ne peut que fonctionner. Si le boitier est de forme, l’effet s’en trouve renforcé. Atemporel.

    La montre nue et les bracelets

    Je ne me permettrai pas de juger mais je croise souvent de beaux garde temps affublés de breloques ou de gourmettes en grand nombre. On peut vite tomber dans l’excès et j’ai personnellement l’impression que l’ensemble se dévalorise mutuellement. J’ai pourtant succombé à la tentation en essayant cependant de rester sobre. J’ai choisi une montre et un bracelet qui vont bien ensemble grâce à leurs designs baroques et leur matériau commun. Est-ce aussi beau que la montre ou le bracelet seuls ? Question de goût.

    Cuervo Historiador et bracelet Rochet

    Le style baroudeur

    Un chrono vintage, une parka, un vieux jean… Et une belle montre. Plongeuse, chrono ou bien militaire, le look est immédiatement cohérent.

    Le style driver

    Encore une fois, ces idées ne sont présentées qu’à titre indicatif. Un article plus poussé sur la personnalisation des montres est disponible ici.

    GALERIE

  • Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    Double face, une vie avec la Chopard LUC XPS

    De prime abord la Chopard LUC que vous allez découvrir aujourd’hui est simple, classique, épurée. Elle est en réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît car elle combine deux caractéristiques que l’on croise rarement ensemble : un modèle deux aiguilles et un calibre micro rotor. Autrement dit, un mouvement haut de gamme sans petite ni grande seconde. Intriguant.

    J’ai eu le temps de bien apprécier cette LUC, je la porte depuis longtemps. Effectivement, la montre du jour n’est pas un exemplaire de test mais une pièce de famille. C’est d’ailleurs le cas pour la majorité des montres testées sur ce site. Elles sont portées et elles vivent. Ce qui apporte davantage d’objectivité à nos tests publiés seulement au terme d’une longue période d’observation. Nous pouvons ainsi proposer des revues plus complètes, plus riches et plus indépendantes.

    Cette Chopard est portée depuis une paire d’années. Deux ans sur un poignet, c’est suffisant pour faire le point.

    La Chopard LUC XPS micro-rotor

    À peine plus épaisse qu’une pièce de deux euros, elle ne se contente pas d’être belle. Son mouvement est excellent. C’est d’ailleurs ce calibre particulier qui m’a attiré en premier lieu, j’ai trouvé le contraste entre la complexité du micro rotor et la simplicité du modèle deux aiguilles peu communne. Les micro rotor sont d’ailleurs la spécialité de la marque.

    À sa naissance, la maison Chopard était une horlogerie, ce n’est que plus tard que le département joaillerie fut créé. 164 ans d’expérience dans ces deux domaines ont permis à cette marque renommée de proposer des créations esthétiquement irréprochables. Il fallait bien ce degré de compétence pour conjuguer beauté, luxe et simplicité. C’est là tout l’esprit de cette LUC dont la pureté dissimule de véritables qualités horlogères.

    Un cadran bleu tout en nuances

    Son cadran bleu profond au polissage subtil, ses deux aiguilles art déco et ses index dorés lui confèrent une élégance sans ostentation. C’est un garde-temps polyvalent qui se porte au quotidien comme à une soirée distinguée, avec un t-shirt blanc ou un complet sombre.

    Les chiffres sont apposés dans une typographie contemporaine dont la proportion légèrement surproportionnée souligne la modernité. Le mariage du bleu et du doré est comme toujours réussi, difficile d’ailleurs de rater ce genre de duo. Les index et le cadran sont dénués de chemin de fer afin d’alléger le design et le diamètre de 40 mm permet un dégagement assez conséquent pour offrir une parfaite lisibilité, même en condition obscure.

    Enfin, il faut parler de ce bleu. Intense et soutenu, royal mais naturel, qui joue ici le premier rôle. C’est un bleu moyen mais assez profond, traversé par de subtiles lignes de polissage unidirectionnelles qui convergent vers Le centre. Le résultat est somptueux et dynamique.

    Le travail esthétique sur ce cadran est bigrement efficace et la glace saphir plate permet, nous l’avons vu, d’apprécier les lignes verticales fines du polissage qui courent à travers la lunette. Cette dernière est juste assez épaisse pour que l’on puisse apprécier les 40 millimètres du boitier à leur juste valeur. Il arrive effectivement qu’une lunette trop fine ou trop large fausse la perception qu’on a d’un boitier. Trop large, la montre paraitra plus petite et trop fine elle aura l’air d’être plus grande.

    Les aiguilles sont d’inspiration art déco ( entre le style dauphine et le glaive inversé ). Elles m’évoquent la silhouette d’un gratte ciel new yorkais des années folles mais cela reste très personnel. Enfin, les index sont très classiques, on remarquera cependant qu’ils respectent la dimension des chiffres, ce qui influe sur le design.

    En résumé, cette LUC est la démonstration ultime que l’on peut faire beaucoup avec peu. C’est simple mais somptueux, discret mais élégant.

    Le boîtier

    L’acier utilisé par la maison Chopard répond au doux nom de Lucent Steel. Littéralement acier clair. C’est un nom à la consonnance marketing évidente et je doute que le 316 L de cette LUC brille davantage que celui de Cartier. De l’acier, c’est de l’acier. Celui ci est en revanche recyclé par la marque qui ne se prive pas de communiquer sur cette caractéristique. C’est la mode..

    Le boîtier est entièrement poli à l’exception des flancs brossés horizontalement, ce qui souligne encore la finesse de la montre. Les cornes sont très classiques et l’espace entre elles est de 20 mm. Pas de système à changement rapide ici mais franchement il serait criminel d’ôter ce bracelet qui complète le cadran dans un camaïeu aussi beau que classique.

    Le fond de boîte est serti de l’inévitable glace saphir qui offre une vue dégagée sur le mouvement si bien décoré.

