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  • La Longines Record Héritage, le chronographe d’or et de jais

    La Longines Record Héritage, le chronographe d’or et de jais

    Le chronographe est un classique de l’horlogerie car il est élégant, polyvalent et fonctionnel. Son design est profondément gravé dans notre inconscient, au point que n’importe qui pourrait le décrire succinctement. Longines est une maison qui possède à son actif plusieurs modèles iconiques, comme la Flagship, la Dolce Vita, la Conquest ou encore la fabuleuse Heritage à réserve de marche centrale. La liste est encore longue et inclut bien sûr plusieurs chronos comme celui que nous avons testé : la Record Héritage, une magnifique pièce horlogère dont on entend trop peu parler. Son cadran noir profond et ses index dorés minimalistes sont un régal pour les yeux. Longines est décidément une belle maison classique, élégante et sans erreur de parcours.

    Un boîtier classique

    Le boîtier mesure 40 mm hors couronne, une taille qui convient à presque tous les poignets. La lunette au fini brillant, non graduée, habille joliment le cadran noir profond. Les flancs sont brossés et contrastent avec le corps du boîtier, lui aussi brillant. Les cornes sont également en partie mates et au fini poli miroir. Toute la montre est conçue en fonction de cette alternance, même la couronne.

    vue de trois quart de la record heritage
    la couronne mate et brillante en gtros plan

    La distance de corne à corne est de 49.60 mm. L’espacement est de 20 mm et le poids de 90 grammes. L’épaisseur de 14,5 mm est classique pour un chrono. Les boutons poussoirs rectangulaires apportent un air moderne davantage grâce à leur taille surdimensionnée qu’à leur forme qui équipait déjà les chronos d’antan.
    Le saphir est bombé juste comme il faut, il bénéficie d’un traitement anti-reflet interne et externe très efficace. Idem pour le fond saphir.

    vu sur le L8905.4
    Le fond saphir

    La Record est un chronographe distingué mais polyvalent. Bien plus intéressant dans sa version cuir qu’avec le bracelet acier, même si ce dernier est intrinsèquement assez réussi. C’est une affaire de goût, évidemment, mais le côté vintage des chronographes correspond mieux à la noblesse artisanale du cuir. D’autant plus que la maison suisse a poussé le concept esthétique assez loin, peut-être un peu trop loin d’ailleurs, puisque la Record est une montre de jour. J’entends par là que son cadran sombre et ses aiguilles très fines n’améliorent pas la lecture de l’heure en conditions de basse lumière. Ce qui est plutôt paradoxal puisque le but à l’origine était justement d’améliorer la lisibilité.

    longines record heritage sur acier
    longines record heritage sur cuir

    Un cadran joliment habillé

    Le duo noir et doré est un grand classique, c’est presque une obligation pour une maison horlogère de proposer un ou plusieurs modèles ainsi colorés. Le contraste entre les deux teintes rehausse élégamment les détails des index et en souligne la finesse. Ce type de cadran se désigne par le terme : « Gilt ».

    cadran longines record héritage

    Mais pas exempt de défaut

    C’est indéniable, le chronographe Record est peu lisible par conditions nocturnes. L’absence de luminova sur les index et les aiguilles particulièrement fines expliquent en grande partie ce défaut. En été, c’est moins grave, mais en hiver vous devrez sortir le smartphone. Cela reste une appréciation personnelle et l’hiver est déjà loin, il faudrait essayer à nouveau en soirée, mais sans aucune source de lumière il est impossible de lire l’heure puisque le principe, si j’ai bien compris, était de faire se refléter les sources lumineuses via la brillance du doré. Le choix de cette combinaison claire obscure est de toute façon assumé par la maison et ses origines historiques jouent un rôle évident dans son utilisation. À noter l’étanchéité de seulement 30 mètres.

    L’histoire du duo noir et doré, le guilt dial

    Ce sont les militaires qui ont fait ce choix en premier,mais l’esthétique n’était pas le but, c’était la lisibilité qui était recherchée. Le laiton du cadran était peint en noir et les index révélaient le métal doré. Plus tard, la laque et des encres transparentes ainsi qu’un placage en or du laiton ont permis des résultats encore plus saisissants, notamment chez Rolex.

    cadran gilt a langhe & sohne
    Crédit : Chrono 24

    Les origines, la marque Record Watch Co

    Avant de devenir une collection chez Longines, Record Watch Co proposait ses propres produits dont la Sector Watch, une montre de poche à la forme si particulière et au mouvement rétrograde dont la production était plutôt complexe. Elle ressemblait à un coquillage et semblait ergonomique à souhait.

    la sector watch, mouvement retrograde
    Crédit : Sotheby’s

    Cette manufacture Record Watch Co aura produit sous plusieurs marques dont Odar et Bolide, mais Longines, cherchant à augmenter sa productivité, en a fait une filiale et absorbé le savoir-faire. C’était la naissance de la bannière Longines Record.