    Double identité

    Tout comme le calibre manufacture micro rotor détonne avec la version deux aiguilles, l’esprit  » Denim  » du bracelet cache lui aussi bien son jeu. Il s’agit en effet d’un cuir de crocodile recouvert d’un tissu technique. C’est une très belle réalisation artisanale qu’un maroquinier serait fier de présenter à son catalogue. Les coutures ton sur ton sont quasiment invisibles ce qui renforce l’illusion d’un bracelet en tissu plein. On ne croirait pas qu’une peau se cache sous ce tissu. Le bleu nuit et le blanc tacheté alternent et donnent l’impression visuelle de texture que confirme la sensation au toucher.

    Cette jolie pièce est montée d’origine mais Chopard fournit un bracelet de courtoisie en alligator marron, plus classique.

    La boucle ardillon signée est de belle facture et finit bien l’ensemble.

    Tissu technique sur crocodile

    Le calibre LUC 9653 L à double barillet

    L’atout majeur des mouvements à micro rotor, c’est la finesse. La petite taille de leur masse oscillante permet de s’affranchir de l’épaisseur habituellement utilisée par un composant qui représente jusqu’à 30 % de la surface totale du calibre. Cette dimension modeste offre la possibilité de l’inclure « dans » le mouvement plutôt qu’au dessus.

    Calibre L.U.C 96.53-L, double barillet coaxial, 60 h, 3.30 mm , boitier 7.20 mm, développé en interne.

    Les autres caractéristiques du 9653 sont intéressantes. Son double barillet lui permet d’atteindre les 60 h théoriques de réserve de marche sans que le calibre dépasse les 3.30 mm d’épaisseur. Les deux barillets sont coaxiaux, ce qui contribue au gain de place ( leurs spires intérieures sont toutes deux attachées au même axe, d’où le terme employé ).

    Les mouvements Chopard sont dits  » manufacture ». Ce terme est hélas souvent galvaudé dans l’industrie horlogère. Certaines marques se contentent de retravailler un mouvement et affiche la mention « calibre manufacturé ». Alors qu’ici il s’agit bien d’un mouvement développé en interne par Chopard. Je n’entrerai pas dans le débat de la définition de ce terme mais le fondateur de la marque s’est engagé à développer entièrement ses calibres, il y a déjà bien des années :

    Entièrement conçu, réalisé et assemblé dans les ateliers haute horlogerie de Chopard et certifié chronomètre par le COSC, le mouvement mécanique à remontage automatique L.U.C 96.53-L est basé sur le premier calibre développé par Chopard Manufacture en 1996. Il bat à une fréquence de 28’800 alternances par heure (4 Hz) et dispose d’une réserve de marche de 65 heures grâce à la technologie Chopard Twin, système inventé par la Maison et associant deux barillets coaxiaux. Ce dispositif représente une prouesse technique remarquable compte tenu de l’extrême finesse du mouvement qui ne mesure que 3,3 mm d’épaisseur.

    Un modèle d’une grande finesse

    7,20 mm pour une montre à remontage automatique, c’est une belle performance. Cette finesse apporte de l’élégance et de la discrétion. La montre glisse facilement sous la manche et se laisse gentiment apercevoir, dévoilant son cadran bleu profond. Le réglage de l’isochronie est effectué sur cinq positions. Ce qui signifie comme son nom l’indique que l’horloger à réglé la montre à plat, à 90 degré etc… La précision s’en trouve ainsi améliorée.

    21 rubis protègent le calibre des frottements et de l’usure et allongent la durée de vie du garde temps. La garantie de deux ans extensible s’apprécie néanmoins. La LUC est une montre pour la vie, c’est le minimum syndical dans cette gamme de prix.

    Pour finir, il faut parler de la décoration du 9653. Finement sculpté, on pourrait croire que ce mouvement est manuel tant l’absence de l’habituelle masse oscillante trouble la perception. Mais on découvre vite le minuscule rotor, lui aussi richement paré de motifs soleillés.

    Source Watchbase caliber

    Verdict

    Si l’on apprécie les montres habillées suffisamment discrètes pour être portées au quotidien, sans avoir à se soucier du style vestimentaire, on ne peut qu’aimer cette LUC. Elle s’adaptera aux circonstances, on la remarquera sans qu’elle suscite trop de convoitise et les amateurs de belle horlogerie n’y trouveront rien à redire. Dans sa version bleue, car elle existe en blanc, elle saura vous plaire de longues années durant et son style contemporain lui garantira un beau voyage générationnel.

    À ce propos, s’il faut noter que la partie horlogère est exempte de toute panne, retard ou autre disfonctionnement, le bracelet commence à souffrir. Le tissu technique apposé sur la peausserie se détache peu à peu. Dommage pour une montre à ce tarif.

    Vous aurez compris que cette LUC est la montre de la dualité. Micro rotor, modèle deux aiguilles, tissu technique qui est en fait basé sur une peau de croco et double barillet. Même l’apparente simplicité du design dissimule une recherche intense et un véritable travail sur les proportions et dimensions.

    Cette montre est magnifique.

    Galerie

  • Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Louis Erard, test de la Metropolis The Horophile

    Pour cette revue qui fait partie des toutes premières du site, j’ai choisi une montre en fonction de son esthétique, de son originalité et de son charme : une Louis Erard. Si cette marque est relativement confidentielle, elle est tout de même connue et reconnue par les amateurs et bénéficie d’un réseau de distribution national à l’image de sa renommée française : modeste mais efficace.

    L’histoire de la maison

    La production des premières Louis Erard aurait débuté autour de 1930 mais j’avoue que je n’ai pas trouvé de belles vintages pour illustrer mon propos. Je sais cependant que cette marque est spécialisée dans les régulateurs et les cadrans Émail Grand Feux ( poudre de verre fondue sur base en métal avec ou sans inserts ). Elle s’est également essayée à la marqueterie ainsi qu’ aux chronographes mono poussoir et même aux cadrans asymétriques. Avec bon goût d’ailleurs. Enfin, la maison est friande des métiers d’art et des collaborations avec l’inévitable Seconde Seconde par exemple.