    affiche de l ancienne marque record watch co

    Le mouvement Longines L895.4, un ETA exclusif

    Au sens strict du terme, le L895.4 n’est pas manufacture. Mais ce n’est pas non plus un mouvement de série puisqu’il a été développé par ETA pour Longines sur la base d’un 2892. C’est donc un mouvement dit  » exclusif  » certifié Cosc. La référence exacte est A31.L01. La parenté dans le groupe Swatch facilite évidemment ce genre de coopération mais il fut une époque où Longines créait elle-même des calibres comme le 13ZN chronographe ou l’extra-plat L990.
    La crise du quartz et la logique de groupe industriel ont eut raison de cette période de gloire.

    mouvement mythique longines 13ZN
    Le mythique 13ZN, crédit : Joseph Watches
    l990 mouvement manufacture extra plat des années 60
    Le L990, Crédit : https://oldswisswatches.com/

    Le L895.4 est donc un mouvement exclusif aux performances intéressantes. Certifié Cosc, spiral en silicium anti magnétique et réserve de marche de 70 heures, il tiendra tête à la meilleure concurrence.
    La politique tarifaire de Longines reflète d’ailleurs bien l’utilisation de calibres externalisés puisque la moyenne des prix chez Longines, hors modèles en or, avoisine les 3000 euros. C’était justement le prix de la Record Héritage : 3100 Euros.

    Le L894.5 longines en gros plan

    Au quotidien

    C’est bien sûr un plaisir de porter ce garde-temps élégant et sportif. La fonction chrono ne gâche rien et vous ferez attention à l’utiliser régulièrement afin de conserver le mécanisme en bon état. Mon petit plaisir est de coordonner la trotteuse avec les petites secondes, soit dans son prolongement axial, soit perpendiculairement. Attendez par exemple que les petites secondes arrivent à zéro et lancez la trotteuse du chrono. Il n’y a plus qu’à se laisser hypnotiser par le manège des aiguilles ( voir plus bas ).

    J’ai changé le bracelet pour cette version nubuck qui est davantage dans l’esprit neo-vintage. Le bracelet d’origine est un tantinet trop classique, celui ci reprend les couleurs du cadran sur la tranche et via deux points de couture.

    gros plan du bracelet Nubuck caramel
    Bracelet Nubuck

    Ce modèle porte un intérêt historique puisqu’il est issu de l’acquisition de Record Watch Co par la maison Longines. Il intègre l’esthétique classique contemporaine et un calibre assez typiques de la marque. Pas aussi connu que les Conquest ou Hydroconquest mais indéniablement proche de la collection Héritage, cette Record Chronograph Cosc est bien cachée dans l’onglet Elegance du site.

    Son seul défaut est le manque de lisibilité mais il n’est pas rédhibitoire, largement compensé par la beauté de cette pièce, la qualité du calibre et le rapport qualité prix toujours bon chez Longines. Encore une belle montre, à garder une vie entière et à transmettre.

    GALERIE

    gros plan sur le cadran noir de jais
    Photo : twistheure
    Record chrono au porté
    gros plan sur le cadran noir de jais
  • Test de la Breitling Pistachio

    Test de la Breitling Pistachio

    Une allure de chronographe d’antan, un calibre manuel version moderne et des couleurs atypiques, la Breitling Premier est au confluent des styles et des époques. Si je prends la plume et choisis ce garde temps pour cette toute première revue, ce n’est effectivement pas un hasard. Cette pièce deviendra un classique, j’en suis certain. Pourquoi ? Car elle plaît à beaucoup d’amateurs aux goûts pourtant fort différents.

    Esthétiquement, la Breitling Premier séduit aussi bien les connaisseurs férus de design contemporain que les amoureux du siècle dernier. Son diamètre contenu, sa couleur franche mais discrète, son boîtier joliment travaillé sur les flancs et son cadran bicompax parachèvent cette pièce dont le bon goût ne s’arrête pas à son esthétique d’époque. Son mouvement manufacture manuel rappelle aussi les codes des années 50 et leurs chronographes caractéristiques : deux sous-cadrans pour les petites secondes et les minutes de la fonction chrono, des chiffres arabes et des aiguilles argentées, le tout cerclé par un chemin de fer détaillé.

    D’hier à aujourd’hui

    Le boîtier mesure 40 mm, il est flanqué d’ actionneurs plats et d’une belle épaisseur de 13 mm. Ce sont les chiffres d’une proportion soigneusement étudiée que nous offre Breitling, la parenté avec les chronos vintage est encore une fois évidente. Le style de ce chrono ne nous emmène cependant pas que vers le passé, les flancs du boitier sont en effet guillochés dans un esprit contemporain. La Premier assume donc pleinement ce qu’on appelle aujourd’hui un design neo vintage. En reprenant les codes des chronos 35 mm monocompax* des fifties et en y ajoutant une touche de modernité, la marque nous rappelle qu’elle a joué un rôle prépondérant dans l’histoire de la chronométrie. Et que cette histoire continue.