    Email grand feux

    La The horophile 39 mm est un exemple pertinent puisque elle a été désignée avec le site : The horophile, spécialisé dans les revues de montres de caractère. La Métropolis n’en manque justement pas.

    C’est un modèle trois aiguilles, petite seconde, plein de charme. Son cadran au guilloché circulaire évoque les disques vinyle, sa couleur tabac / cuivre, sa taille contenue et ses aiguilles dîtes tower dont on croirait qu’elles profilent un buildings new-yorkais, rappellent les ambiances feutrées des fumoirs. Le tout est furieusement art-deco et s’assume fièrement en tant que garde-temps néo vintage.

    Le cadran, l’âme de la montre

    Le thème de ce cadran, c’est le cercle. Les index sont insérés entre deux disques au centre desquels se répètent des sillons décroissants. Cette juxtaposition hypnotique dirige le regard au centre du cadran, vers les aiguilles dorées.

    La forme longiligne de ces dernières contraste avec la rondeur générale de la Metropolis mais cette discordance est bienvenue. Enfin, le cercle réservé à la petite seconde achève de décliner le cercle sous toutes les formes qu’on peut trouver sur un garde temps.

    Les index, quant à eux, sont naturellement remplacés par les chiffres dont la calligraphie ajoute une ultime note art déco.

    montage photo , reflet d’un bâtiment art deco

    Des anses courbées pour le boîtier

    Assez peu répandues, les anses courbées permettent de combler l’espace naturel entre le début du bracelet et les bords du boîtier. Cette  » figure de style  » permet d’éviter que les cercles concentriques du cadran jurent avec l’extrémité droite d’un bracelet standard. En tout cas, c’est mon opinion.

    Enfin, les angles des cornes viennent se heurter à la rondeur du boîtier dans un joli contraste :

    Anses courbées originales

    Neo deco

    De 1920 à 2020, la Metropolis est un pont entre deux époques que cent ans séparent. L’absence de logo en dehors de la couronne signée renforce, selon la maison Louis Erard, l’esprit néo déco. Personnellement, je vois un cadran épuré dont les cercles captent la lumière d’une belle façon, construit sur les bases d’un modèle assez répandu chez LE . Notre modèle Excellence est également issu de cette famille de boîtiers mais en 42 mm :

    Version sectorisée 42 mm, bracelet custom comme toujours

    Quatre couleurs

    Lors de l’acquisition de notre exemplaire seules trois couleurs étaient disponibles. Saumon, tabac et gris cendré. Le choix fut difficile. Une quatrième couleur est sortie plus tard : vert moyen. Un petit peu plus difficile à porter à mon sens.

    Création et collaboration

    Chez Louis Erard l’esprit d’indépendance n’exclut pas les talents extérieurs. La collaboration avec des designers et des métiers d’art a donné naissance à de magnifiques résultats. On trouve au catalogue un très beau cadran marqueté, un autre réalisé avec une artiste qui allie avec classe le noir et les tons pastels ( inspiré par une palette de maquillage ), des guillochés mains, des pierres fines, des gravures… Sans parler de la série asymétrique aussi impertinente qu’élégante.

    Les régulateurs

    C’est la spécialité de la maison, indéniablement. Pour rappel, un régulateur est une complication qui sépare les heures des minutes et des secondes dans deux ou trois sous cadrans ( la trotteuse peut être centrale ).

    Je trouve les régulateurs très lisibles et propices à beaucoup de créativité. Parfois combinés à un chronographe mono poussoir, ils offrent beaucoup de possibilités d’agencements sur le cadran. La version fantôme, ci dessous en haut à gauche, est fabuleuse. Mais j’ignore parfaitement comment lire l’heure ( minute au centre, heure en haut, seconde en bas ).

    Au quotidien

    Avant de conclure, j’aimerais parler du cœur de cette Louis Erard. Classique mais efficace le mouvement automatique Sellita fonctionne jusqu’à 38 heures d’affilée sans remontage. On trouve habituellement cette version SW261-1 sur des modèles manuels petite seconde comme le souligne Caliber Corner. Cette version automatique est donc peu commune.

    Le fond saphir permet d’admirer la machinerie mais j’aurais préféré un fond fermé, plus en accord avec l’esprit de la montre à mon sens. Avec la gravure d’un cigare fumant dur un cendrier par exemple.

    La lisibilité nocturne de cette LE est correcte mais sans luminova, c’est forcément moins efficace. Les aiguilles sont assez brillantes et larges pour lire l’heure dans la pénombre mais on est loin de la montre outil. Il est vrai que c’est une montre de ville et que l’ajout de matière phosphorescente aurait nui au design des aiguilles. L’intérêt qu’on porte à ce garde-temps est ailleurs de toute façon.

    Après plusieurs mois, vous apprécierez toujours votre Metropolis The Horophile. Elle a une façon inimitable de prendre la lumière grâce à ses cercles concentriques, et ce sous tous les éclairages.

    C’est un garde-temps avec une belle personnalité qui plaira aux collectionneurs comme aux amateurs de montres habillées mais polyvalentes. Nous avons changé le bracelet pour une version suédée couleur épice qui se marie très bien avec les ton tabac du cadran. À noter qu’une version spécial Dubaî vient de sortir.

    Spécificités

    • Taille du boitier : 39 mm
    • Épaisseur : environ 12 mm
    • Référence : 34248AA66.BVA151
    • Fond saphir
    • Mouvement : Selitta SW 261-1
    • Fonctions : Heures Minutes Petites secondes
    • Réserve de marche : 38h
    • Etanche : 50 m
    • Entrecorne : 20 mm

    Je vous encourage à visiter le site de la marque et vous précise qu’on trouve des Louis Erard chez Ocarat ( O’Chrono ), c’est d’ailleurs de là que vient notre Metropolis.

  • Test de la Breitling Pistachio

    Test de la Breitling Pistachio

    Une allure de chronographe d’antan, un calibre manuel version moderne et des couleurs atypiques, la Breitling Premier est au confluent des styles et des époques. Si je prends la plume et choisis ce garde temps pour cette toute première revue, ce n’est effectivement pas un hasard. Cette pièce deviendra un classique, j’en suis certain. Pourquoi ? Car elle plaît à beaucoup d’amateurs aux goûts pourtant fort différents.

    Esthétiquement, la Breitling Premier séduit aussi bien les connaisseurs férus de design contemporain que les amoureux du siècle dernier. Son diamètre contenu, sa couleur franche mais discrète, son boîtier joliment travaillé sur les flancs et son cadran bicompax parachèvent cette pièce dont le bon goût ne s’arrête pas à son esthétique d’époque. Son mouvement manufacture manuel rappelle aussi les codes des années 50 et leurs chronographes caractéristiques : deux sous-cadrans pour les petites secondes et les minutes de la fonction chrono, des chiffres arabes et des aiguilles argentées, le tout cerclé par un chemin de fer détaillé.

    D’hier à aujourd’hui

    Le boîtier mesure 40 mm, il est flanqué d’ actionneurs plats et d’une belle épaisseur de 13 mm. Ce sont les chiffres d’une proportion soigneusement étudiée que nous offre Breitling, la parenté avec les chronos vintage est encore une fois évidente. Le style de ce chrono ne nous emmène cependant pas que vers le passé, les flancs du boitier sont en effet guillochés dans un esprit contemporain. La Premier assume donc pleinement ce qu’on appelle aujourd’hui un design neo vintage. En reprenant les codes des chronos 35 mm monocompax* des fifties et en y ajoutant une touche de modernité, la marque nous rappelle qu’elle a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de la chronométrie. Et que cette histoire continue.

    Breitling Geneve des années 50 35 mm

    S’il était un défi à relever, c’était bien celui d’insuffler à un chronographe moderne un style distinctif de la production historique tout en louant son esthétique intemporelle. Quand l’on se targue d’avoir participé à la démocratisation des chronos, avant même l’arrivée des montres bracelet, il faut rendre un sans faute. C’est probablement avec cet héritage en ligne de mire que Breitling a conçu la Premier .

    Fusion de deux Breitling

    Toutes proportions gardées 

    De nos jours, la dimension des montres a évolué et s’il eut été courageux de conserver la taille contenue d’antan, la Premier n’en conserve que les proportions.: De 35 mm de diamètre et 18 mm d’entre-cornes des anciens modèles, on passe ici à 40 et 20 mm, soit un rapport équivalent. Ce n’est pas un hasard.

    Une Premier des années 50, 35 mm

    À la tradition se mêle une élégance que subliment les couleurs de la gamme B09 : pistache, coquille d’œuf ou blanc. Le contraste discret les index brillants et les tons pastels de ce garde temps font qu’il se porte aussi bien habillé d’un costume qu’avec un t shirt et un beau jean. Comme à l’ère des chronographes, on ne trouvera pas de couleur trop forte ni de version panda de ce modèle, bien que le noir et le vert intense soient disponibles dans la gamme en 42 mm. Je pense que Breitling a volontairement respecté l’homogénéité des tons au profit du classicisme des cadrans. Son fini mate sans fioritures ni finition particulière me conforte dans cette idée.

    Le calibre B09

    C’est un vrai parti pris de proposer un calibre manuel car le remontage mécanique est affaire d’amateur. Tout le monde n’apprécie pas ce rituel. Mais il fallait aller au bout de la politique retro et le B09 est ce qui se fait de mieux chez Breitling. Les performances sont évidemment au rendez vous avec 70 h de réserve de marche et une dérive sous les 5 secondes / jour pour le modèle testé. On peut dire que ce mouvement ne se contente pas d’être beau, il est également très précis et laisse volontiers admirer ses atours sous un dôme de saphir aguicheur. Ce dernier vient d’ailleurs déroger au design historique puisque les fonds saphirs n’étaient pas traditionnels au vingtième siècle.

    Spécificités du B09

    • Certification COSC
    • Réserve de marche de 70 H
    • Calibre manufacture basé sur le B01
    • 28800 a/h
    • 28 rubis
    • Chrono à roues à colonnes ( dispositif dédié au fonctionnement du chronographe : mise en route, arrêt et remise à zero )
    Source Watchbase
    Le B09 dans toute sa splendeur
    Surimpression du calibre

    La Pistacchio au quotidien

    Sur Twistheure, on ne parle que de ce qu’on porte. Ma Breitling Premier est probablement la pièce que je mets le plus. J’ai pourtant toujours autant de plaisir à y porter le regard. Partenaire idéale de mon blouson en cuir , elle a reçu bien des éloges malgré sa discrétion. Remarquable mais subtile, c’est la définition même de l’élégance ou je ne m’y connais pas. Je la marie avec du rose, du marron mais pas de blanc ni de bleu foncé. Je me fie aux couleurs complémentaires et j’évite les fautes de goût ( pas de survêtement ).

    La Pistachio se porte avec plaisir et facilité. Ses 70 heures de réserve ne sont jamais un obstacle et le cérémonial de remontage fait partie de la satisfaction.

    Personnalisation

    J’aime beaucoup cette montre, j’apprécie moins son bracelet d’origine. Je suis toujours déçu par le manque d’imagination des marques et les sempiternels bracelets crocodile qu’on trouve inévitablement. Les anses courbées choisies par Breitling ne m’ont pas convaincu non plus mais c’est affaire de goût. C’est pourquoi j’ai monté un cordovan cognac légèrement vieilli, dont les tranches reprennent la couleur du cadran. Cela renforce l’aspect vintage et le rappel chromatique est subtil mais visible.