    Breitling Geneve des années 50 35 mm

    S’il était un défi à relever, c’était bien celui d’insuffler à un chronographe moderne un style distinctif de la production historique tout en louant son esthétique intemporelle. Quand l’on se targue d’avoir participé à la démocratisation des chronos, avant même l’arrivée des montres bracelet, il faut rendre un sans faute. C’est probablement avec cet héritage en ligne de mire que Breitling a conçu la Premier .

    Fusion de deux Breitling

    Toutes proportions gardées 

    De nos jours, la dimension des montres a évolué et s’il eut été courageux de conserver la taille contenue d’antan, la Premier n’en conserve que les proportions.: De 35 mm de diamètre et 18 mm d’entre-cornes des anciens modèles, on passe ici à 40 et 20 mm, soit un rapport équivalent. Ce n’est pas un hasard.

    Une Premier des années 50, 35 mm

    À la tradition se mêle une élégance que subliment les couleurs de la gamme B09 : pistache, coquille d’œuf ou blanc. Le contraste discret les index brillants et les tons pastels de ce garde temps font qu’il se porte aussi bien habillé d’un costume qu’avec un t shirt et un beau jean. Comme à l’ère des chronographes, on ne trouvera pas de couleur trop forte ni de version panda de ce modèle, bien que le noir et le vert intense soient disponibles dans la gamme en 42 mm. Je pense que Breitling a volontairement respecté l’homogénéité des tons au profit du classicisme des cadrans. Son fini mate sans fioritures ni finition particulière me conforte dans cette idée.

    Le calibre B09

    C’est un vrai parti pris de proposer un calibre manuel car le remontage mécanique est affaire d’amateur. Tout le monde n’apprécie pas ce rituel. Mais il fallait aller au bout de la politique retro et le B09 est ce qui se fait de mieux chez Breitling. Les performances sont évidemment au rendez vous avec 70 h de réserve de marche et une dérive sous les 5 secondes / jour pour le modèle testé. On peut dire que ce mouvement ne se contente pas d’être beau, il est également très précis et laisse volontiers admirer ses atours sous un dôme de saphir aguicheur. Ce dernier vient d’ailleurs déroger au design historique puisque les fonds saphirs n’étaient pas traditionnels au vingtième siècle.

    Spécificités du B09

    • Certification COSC
    • Réserve de marche de 70 H
    • Calibre manufacture basé sur le B01
    • 28800 a/h
    • 28 rubis
    • Chrono à roues à colonnes ( dispositif dédié au fonctionnement du chronographe : mise en route, arrêt et remise à zero )
    Source Watchbase
    Le B09 dans toute sa splendeur
    Surimpression du calibre

    La Pistacchio au quotidien

    Sur Twistheure, on ne parle que de ce qu’on porte. Ma Breitling Premier est probablement la pièce que je mets le plus. J’ai pourtant toujours autant de plaisir à y porter le regard. Partenaire idéale de mon blouson en cuir , elle a reçu bien des éloges malgré sa discrétion. Remarquable mais subtile, c’est la définition même de l’élégance ou je ne m’y connais pas. Je la marie avec du rose, du marron mais pas de blanc ni de bleu foncé. Je me fie aux couleurs complémentaires et j’évite les fautes de goût ( pas de survêtement ).

    La Pistachio se porte avec plaisir et facilité. Ses 70 heures de réserve ne sont jamais un obstacle et le cérémonial de remontage fait partie de la satisfaction.

    Personnalisation

    J’aime beaucoup cette montre, j’apprécie moins son bracelet d’origine. Je suis toujours déçu par le manque d’imagination des marques et les sempiternels bracelets crocodile qu’on trouve inévitablement. Les anses courbées choisies par Breitling ne m’ont pas convaincu non plus mais c’est affaire de goût. C’est pourquoi j’ai monté un cordovan cognac légèrement vieilli, dont les tranches reprennent la couleur du cadran. Cela renforce l’aspect vintage et le rappel chromatique est subtil mais visible.

    Cordovan 3,5 mm

    Un dernier mot

    Cette Breitling entrera t-elle dans l’histoire de l’horlogerie ? Je l’ignore. Mais on la trouvera longtemps sur le marché de l’occasion et je gage que sa valeur se stabilisera, avant de plus tard augmenter. Pour le moment elle est toujours en production. Moderne, originale, classique et un brin vintage, le seul obstacle reste son prix de 8500 €. À noter que cet exemplaire valait 7800 € neuf, il y a deux ans. Breitling a cédé aux 10 % d’augmentation habituels et ce ne sera pas la dernière fois.

    Au quotidien ou à porter lors des soirées de l’ambassadeur, la Breitling Pistacchio est un garde temps pour la vie dont il est difficile de se lasser. Ni trop vintage, ni trop moderne, la Premier est sobre et classe. Sa couleur douce et chaleureuse teintée d’une légère impertinence est une ode aux temps anciens mais aussi une annonce qui semble dire : le changement est une part de la tradition.

    *Monocompax : Pour être tout à fait exact, la Premier n’est pas bicompax car ses deux sous cadrans ne sont pas dédiés à la fonction chronographe.

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    GALERIE

    Bracelet original, magnifique