    Cordovan 3,5 mm

    Un dernier mot

    Cette Breitling entrera t-elle dans l’histoire de l’horlogerie ? Je l’ignore. Mais on la trouvera longtemps sur le marché de l’occasion et je gage que sa valeur se stabilisera, avant de plus tard augmenter. Pour le moment elle est toujours en production. Moderne, originale, classique et un brin vintage, le seul obstacle reste son prix de 8500 €. À noter que cet exemplaire valait 7800 € neuf, il y a deux ans. Breitling a cédé aux 10 % d’augmentation habituels et ce ne sera pas la dernière fois.

    Au quotidien ou à porter lors des soirées de l’ambassadeur, la Breitling Pistacchio est un garde temps pour la vie dont il est difficile de se lasser. Ni trop vintage, ni trop moderne, la Premier est sobre et classe. Sa couleur douce et chaleureuse teintée d’une légère impertinence est une ode aux temps anciens mais aussi une annonce qui semble dire : le changement est une part de la tradition.

    *Monocompax : Pour être tout à fait exact, la Premier n’est pas bicompax car ses deux sous cadrans ne sont pas dédiés à la fonction chronographe.

    GALERIE

    Bracelet original, magnifique
  • Les montres de bijoutiers pour lui

    Les montres de bijoutiers pour lui

    Horlogerie et bijouterie sont des domaines connexes. Mais cette symbiose n’est pas exclusive aux montres pour femmes. Les modèles iconiques masculins et unisexes proposés ci-dessous vont vous permettre d’explorer un univers horloger dans lequel la forme est parfois, et je dis bien parfois, plus importante que la fonction.

    Les marques bijoutières qui se sont essayées à l’exercice de l’horlogerie ont plus souvent fait carton plein avec leurs designs que grâce à leurs complications. Boucheron, Bvulgari et Chaumet utilisent des mouvements de manufacturiers et assurent les finitions. Alors que Chopard et Cartier ont développé leurs calibres. Les exemples ne s’arrêtent pas là mais nous ne parlerons aujourd’hui que des créations que nous avons portées et éprouvées, comme à notre habitude ( à l’exception des Hermes ).

    Cartier ou l’art du renouveau

    C’est une marque magique qui maîtrise l’exercice le plus difficile : la réinvention des formes. Le rectangle, le tonneau, le carré, le rond, l’ovale et sûrement d’autres que j’omets ont été autant de thèmes déclinés au fil des collections. Presque toutes les tentatives ont été fructueuses, avec un bémol pour la cuvée 2023 de la Tank française qui dans sa version tout acier n’est pas aussi réussie qu’à l’accoutumée. Ce n’est que mon avis mais la Tortue ou la Santos sont magnifiques aussi bien dans leurs versions originales que contemporaines. Je gage qu’elles le seront toujours :

    Tortue des années 70
    source Esquire , Tortue version 2024

    Cartier l’horloger

    Les mouvements Cartier sont propres à la marque et ce depuis le tout début du vingtième siècle. Chaque mouvement est nommé d’après les dates qui jalonnent l’histoire de la marque. 1847, naissance de la maison ou 1904, production de la première montre bracelet. On ne saurait dénigrer la qualité des calibres Cartier car la fiabilité ne prime jamais sur la prouesse, le bon doit s’intégrer au beau. Et l’innovation est parfois la meilleure arme dans ce combat. Le dernier mouvement en date est celui de la bien nommée Calibre. Le 1904 MC de 2010, MC pour Mega Complication. Il a permis de compiler un chronographe et un calendrier perpétuel avec un tourbillon volant.

    En parcourant la liste des complications telles que les gyro tourbillons ( qui porte le nom de double tourbillon mystérieux chez Cartier ) ou en observant le squelettage typique de la Santos éponyme, on pressent que ces exercices horlogers sont avant tout au service d’une esthétique impérieuse. Ce qui n’empêche pas d’admirer le travail accompli, bien au contraire. Oui, l’esthétique prime sur la performance horlogère mais pas à n’importe quel prix. Si on ne trouve pas de mouvement Cartier certifié Cosc, on pâlit devant  » les heures mystérieuses « , véritable figure de style soulignant le caractère immatériel du temps.

    Les heures mystérieuses. Un système de disque transparent ?
    Squelettage d’art

    Au fil des décennies les designs Cartier semblent avoir peu évolué mais à chaque itération les modèles iconiques se fondent dans les modes successives, sans rien perdre de leur identité. La Santos a toujours conservé sa lunette vissée tout comme la Ronde est fidèle depuis sa création à son classicisme atemporel. La maison sait aussi faire montre d’une belle maîtrise artisanale comme avec cette somptueuse Santos squelette :

    Le rôle prépondérant du quartz chez les horlogers bijoutiers

    Du point de vue d’un créateur de bijoux horloger, la facilité d’entretien et d’intégration font loi. Le quartz est par exemple très répandu chez Boucheron, Cartier et Chaumet pour ces deux raisons. Aussi bien chez les messieurs que chez les dames. La qualité du mouvement Quartz et l’innovation technologique ont, de plus, permis d’améliorer largement son autonomie. Une pile peut durer six ans grâce à l’optimisation du rendement énergétique. Mais c’est surtout la finesse et la petitesse des mouvements quartz qui expliquent sa place prépondérante. Chez Boucheron, le quartz est présent dans la plupart des modèles Reflet, excepté pour les modèles hommes taille large qui fonctionnent grâce à un mouvement automatique.

    SANTOS DUMONT Quartz

    Le quartz, si l’on suit les deux préceptes cités plus haut, est donc souvent conjugué au féminin en horlogerie bijouterie. Ces dames apprécient généralement la finesse autant que la facilité d’entretien. Finalement, quoi de plus logique que d’utiliser une pierre naturelle en joaillerie ? Cependant, le quartz ne permet pas tout, notamment à cause de la pile. On ne peut pas modifier sa forme comme on le fait avec un mouvement mécanique manuel, qu’on peut par exemple réduire à sa plus simple expression :

    Mouvement baguette Corum

    Vous trouverez ici la liste des mouvements Cartier, Ca vaut la peine d’y jeter un oeil.

    Chopard, l’art horloger

    On ne peut pas évoquer les bijoutiers horlogers sans parler de la magnifique maison Chopard. On lui doit l’usage original et particulier des diamants de la série Happy Sport, hélas majoritairement féminine. Sur ces modèles les pierres précieuses sont libres. elles bougent au gré de la gravité et des mouvements du porteur. Insérés entre deux verres saphir, quatre diamants glissent élégamment. Une idée simple et audacieuse qui ne choque pas sur un homme dans son format 36 mm :

    Chaumet et son impertinente Dandy

    Qui ne connait pas la Dandy ? Cette création porte d’ailleurs bien son nom. Élégante, avant-gardiste et subtilement impertinente, elle ose casser les codes de la symétrie. Les cadrans de ce modèle iconique sont effectivement traversés par une ligne qui court tout au long de la montre et finit sur le bracelet. L’asymétrie de la Dandy se conjugue donc au delà du boîtier, tant dans ses versions acier que cuir. 36 ou 40 mm, acier ou cuir, déclinée dans de nombreuses formes comme cette somptueuse Arty. Cette Chaumet séduit le monde depuis 2003 et restera dans les annales, j’en suis certain.

    Crédit : Montres de luxe
    Une ligne qui reprend le motif du cadran jusqu’au bracelet

    Boucheron et son Reflet

    Encore une fois, on remarquera que les bijoutiers savent habiller le simple et le rendre élégant. Le plus souvent grâce à un beau travail sur les boîtiers, d’ailleurs souvent rectangulaires. La montre ronde n’est pas toujours la norme, les formes longues évoquent davantage l’élégance, semblent nous dire les créateurs. Une autre caractéristique de cette Reflet : elle se porte sans boucle ardillon.

    La Reflet, or et acier
    Pas de boucle, une très belle idée qui permet de surcroit un changement de bracelet rapide.

    Décidément, le mouvement Art Déco nous aura offert un bon nombre des plus belles créations. La Reflet en est un bel exemple. Simple, racée, ses lignes godronnées sont exquises à mes yeux. Parfaitement unisexe, elle embellira les poignets de tous. Même si son design classique est un peu moins polyvalent que celui des modèles ci dessus.

    Seul le modèle large de la gamme est automatique mais c’est un détail. Quant au bracelet sans boucle, il est résolument moderne.

    Hermes

    En ce qui me concerne, la maison Hermès a créé la plus belle montre squelette. Et elle l’a fait dans un format réduit, ce qui est assez rare pour être signalé. Le verre semi teinté, le travail somptueux du mouvement, les index en italique et le boitier asymétrique sont autant de réussites sur cette superbe pièce. C’est hélas la seule de cet article que nous n’avons jamais portée, ni même vue physiquement.

    Très littérale, cette Heure H se décline en 25 et 34 mm, pour elle et lui. Une belle revisite thématique du boitier Tank et un beau travail sur la calligraphie comme à l’habitude chez Hermès.

    Bucherer et sa masse périphérique

    Une maison récemment rachetée par Rolex qui possède un très beau magasin à Paris. Du bijou aux vitrines horlogères, Bucherer propose de magnifiques créations. Je pense notamment à leur chronographe bi-compax grande date et à ses cadran fumés. Ainsi qu’à leurs modèles dotés d’une masse périphérique.

    Crédit Bucherer
    Crédit Bucherer, masse périphérique

    Bvlgari

    Depuis 1884, cette marque italienne crée des bijoux, des montres et des accessoires, à l’instar de Cartier. Leur expérience dans l’horlogerie est assez conséquente pour que L’Octo ait détenu le record de la montre la plus fine du monde pendant un moment.

    Crédit : Bvlgari
    Crédit : Bvlgari

    En conclusion

    J’aimerais dire que la montre est le bijou de l’homme, avec bien sur la chevalière et la gourmette. Mais bien souvent c’est le seul accessoire masculin. Les bijoutiers l’ont bien compris et si cette liste n’est pas exhaustive c’est parce qu’elle n’est constituée que des modèles que nous avons portés. Si seulement elle était plus longue…

  • Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Cuervo Y Sobrinos, le Cartier cubain ?

    Voici une marque que je connais bien. C’est d’ailleurs grâce au modele Historiador que je suis revenu dans l’univers des montres automatiques après quelques années d’infidélité. Pour la petite histoire, je cherchais une Rado Golden Horse mais en voyant le cadran rouge fumé et les cornes godron de cette cubaine, j’ai craqué. C’était ma première belle montre depuis la Cartier Tank de mes 18 ans, une quartz. C’est peut-être la raison pour laquelle j’associe ces deux marques anciennes et historiques.

    Cuervo est née en 1882, comme une simple bijouterie de La Havane qui a plus tard débuté la vente de montres. Elle fut reprise comme bon nombre de marques horlogères mais par le gouvernement cubain, qui la nationalisa suite à la révolution. Selon les propres dires de la maison, ce fût une période de déclin durant laquelle la production de montres militaires était l’activité principale. De 1965 à 1996 la marque redressa cependant la barre jusqu’à quasiment cesser son activité, hélas.

    2002, la renaissance Suisse

    La seconde naissance de Cuervo vit son héritage cubain placé au centre de sa politique esthétique, malgré une fabrication désormais Suisse. La valse des reprises, recréations, réinterprétations qui fait danser la majorité des marques débuta juste après, avec l’idée de conserver le style insulaire originel. Le mouvement CYS 4008 par exemple est un Landeron 248 restauré qui équipe ce modèle :

    L’histoire du Chrono Landeron CYS ici

    Forte de son expérience de bijoutier autant que de son esprit baroque et tropical, les clins d’œil de la maison Cuervo à l’histoire de l’île sont nombreux. Des cadrans aux couleurs caribéennes et aux noms exotiques évoquant la piraterie jusqu’à la forme godronnée des cornes, tous les modèles racontent l’histoire de Cuba.

    Un boîtier au style prononcé se décline justement sur pratiquement tout le catalogue. L’Historiador, L’Historiador Tradicion et la Flameante le reprennent dans des proportions légèrement différentes.

    Un des rares mouvements manuel de la marque, la Flameante

    Le modèle Flameante mérite qu’on s’y attarde. Tout d’abord c’est à ma connaissance le seul qui se remonte manuellement. C’est surtout celui qui propose le plus beau cadran, à mon goût. Guilloché en spirales complexes, il capte immédiatement l’attention. Le sous-cadran des petites secondes dénué de finitions n’en ressort que plus distinctement.

    La maison propose aussi des boitiers lingot et depuis peu des modèles féminins. Une de leurs dernières créations est fort jolie, il s’agit de La Robusto sans souci . Les Winston Churchill sont très belles également mais assez imposantes ( 43 mm ).

    Le style CYS est très reconnaissable, voici la majorité de leur catalogue en images :

    Les mouvements

    Cuervo travaille avec Sellita. Ce n’est ni assumé, ni dissimulé par la maison. Les dénominations des mouvements ressemblent à des références aux initiales de la marque ( CYS5159 par exemple ). Ce qui correspond à un SW 261. Les finitions sont propriétaires mais j’ignore si elles sont effectuées en interne. J’ignore également le grade utilisé, élaboré ou chrono probablement. Pour rappel, le grade correspond aux performances et au nombre de positions de réglages. En deux mots, à la précision. Nous ferons une revue d’un modèle CYS, probablement de la Flameante.

    Une marque connue et reconnue

    La maison CYS est historique, diffusée dans plusieurs pays et elle propose une très belle gamme ainsi que certains modèles exceptionnels, or et acier. De plus, on trouve des Cuervo vintage facilement. Tous ces critères en font pour moi une marque haut de gamme à part entière. Dommage que les mouvements propriétaires ne soient pas au cœur de leur politique. Mais Cuervo est loin d’être la seule à emboiter des montres. Au moins, cela favorise le rapport qualité prix global. Il n’en reste pas moins que c’est une belle maison avec une histoire riche. Il n’est pas exclu que nous fassions une revue sur la Flameante, une pièce au stylle néo baroque contemporain.

    En conclusion, je dirai que cette maison est trop peu connue par chez nous. La faute à une distribution nationale famélique. Si on se base sur le nombre d’annonces sur Crono24 pour déterminer la popularité d’une marque, Cuervo est très connue. J’en déduis que certains pays sont plus sensibles au design latin que d’autres.

    Cuervo en France

    Un documentaire sur la maison Cuervo
  • La Zénith Respirator, le bijou des sixties

    La Zénith Respirator, le bijou des sixties

    Parmi les plus beaux modèles dans l’univers des montres vintage, la Zénith Respirator est devenue une pièce fort appréciée. Elle mérite sa place au Panthéon des pépites classiques tant grâce à son look qu’à son prix relativement accessible. En version or, plaquée ou acier, la Respirator ne manque pas d’atouts. Tout d’abord, c’est une Zenith. Une maison moins connue du grand public que Rolex mais dont elle choisit le mouvement pour équiper ses premières Daytona automatiques. C’est une marque historique qui s’enorgueillit de proposer un des meilleurs mouvements haute fréquence jamais fabriqués : le El Primero. Ainsi que quelques modèles iconiques comme l’A3817 et la Defy. La Respirator en fait aussi partie. Elle a d’ailleurs été déclinée dans de très nombreuses variantes, des années 60 à sa réédition moderne. Un classique, vous dis-je. Mais pourquoi ?

    La pre-respirator, avant gardiste ?

    Si aujourd’hui ce modèle projette un charme désuet, je me demande si ce n’était pas l’inverse à l’époque. Son look respire les seventies alors qu’il est sorti bien avant Woodstock. Peut-on considérer la Respirator comme une montre en avance sur son temps ? Avec un design moderne pour l’époque ? Cela semble contradictoire aujourd’hui mais c’est totalement possible.

    Quoiqu’il en soit, l’histoire de ce modèle est riche. Elle eut un beau succès d’estime malgré des difficultés de fabrication, ce qui a encouragé la marque à capitaliser sur cette réussite. Au fil du temps, de nombreux cadrans virent le jour et chaque pays eut sa version. Le boîtier a d’ailleurs été repris et décliné par de nombreuses marques, je ne saurais pas vous dire qui le fit en premier mais peu importe. La forme rectangulaire, les cornes sous dimensionnées et la finesse sont probablement les premiers éléments qui expliquent le succès de ce design moderne.

    Typique au plus haut point de la fin des années 60, le boîtier de la Respirator est en quelque sorte une revisite du genre tank. Il s’en éloigne pourtant davantage qu’il s’en approche si on s’en tient à la stricte définition d’une tank : cornes épaisses et larges, format contenu, verre plat.

    En dehors du plexiglas, on ne trouve aucune rondeur sur cette montre. Les angles règnent en maître sur ce rectangle fin et racé dont l’élégance ne dédaigne pas la polyvalence. Ses dimensions n’ont guère évoluées à travers les époques et à l’exception des premières déclinaisons, le plus beau modèle reste pour moi l’original.

    Le calibre originel

    Fabriqués à l’origine par Martel, une des sociétés de la holding Zenith, ce sont les 2542 à 2572 qui sont installés, on les trouve en versions manuelles parmi les tous premieres pre-respirator puis en version auto comme celle que nous testons ici. On peut aussi trouver le classique 810 sur la Respirator.

    Le 2542PC vendu chez Chronoshop

    Le boîtier qui respire

    La caractéristique principale de cette montre et qui explique son nom vient de son fond de boîte « mobile » prévu pour garantir la meilleure étanchéité possible. En se comprimant au gré des variations de pression, vous l’aurez compris. Une idée simple et ingénieuse sur le papier mais nous savons que les changements d’états ou plutôt les variations dues aux différentes températures peuvent être la cause des défauts d’étanchéité ( usure prématurée du joint ). Cette idée de compression / décompression reste cependant valable pour les plongeuses, grâce à des matériaux plus résistants.

    Il faut cependant remettre cette innovation dans le contexte car nous étions au début de l’ère de la montre étanche. Jacques Cousteau était encore jeune !

    Notre version

    Notre Pre-respirator ( la mention n’est effectivement pas indiquée sur le cadran, d’où le préfixe ) est en or plein. Associée à un bracelet alligator burgundy brillant de très belle facture, il aura fallu plusieurs essais pour trouver la meilleure combinaison. Il me semble parfois que l’or du boitier est rose, surtout depuis l’installation de la nouvelle couronne, bien plus jaune si on y regarde bien. Nous avons également installé une boucle ardillon de la bonne époque pour compléter ce modèle acquis au rayon vintage de la boutique Joseph Bonnie :

    Mister President

    Le président Kennedy se vit attribué un modèle et si je ne dis pas de bêtise, sa version était à remontage manuel. Cela a bien sûr grandement contribué à la popularité de la JFK. Mais ce président a porté plusieurs marques dont Cartier, Rolex ,Nastrix, Bulova et Omega, vous trouverez sur ce site plusieurs informations à ce sujet. On est cependant encore loin du succès de la maison Vulcain choisie par non moins de quatre présidents. Une revue de la Cricket est d’ailleurs au programme, ici et bientôt.

    Watchprosite

    Le cadran

    Le cadran fut conjugué à tous les temps. De la version minimaliste, avec ou sans index numérotés, au décor héliocentrique fort réussi d’ailleurs. Mais lle plus commun est celui aux index bâtons fins.

    Le cadran héliocentrique, modèle A7617

    La date à 16h

    L’emplacement de la date est caractéristique de la maison Zenith. Original, élégant, asymétrique, j’adore. On retrouve encore cette signature sur le catalogue actuel.

    Le bracelet NSA

    On peut le trouver aujourd’hui encore, signé ou non. Il habille très bien la Respirator mais comme tous les bracelets acier, il édulcore un peu la forme du boîtier. C’est précisément ce que recherchent les amateurs du genre me direz-vous Et vous aurez raison. En tant que propriétaire de la version or plein testée ici, j’ai voulu tester un authentique NSA mais la classe d’une belle peausserie lui sied mieux à mon goût. À noter que ce bracelet existe en 18 mm également alors que c’est le 20 mm qu’il faut installer sur la Respirator.

    Existe aussi en acier
    Une version sept maillons

    J’ai finalement déniché cette version sur Leboncoin à un tarif raisonnable, en 20 mm ( pièces de bout ). Voici le résultat, follement seventies.

    Le prix de l’époque

    Il est très difficile d’estimer le prix de ce modèle à sa sortie mais j’ai effectué quelques recherches et on peut parier sur l’équivalent d’un millier de nos euros, à l’époque. Je n’en sais pas plus. Voici un indice :

    L’inévitable revival

    La Respirator n’y aura pas échappé, à l’instar de la Defy, de l’A3817 et de bien d’autres, elle s’est vue ressuscitée. Pourvue du calibre Elite, anachronique pour le coup, ce modèle revival baptisé 1965 ( Ref : 65.1965.670/01.C506 ) n’apporte rien d’autre qu’un nouveau mouvement et un fond transparent. Produit en très petite quantité, Zénith aurait pu s’abstenir sur ce coup. Ou proposer une variation plus engagée. Ca reste une montre magnifique qu’on ne se refuserait pas, à dix fois le prix de l’originale cependant. Un détail.

    Au quotidien

    Lisibilité, praticité, personnalisation, je vous le rappelle, sont les trois critères retenus pour nos revues.

    Quelques défauts sont à noter sur ce modèle, rien n’est jamais parfait. Le premier, c’est celui de la lisibilité. Aiguilles fines, d’une couleur proche de celle du cadran, pas de radium ni de super lunilova ( je sais.. mais c’est plus joli que luminova )… Rien donc pour améliorer la lecture nocturne.

    La couronne n’est pas des plus pratique pour le remontage mais quelques tours suffisent pour la lancer, ce qui relativise cet inconvénient. Un système de changement rapide de date est présent, il suffit de reculer jusqu’à 6 heures puis d’avancer jusqu’après 12 heures et la date change immédiatement.

    Enfin, le bracelet NSA possède les défauts de ses qualités : il est sécurisant mais peu pratique à fermer. Et l’alligator que j’ai choisi au terme d’une longue sélection lui va comme un gant.

    Pendant la 1ere année, une de roues s’est cassée mais la réparation fut rapide et couverte par la garantie de Joseph Bonnie. Difficile de reprocher à notre grand mère d’avoir les os fragiles après 60 ans. Aucune de ces imperfections ne gâchera votre plaisir, croyez moi. La Respirator a tellement de caractère qu’il est difficile de s’en lasser. À l’aise en jean et bras de chemise, elle ajoutera pourtant une classe folle à vos plus belles tenues.

    Si vous avez la chance d’en acquérir une, ne négligez pas les versions acier.

    Bonus : J’ai demandé à l IA…

    L’intelligence artificielle est un outil qui me sert a retrouver des modèles de montres que je ne connais pas et c’est assez efficace. Cela m’a poussé à interroger Gemini ( en mode échange oral ) : Peux-tu expliquer le succès de la JFK ? lui demandais-je. Voici la réponse :

    La Zenith Respirator a plusieurs raisons d’être populaire. D’abord, son design unique et un peu rétro plaît beaucoup. Ensuite, elle est associée à une période emblématique, les années 60, ce qui ajoute du charme. Et puis, le fait qu’elle ait été portée par une personnalité aussi connue que le président Kennedy a renforcé son aura de montre mythique.

    Cette réponse bateau est pour le moins exacte et souligne le fait que ce modèle Zénith est assez connu pour que la plus généraliste des IA la connaisse. C’est presque intéressant.

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